EDUCATION ET AIDE HUMANITAIRE

Education, Société et Expérience Humanitaire

lundi 9 novembre 2009

comment parler de sexualité (suite)

père peut parler «avec une extrême délicatesse, mais de façon claire et au moment opportun» (3). Cette notion de «moment opportun» est capitale : tous les enfants n'ont pas besoin de recevoir les mêmes informations au même âge ; cela dépend de leur sexe, de ce qu'ils ont pu voir et entendre, de ce qu'ils ont déjà compris (parfois de travers !), de leurs centres d'intérêt, etc.

La période que Jean-Paul II appelle les «années de l'innocence» ne doit «en aucun cas être troublée par une information sexuelle que rien ne nécessite» (4). Cela dit, il faut aussi être vigilant afin de pouvoir clarifier sans attendre ce qui est troublant, parce que erroné ou mal assimilé.

Si nous entendions les conversations sur les cours de récréation, nous serions peut-être surpris ! Sans exagérer les difficultés - les «années de l'innocence» sont encore préservées chez de nombreux enfants -, il faut aussi être attentifs, et ne pas nous bercer d'illusions : soyons conscients de ce qu'entendent nos enfants... et de ce qu'ils disent ! Ne les imaginons pas trop vite comme des anges de pureté au milieu d'un univers dévoyé. Les parents qui viennent se plaindre auprès des institutrices des expressions ou des gestes grossiers que leur petit chéri a rapportés de l'école ne se rendent pas toujours compte que le petit chéri en question est peut-être le premier à s'en régaler et à les colporter allégrement (même - et surtout - si on ne parle jamais de "ces choses-là" à la maison).

Lorsque la famille n'assure pas la formation adéquate, parce que les parents se sentent démunis, ou parce qu'ils n'ont pas conscience de ce qui trotte dans la tête de leurs enfants, ceux-ci cherchent à se renseigner ailleurs... c'est-à-dire, en général, aux plus mauvais endroits : dans des magazines, à la télévision, sur Internet ; si eux-mêmes n'y ont pas accès, ils trouvent toujours dans leur classe, ou dans les classes au-dessus, un copain "branché".

Les images et les "réponses" qui circulent ainsi peuvent faire des dégâts considérables, surtout si l'enfant n'ose rien en dire à ses parents. Il vaut mieux, alors, qu'il puisse en parler avec son institutrice, qui remettra les choses au clair. Et lorsqu'un enfant est élevé sans son père, l'école est parfois le seul endroit où il peut entendre une voix masculine sur le sujet (par exemple un médecin qui intervient ponctuellement), ce dont il a grand besoin.

On peut déplorer la généralisation de l'éducation sexuelle à l'école primaire, d'autant plus que - ne soyons pas naïfs - un des buts avoués de cette information est de «lutter contre l'homophobie» en présentant l'homosexualité comme un choix équivalent au mariage entre un homme et une femme (5).

Pour autant, ne montons pas sur nos grands chevaux ! Ne commençons pas par sortir nos griffes et nos plans de bataille. Beaucoup d'enseignants confrontés à ce que leur impose l'Education nationale ont vraiment à cœur de ne pas aller contre l'éducation que nous donnons en famille, et ne demandent qu'à collaborer étroitement avec tous les parents conscients de l'enjeu de cette formation. A nous de saisir cette opportunité !

(1) Cf. Circulaire n° 2003-027 du 17 février 2003 (www.education.gouv.fr). (2) Vérité et signification de la sexualité humaine, document du Conseil pontifical pour la famille

(1995), § 41 (www.vatican.va). (3) Id. § 64 à 76. (4) Id. § 78. (5) Voir par exemple les "conseils pédagogiques" donnés sur le site http://homoedu.free.fr.

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dimanche 8 novembre 2009

film à voir absolument...

[...]"Avec François-Hugues de Vaumas à la production, nous avons pris le risque de distribuer « D’une seule voix » en salle, film sur lequel nous travaillons depuis quatre ans. Nous avons pensé, en faisant cela, qu’il avait le potentiel de susciter des réflexions importantes sur l’idée du « vivre ensemble » et de plaire à des publics divers, sensibles à cette démarche. Bénéficiant donc d’une exposition nationale à partir de novembre, il nous faut maintenant votre aide pour le recommander auprès d’un maximum de personnes : notre seule chance de réussir ce pari est de créer un bouche-à-oreille complice, rapide et efficace. [...]

 

Nous vous proposons plusieurs actions concrètes :

1-      Visitez le site officiel du film : www.duneseulevoix-lefilm.com 

2-      Inscrivez-vous sur le site en tant qu’Ambassadeur du film (soutien actif en Ile de France ou en régions pour des actions locales de promotion - distribution de flyers, affichage, activation de réseaux…) 

3-      Rejoignez la page « fan » sur Facebook : www.facebook.com/pages/Dune-seule-voix/91632658832

4-      Forwardez ce message à vos contacts.

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samedi 7 novembre 2009

comment parler de sexualité (suite)

Le choc passé, aidons l'enfant à accueillir ce qu'il a ressenti. Qu'est-ce que cela lui a fait ? Quand ils y sont confrontés pour la première fois, une impression de gêne, de dégoût, voire de rejet, domine. Sentiments dont il a pu avoir honte vis-à-vis de ses copains, de peur de paraître bébé dans la cour de récréation. Est-ce que c'est cela s'aimer ? Témoignons de ce qu'est l'amour d'un homme et d'une femme, de la juste place de la sexualité. Notre rôle est de leur donner un espace pour construire leur vision de l'amour ; or, la pensée se développe par les discussions contradictoires. Ne laissons pas les copains et la télé former seuls leur esprit.

Dès leur enfance, osons leur parler de l'amour. S'il nous est parfois difficile de parler de sexualité, c'est que souvent, dans notre éducation, elle reste entachée par le péché. Or, c'est la sexualité sans amour qui est condamnable.

Notre pudeur nous met parfois mal à l'aise face au sexe qui s'exhibe. Parlons-en à nos enfants en l'opposant à l'amour conjugal qui grandit sous le regard de Dieu. Apprenons-leur l'amour qui se construit dans la persévérance, le pardon et la fidélité. Discutons avec eux de la place de Dieu dans notre couple et dans notre famille : sommes-nous capables de leur témoigner de sa présence dans notre quotidien ?

"Il n'est pas bon que l'homme soit seul." L'acte sexuel nous ouvre à l'autre. Dieu a uni l'homme et la femme pour qu'ils puissent ensemble accueillir son amour, que leurs enfants soient des signes de cet amour. Présentons à notre enfant la sexualité comme un cadeau de Dieu pour montrer à notre conjoint l'amour que nous lui portons. C'est par cet acte d'amour que Dieu a choisi de donner la vie.

L'éducation sexuelle à l'école primaire

Depuis février 2003, l'éducation à la sexualité est au programme de toutes les écoles primaires (1), ce qui ne peut laisser les parents indifférents.

Christine Ponsard

«Il est très important que les parents soient conscients de leurs droits et devoirs, en particulier face à un Etat et à une école qui tendent à assumer les initiatives dans le domaine de l'éducation sexuelle.» (2)

Les parents ont le droit incontestable de donner à leurs enfants une éducation sexuelle conforme à leurs convictions. Mais ce droit a pour corollaire le grave devoir d'assurer cette éducation en temps voulu : aujourd'hui plus que jamais, il est capital que les parents exercent leurs responsabilités en ce domaine, sans trop se référer à leur propre enfance. En effet, les enfants d'aujourd'hui se trouvent souvent confrontés à des questions dont nous n'avions même pas idée à leur âge.

Personne n'est mieux placé que les parents pour offrir au jeune enfant la formation qui lui convient personnellement. Dans le contexte d'un dialogue intime, la mère ou le

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vendredi 6 novembre 2009

Comment parler de sexualité à nos enfants ?

Redonnons un sens chrétien à une dimension essentielle de l'amour humain.

Cécile Lucas

La vie sexuelle est quelque chose de profondément intime. Dans le mariage, elle unit l'homme et la femme afin qu'ils ne soient plus qu'un, à l'image de Dieu. Aujourd'hui, la sexualité s'affiche en grand, elle envahit la publicité, les films, la vie courante. Elle fait partie de la vie de nos enfants, dès le plus jeune âge dans les cours de récréation. Si nous ne leur parlons pas de sexualité, la société s'en charge. Que souhaitons-nous leur transmettre pour que notre éducation ne se résume pas à une suite d'interdits à transgresser à l'adolescence ?

Ne cherchons pas à devancer leurs questions. Tous les enfants n'ont pas la même maturité, il n'y a pas d'âge pour commencer à leur parler de sexualité. Mais quand viennent les premières questions, prenons le temps de montrer que ce n'est pas un sujet tabou, que nous sommes prêts à en parler, même si ce n'est pas toujours facile.

Répondons simplement à leurs questions. Si Léa demande : "Comment on fait les bébés ?", ne nous lançons pas dans des explications précises et complexes. "Avec amour, Papa met une graine dans le ventre de maman" peut lui suffire. Si elle veut plus de précisions, elle nous le fera savoir. Avançons pas à pas, en vérité. A chaque jour suffit sa peine !

Mais, dès cet âge-là, apprenons-leur à gérer la découverte de leur identité sexuelle dans le respect mutuel. En effet, notre enfant s'affirme progressivement garçon ou fille et cherche à se distinguer naturellement de l'autre sexe. C'est à nous de lui montrer que cela ne doit pas se traduire par la domination de l'un par rapport à l'autre, mais par l'accueil de nos différences et de nos complémentarités.

Si nous ne faisons pas leur éducation, d'autres s'en chargeront ! Au seuil de l'adolescence, il est bon que le parent du même sexe que l'enfant lui propose une discussion intime afin de parler d'amour autant que de sexualité. Elle permet d'évoquer, "entre adultes", la société d'aujourd'hui, ce qu'elle nous fait croire, et ses nombreuses idoles, dont le sexe-jouissance.

Cette discussion n'a pas à être exhaustive, prenons surtout le temps d'écouter notre enfant, ses questions, tout en respectant sa pudeur. Il s'agit surtout d'amorcer la communication sur un sujet qu'il sera de plus en plus difficile d'aborder.

Quoi qu'il arrive, ne fuyons pas le dialogue. "Il y a une fille qui a dit au garçon dont elle est amoureuse : "Je serai ta suceuse"", rapporte Quentin, 10 ans, à sa mère, dépassée par la situation. C'est parce que la sexualité est présentée crûment à nos enfants qu'il est urgent d'y mettre d'autres mots. Notre responsabilité de parents n'est pas de nier la réalité, mais de préparer nos enfants à l'affronter.

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jeudi 5 novembre 2009

Mére Térésa

La vie est une chance, saisis la,

La vie est beauté, admire la,

La vie est béatitude, savoure la

La vie est un rêve, fais en une réalité,

La vie est un défi, fais lui face,

La vie est un devoir, accomplis le,

La vie est un jeu, joue le,

La vie est précieuse, prends en soin,

La vie est amour, jouis en,

La vie est un mystère, perce le,

La vie est une promesse, remplis la

La vie est tristesse, surmonte la,

La vie est un hymne, chante le,

La vie est un combat, accepte le,

La vie est une tragedie,

Prends la à bras le corps,

La vie est une aventure, ose la,

La vie est bonheur, mérite le,

La vie est la vie, défends la!....

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mardi 3 novembre 2009

Pas facile de toujours jouer la médiatrice!

Claire Leduc, travailleuse sociale et thérapeute conjugale et familiale

Question
Je suis la maman de 3 garçons (11, 9 et 6 ans). Mes enfants se chicanent parfois très fortement; comme s'ils étaient en constante rivalité. Y a-t-il des choses que je pourrais faire pour aider à l'harmonie? Je suis tannée de faire la médiatrice tout le temps.

Réponse
Chère Maman de 3 garçons de 11, 9 et 6 ans,

C'est vraiment stressant de jouer continuellement la médiatrice et la plupart du temps sans savoir qui a commencé à faire déraper l'harmonie.

Certains guides d’éducation, vous diront qu’il vaut mieux éviter d’intervenir et laissez aux enfants de régler eux-mêmes leurs différends. Ce n’est pas la manière de penser du Parent entraîneur. C’est ainsi que le Parent entraîneur interviendra lors de conflits et ne les laissera pas se battre sous prétexte qu'ils vont apprendre ainsi. Toutefois, il déterminera avec eux un mode de vie harmonieux afin de limiter les conflits. Il leur apprendra à parler calmement au lieu de crier, à se respecter, etc. Voici comment:

1.                              Prenez le temps d'enseigner, selon vos valeurs, à vos enfants comment collaborer, jouer sans tricher, accepter de perdre sans se venger ni abandonner le jeu. Jouez avec vos enfants régulièrement pour comprendre le fonctionnement de leurs jeux et le comportement social à développer. Cela fait plaisir à tous en même temps!

2.                              Lors d'une réunion de famille, établissez avec eux un mode de fonctionnement: vos fistons ont probablement leurs idées. Par exemple, ne pas s'arracher les jouets, ne pas tricher, ne pas donner de coups, ne pas s’insulter ni se ridiculiser. Vous rédigez un tableau de règles (pas plus que 5).

3.                              Il peut arriver qu'un troisième cherche à se joindre aux deux qui ont déjà commencé un jeu. Montrez-lui à demander la permission et encouragez les deux autres à faire une place au troisième. Il peut être nécessaire de montrer à celui-ci à accepter un «non» et alors à jouer ou lire seul. Il est possible que vous ayez à vous en occuper.

4.                              Si c'est toujours le même qui est exclu, vérifier pourquoi. Est-ce le plus jeune? Ou bien, celui qui est exclu agit-il de manière déplaisante? Connaît-il les habiletés sociales comme partager ou collaborer?

5.                              En faisant la réunion de famille chaque semaine, vous pouvez réviser les règles et finir par connaître le fond du conflit. Est-ce de la jalousie, un manque de connaissance des jeux, une incompatibilité de caractère ou simplement la mauvaise habitude de vouloir ce que l'autre vient de prendre?

Plus nous encadrons fermement les relations entre frères et sœurs, plus l’harmonie risque de régner et nous leur apprenons en même temps comment vivre en société.

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lundi 2 novembre 2009

Traiter les enfants comme des êtres distincts

Il est prouvé que plus les parents prônent l’égalité entre les enfants, plus ils encouragent la rivalité. Il est faux de prétendre aimer tous les enfants également comme il est faux de penser être entièrement juste. Chaque enfant a besoin d’être reconnu pour ce qu’il est. Être juste, c’est donner à chaque enfant l’occasion de développer pleinement ses talents, ce qui peut impliquer des différences considérables et des moyens fort diversifiés.

Quant aux conflits quotidiens entre enfants, il y a moyen de les atténuer et même de les rendre formateurs. Mais, il faut se rendre à l’évidence : ils à la vie de famille ce que les épices sont à la cuisine, c’est-à-dire des stimulants pleins de saveurs et de couleurs dont on ne doit pas se passer.

Petits trucs pour atténuer les rivalités

·                                 Donner à chaque enfant un espace bien à lui (pas nécessairement une chambre mais une armoire de rangement, un coffre, etc.).

·                                 Favoriser et vanter les différences entre enfants. L’égalité n’existe pas mais la supériorité absolue non plus.

·                                 User d’autorité lorsque la chicane commence. Isoler les enfants pour 10 minutes. Ensuite parler avec eux (ou avec le ou les plus vieux) du conflit et leur demander d’envisager des solutions pour le futur.

·                                 Récompenser l’harmonie et non pas la chicane.

·                                 Aider les enfants à cultiver l’empathie (se mettre à la place de l’autre).

·                                 Donner aux enfants une tâche commune.

·                                 Si les conflits sont fréquents et importants, noter dans un «journal de bord» les sources de conflits, les réactions de chaque enfant et autres éléments significatifs pour ensuite préparer un plan d’action.

·                                 Mettre à la disposition des enfants du matériel de jeu qui leur permettra d’exprimer leurs rivalités et d’exorciser leurs colères (marionnettes, papier, crayons, maisons avec figurines, etc.).

·                                 Comprendre et accepter l’agressivité verbalisée, ne pas tolérer les gestes agressifs.

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samedi 31 octobre 2009

L’harmonie totale : un mythe

Les parents aimeraient que leurs enfants s’entendent à merveille et partagent tout sans difficulté ; c’est un vœu impossible à réaliser à cause du développement même de l’enfant. Avant 6-7 ans, l’enfant est égocentrique. Il perçoit tout en fonction de ses besoins ; il ne peut donc partager vraiment. Lorsqu’on lui prend un jouet, on lui enlève quelque chose d’essentiel et il ne le tolère pas : il crie, pleure et ne comprend pas le raisonnement de l’adulte qui lui explique le jouet prêté n’est pas perdu pour toujours.

De 7 à 10 ans, les enfants mettent le monde en ordre ; ils rassemblent des collections et font des échanges. On a souvent l’impression qu’ils font du chantage à tout le monde. Il ne faut cependant pas craindre qu’ils deviennent mesquins si on entre dans leur jeu pour régler certains petits conflits en promettant une récompense.

Après 10 ans, les enfants apprennent à faire des contrats, à suivre des règles, à partager des responsabilités. On peut alors faire appel à leur sens de la justice et établir des normes avec eux. Ce n’est qu’à l’adolescence que les jeunes peuvent vraiment tenir compte des autres et acquérir une certaine éthique personnelle.

Le problème, c’est que les enfants d’une même famille, à moins d’être jumeaux, sont d’âges différents. Il faut donc user de beaucoup de tact pour les aider à régler leurs différends et d’assez d’autorité.

Bien des facteurs sont à considérer : sexe de l’enfant, rang dans la famille, écart d’âge entre les enfants. L’aîné a tendance à être plus strict, plus autoritaire, mais c’est aussi un bon professeur pour les plus jeunes. Le cadet a moins de responsabilités et est plus libre, mais il peut se sentir négligé. Le plus jeune est souvent surprotégé et voué à être longtemps le «petit bébé». Pour des raisons différentes, chacune de ces positions favorise la rivalité.

L’écart d’âge idéal entre les enfants n’est pas non plus facile à établir. Très petit, il provoque une grande complicité mais beaucoup de jalousie. Trop grand, il isole les enfants. Le juste milieu semble se situer entre deux ans et demi et trois ans et demi.

Confondre passé et présent

Lorsqu’on élève des enfants, il est impossible de ne pas être directement ou indirectement influencé par sa propre famille. Faites un petit test : lequel de vos enfants avez-vous tendance à défendre davantage en cas de conflit ? Quel rang occupe-t-il dans sa fratrie et quel rang occupez-vous dans la vôtre (rang réel et rang relatif : par exemple, la deuxième des filles ou le premier des garçons) ? Il est difficile de ne pas se projeter dans ses enfants, de ne pas revivre des conflits et de ne pas succomber à une agressivité qu’on croyait oubliée. Le tout est de s’en rendre compte et de ne pas infliger à nos enfants des réactions émotives avec lesquelles ils n’ont rien à voir. La ressemblance physique d’un enfant avec un frère ou une sœur influencera nos attitudes ; il en ira de même avec les traits de caractère semblables à ceux d’un aîné jalousé.

Les erreurs à éviter

- Les rejets et les préférences.
Il est parfois difficile de s’en rendre compte mais, lorsqu’on réprimande ou excuse sans cesse le même enfant, il y a lieu de s’interroger.

- Les comparaisons
Les enfants sont différents et ne doivent pas être comparés sinon l’animosité peut se mettre de la partie.

- Les préférences liées au sexe.
Un garçon ou une fille désirés de longue date sont souvent jalousés par les autres membres de la fratrie.

- Le manque de souplesse.
Une rigidité excessive face à toute manifestation de rivalité accroît cette dernière.

- Le manque de rigueur.
Un laisser-aller complet n’aide pas les enfants à franchir les étapes pour arriver à l’entraide souhaitée.

- L’incohérence.
Si les deux parents n’ont pas une attitude semblable face aux conflits, les dissensions entre enfants peuvent augmenter.

- Le fait de récompenser la rivalité.
Les parents qui, pour éviter les conflits, sont prêts à faire tout ce que les enfants leur demandent, favorisent les conflits. Par exemple, si chaque fois que deux enfants se disputent un jouet, ils en obtiennent de nouveaux, ils se chicaneront de plus belle.

- Les conflits de couple par enfants interposés.
Chaque parent peut utiliser son préféré contre son conjoint, ce qui provoque des guerres entre les enfants.

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vendredi 30 octobre 2009

C'est toi que maman préfère

Danielle Laporte

Extrait du guide Être parent, une affaire de cœur, Collection parents, Les éditons de l’Hôpital Sainte-Justine, 1999.

Je me souviens d’une scène cocasse, à la maison, un soir de fête avec des amis. À cette époque, mes enfants avaient respectivement trois mois, trois ans et un peu moins de six ans. Vincent, le cadet, avait bien réagi à la naissance de son frère et s’en occupait souvent gentiment. Ce soir-là donc, Vincent se met à questionner mes invités, couple sans enfant, sur leur amour des petits, le pourquoi de leur infertilité, etc. Une véritable enquête en règle. Amusés, France et Yves se prêtent au jeu en souriant. Puis, après avoir réfléchi un bon moment, Vincent déclare : «Si vous aimez les bébés, vous pouvez bien prendre le mien, je vous le donne!» Mon fils a été bien surpris de l’éclat de rire qui a suivi sa généreuse proposition. En fait, il croyait avoir trouvé une solution à sa rivalité fraternelle.

La rivalité fraternelle : une réalité bénéfique

La rivalité fraternelle de l’enfance se transforme souvent en amitié solide à l’âge adulte. Les liens tissés au jour le jour à travers les querelles, l’entraide et la protection sont plus forts que tout.

Les chamailleries entre frères et sœurs sont parfois si agaçantes qu’on en oublie les effets bénéfiques pour les enfants. Une étude a montré que dès l’âge de 2 ans, les enfants écoutaient les signes de détresse des plus jeunes et venaient à leur rescousse plus vite que leur mère. Vers 4 ou 6 ans, les enfants passent deux fois plus de temps avec leur fratrie qu’avec leurs parents ; 30% des échanges entre frères et sœurs sont de l’ordre de la rivalité, mais 70% sont de l’ordre de l’attachement émotif et de la complicité.

Les enfants d’une même famille sont toujours en rivalité pour obtenir l’amour privilégié de leurs parents. Ils sont en perpétuelle compétition, ce qui est bon pour leur développement à condition qu’on les aide à la vivre sans trop d’agressivité. À l’intérieur de la famille, les petits vivent des frustrations qui mènent à des apprentissages. Ceux-ci seront fort utiles aux enfants en dehors de la maison.

De plus, les enfants ont besoin de la présence d’autres enfants et jamais les parents ne pourront remplacer les échanges sociaux entre pairs. Les enfants qui ont des frères et des sœurs peuvent davantage exprimer leurs joies et leurs colères envers leurs parents, ce qui est excellent. Ces enfants sont souvent plus mûrs, courageux, créateurs, plus responsables et sociables que les autres. Si elle est bien contrôlée, la jalousie permet à l’enfant de se dégager des relations parents-enfant et lui donne une sécurité intérieure non négligeable.

Ajoutons à cela que dans les familles où il y a plusieurs enfants, les parents exigent moins de chacun d’eux : ils projettent leurs désirs et ambitions sur plus d’un enfant. Une fratrie est un bien précieux et la rivalité fraternelle est aussi inévitable que profitable.

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mercredi 28 octobre 2009

La résolution de conflits en six étapes

1.                              Aider les enfants à se calmer et à se concentrer

o                                                        Faites-les participer au processus, à mesure que vous les réconfortez et les aidez à se concentrer.

o                                                        Réconfortez les enfants affolés.

o                                                        Attendez jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment apaisés avant d'entamer le processus de résolution de conflit.

2.                              Accorder de l'attention à chaque enfant

o                                                        Tous les enfants impliqués, «victimes» et «agresseurs», doivent savoir que votre rôle est de les aider de façon égale.

o                                                        Les «victimes» passent cependant en premier.

3.                              Aider les enfants à comprendre et à exprimer leur problème

o                                                        Aidez les enfants à comprendre que le conflit est un problème commun, avec deux parties.

o                                                        Assurez-vous que chaque enfant a l'occasion d'expliquer sa perception du problème, y compris les causes et effets. Que s'est-il passé (effets)? Pourquoi (causes)?

o                                                        Aidez les enfants à mettre tout le problème en perspective. Ils savent souvent ce qui s'est passé (l'effet, par exemple se faire donner un coup de pied), mais pas pourquoi (la cause, par exemple pour se venger d'une invective plus tôt dans la journée).

4.                              Laisser les enfants proposer diverses solutions au problème

o                                                        Laissez-les proposer diverses suggestions pour résoudre le conflit.

o                                                        Tenez compte de leur âge et de leur stade de développement. Les très jeunes enfants n'auront probablement pas la souplesse cognitive et les compétences langagières nécessaires pour résoudre leurs conflits seuls.

o                                                        Les parents ou les intervenantes doivent jouer un rôle actif et guider les très jeunes enfants dans le processus de résolution de conflits. Demandez-leur comment ils pensent pouvoir régler le problème. S'ils ne proposent aucune solution, faites-le à leur place et évaluez leur réaction.

o                                                        Dans la mesure du possible, encouragez les enfants de plus de trois ans à négocier leurs propres solutions.

5.                              Permettre aux enfants d'en arriver à leur propre solution

o                                                        Encouragez les enfants plus âgés à trouver leur propre solution au conflit. Les parents et les intervenantes peuvent diriger délicatement le processus de négociation, mais la solution elle-même devrait représenter l'aboutissement des efforts des enfants.

o                                                        Les adultes doivent souvent prendre une plus grande part à l'atteinte d'une solution en présence de jeunes enfants. Assurez-vous que ces derniers sont satisfaits en fin de compte.

6.                              Surveiller les solutions adoptées d'un commun accord

o                                                        Veillez à ce que les enfants donnent bien suite aux solutions qu'ils ont négociées.

o                                                        Si la solution ne fonctionne pas, recommencez le processus de résolution de conflit.

La violence marque l'aboutissement d'une situation conflictuelle extrême. Les parents et intervenantes peuvent éviter la violence dans les disputes d'enfants en ayant recours aux six étapes de résolution des conflits avant l'escalade de la crise.

Rappelez-vous, l'objectif final du processus de résolution des conflits est de permettre aux enfants de trouver leur propre solution. Les enfants qui apprennent à négocier dans le calme et avec compétence acquièrent d'importantes aptitudes de communication qui leur seront nécessaires pour la résolution de problèmes sociaux dans l'avenir.


Source: Ce document a été préparé pour

la Fédération

canadienne des services de garde à l'enfance par Harriet Field, du département d'étude de l'enfant et de l'adolescent à l'université Mount Saint Vincent.

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