EDUCATION ET AIDE HUMANITAIRE

Education, Société et Expérience Humanitaire

samedi 31 janvier 2009

Concécration des familles au coeur de Jésus

Coeur de Jésus, Toi qui t'es consacré au Père  par amour pour nous, nous voulons, dans le souffle de ton Esprit Saint, nous consacrer à TOI par Amour.

Nous te présentons :

- nos vies de nos familles,

- tout ce que nous sommes,

- les enfants que le Père nous a donnés et ceux qu'il voudrait nous donner encore,

- nos maisons,

- notre travail et nos gestes les plus simples,

- nos épreuves et nos joies.

jesus

Consacre les toi mêmes, pour que l'amour dont tu nous as aimés nous garde en Toi et demeure en nous, à jamais.

Donne nous de former une famille sainte, à l'image de la Sainte Famille, et de témoigner au milieu des hommes de ton espérance et de ta miséricorde.

Amen

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jeudi 29 janvier 2009

Aldo Naouri : osez l'autorité

Retour à la raison dans l'éducation

Josee Pochat, le 18-09-2008

Il faut réhabiliter l’autorité des parents. Celle qui permet de dire “non” sans avoir à se justifier. Dans notre entretien, le Dr Naouri explique que les parents doivent retrouver leur statut d’adulte.

Quand Aldo Naouri parle de la relation parents-enfants, évoque la crise que traverse l’éducation, aborde le problème lié à l’autorité, il est très loin des discours “psy” qui font la mode et aux antipodes du mythique best-seller d’Alexander S. Neill, Libres enfants de Summerhill. À 70 ans, ce pédiatre passionné de psychanalyse a vu défiler des générations d’enfants – et de parents – dans son cabinet. Il a assisté, au fil du temps, à l’évolution de l’éducation de nos enfants, de moins en moins “éduqués”, de plus en plus ingérables. La réflexion qu’il livre aujourd’hui sur l’autorité est avant tout fondée sur le bon sens d’un pédiatre qui a croisé des parents débordés, voire perdus, face à des enfants de plus en plus “indomptables”. Son livre Éduquer ses enfants, l’urgence aujourd’hui, paru avant l’été chez Odile Jacob, est devenu un best-seller en quelques semaines. Naouri a reçu des centaines de lettres de parents le remerciant de leur avoir, enfin, proposé un nouveau schéma, en les réhabilitant dans leur rôle d’éducateur de leurs enfants.

« Redevenez parents, leur clame-t-il, n’hésitez pas à faire preuve d’autorité, vos enfants ont besoin d’entendre ce “non” qui pose des limites. » En confondant autoritarisme et autorité, au lendemain de Mai 68, on a plongé les parents dans un profond désarroi. Par souci de bien faire, ils ont abandonné leur rôle d’adulte pour devenir “parents copains”, “parents complices”, incapables d’imposer un horaire de coucher sans discussion, paniqués devant des enfants qui se roulent par terre le jour où ils tentent, timidement, de leur refuser une quatrième sucette avant le dîner.

Aldo Naouri parle d’urgence parce qu’au-delà du problème des parents déboussolés qui n’arrivent plus à se faire obéir, c’est à l’école que l’on enregistre dorénavant les dégâts de l’abandon de l’autorité. Pour le pédiatre, une bonne partie du problème des 40 % d’enfants qui arrivent au collège sans maîtriser la lecture et le calcul vient directement du déficit éducatif de parents à qui l’on a fait croire que faire preuve d’autorité faisait d’eux des bourreaux. Aujourd’hui, ce sont les instituteurs qui se trouvent face à des enfants refusant de sortir leurs cahiers quand on le leur demande, incapables de respecter une consigne parce qu’ils n’ont jamais appris à obéir. Et les parents, toujours perdus, d’expliquer que les enseignants ne font pas leur travail, parce qu’ils manquent d’autorité.


Comment définissez-vous l’autorité ? L’autorité, c’est tout simplement le pouvoir de parvenir à se faire obéir sans difficulté. Cette capacité d’un parent, tranquillement installé dans la certitude de la légitimité de sa place, de donner des ordres sans douter de leur pertinence. À partir de ce moment, l’enfant obéit. Il faut avant tout comprendre que, pour l’enfant, le parent n’est pas un simple partenaire, un “copain” avec qui il a une relation horizontale.

Qu’entendez-vous exactement quand vous parlez de la légitimité de la place de parent ? La légitimité vient du statut de parent, de la position d’adulte, fondé à savoir pour son enfant et qui n’a pas à douter des responsabilités à prendre pour lui. L’enfant doit rester dans une position d’enfant, ayant une relation verticale avec ses parents. L’essentiel est là. De tout temps, les parents se sont sentis dans cette position, légitimée parce que la société les confortait dans ce rôle. Depuis quatre décennies, on a décidé, au nom d’un idéal démocratique et d’un pseudo-discours éclairant, qu’il n’y avait plus de différence générationnelle entre le parent et l’enfant, qui est devenu un “partenaire”. On est passé à une relation horizontale, avec des parents constamment dans la crainte d’écorner l’image qu’ils espèrent donner. Ce sont des parents qui fonctionnent sur le mode de la séduction. Le ­problème, c’est que la séduction, c’est tout le contraire de l’éducation.

Les parents ont donc peur ? Les parents ont peur de mal faire. Dans ces conditions, il y a tou­jours un défaut d’autorité. Comme le disait très bien Freud, le parent est condamné à « mal faire », par rapport à l’idée qu’il se fait d’une éducation idéale. Qui n’existe pas. Ni l’enfant ni le parent idéal n’existent.

Quels conseils donnez-vous aux parents ? Il est fondamental de comprendre le développement psychique d’un tout-petit. C’est le premier message que je leur délivre. Il y a encore quarante ans, on pensait que le nouveau-né était un tube digestif. On s’est aperçu à cette époque que le bébé était doté de potentialités considérables, ayant avec sa mère un lien très étroit, un langage commun, non verbal, qui fait que leur relation est d’une grande fiabilité. La mère devine son bébé et lui la perçoit. Pendant les dix premiers mois de sa vie, le bébé croit qu’il est un morceau de sa mère. Ensuite, il s’aperçoit avec horreur qu’il est un être indépendant de sa mère. Dès lors, il va prendre conscience de son immaturité motrice, comprendre qu’il n’est pas capable de se débrouiller seul. C’est la fin du nirvana. Il va revêtir sa mère d’une notion de toute-puissance.

Quelle est la relation entre cette explication et l’éducation ? Quand le bébé prend la mesure de la puissance de sa mère, il va développer contre elle sa propre toute-puissance, totalement illusoire. Mais néanmoins très expressive. C’est le bébé qui jette la cuillère par terre, crache sa purée, se comporte en “sale gosse”, enchaîne les caprices. Ce phénomène culmine pendant la crise d’opposition, vers 3 ans. L’attitude des parents à ce moment-là est déterminante. S’ils veulent impérativement satisfaire cet enfant, ils vont le conforter dans son attitude et dans sa stratégie. Et ils vont faire de lui un individu qui ne se débarrassera plus de cette illusoire toute-puissance. Ce sera un enfant tyran, un adolescent infernal et, plus tard, un adulte égocentrique. Si les parents entreprennent d’éduquer, c’est-à-dire précisément de marquer la différence générationnelle, ils vont contenir cet enfant, lui imposer des limites et l’amener petit à petit à reconsidérer son scénario et à se débarrasser de l’illusion de sa toute-puissance. Là est le but de toute éducation. Ce constat permet de ­comprendre les enjeux de l’autorité.

Nous traversons donc une crise de l’éducation ? Oui et elle a entamé l’exercice de l’autorité. Parce que justement on a laissé croire aux parents que leur enfant était un partenaire. Ça n’est pas par un effet de hasard mais c’est un effet collatéral des excès de Mai 68. Ce qui est resté dans tous les esprits, c’est “jouir sans entrave” et “il est interdit d’interdire”. Et dans la foulée, on a complètement déformé les propos de ­Françoise Dolto à la radio. Ses interventions étaient thérapeutiques. Et on a cru que cette attitude devait être une norme, à adopter systématiquement. Par exemple, quand Dolto s’apercevait qu’une femme n’avait pas fait le deuil de sa mère, elle lui expliquait que son enfant sentait sa ­dé­tresse et elle lui conseillait d’expliquer à cet enfant pour­quoi elle était si triste. On en a déduit qu’il fallait tout dire à un enfant, pour ne pas risquer de produire chez lui un désordre quelconque. J’ai vu dans ma carrière des caricatures. Des mères déshabillant leur bébé de 3 semaines et leur disant : « Tu vois, mon chéri, là je t’enlève ton bonnet et maintenant la manche gauche de ton manteau. » Cela n’a aucun sens. Dolto n’avait jamais dit qu’il fallait tout dire aux enfants. Pour autant on s’est engouffré dans cette voie. Il ne devrait pas y avoir de règle figée sur ce qu’il faut dire ou pas aux enfants, c’est une question de conjoncture, de circonstances, de problématique.

Pouvez-vous nous don­ner des exemples de comportements pa­ren­taux à proscrire ? Je vais vous raconter une histoire. Un jour, je vois un père arriver dans mon cabinet avec son fils de 5 ans. Le garçonnet se précipite sur le pèse-personne et se met à sauter dessus. Le monsieur lui dit : « Tu sais, mon chéri, c’est un pèse-personne, c’est l’instrument du médecin. Si tu continues comme cela, tu vas le casser et le docteur Na­ouri ne pourra plus s’en servir. » L’enfant file vers le pèse-bébé et se met à le secouer. Son papa lui dit alors : « Tu sais, c’est un pèse-bébé, c’est fragile, cela pèse même à

10 grammes

près, le docteur en a besoin. » L’enfant laisse tomber le pèse-bébé, monte sur mon bureau et se met à sauter. Le papa lui dit encore : « Tu sais, le bureau du docteur est en verre, non seulement tu vas le casser et le docteur n’aura plus de bureau, mais en plus tu risques de te blesser. » Et il continue à parler et l’enfant à sauter. Nos regards se croisent alors et je lui demande s’il ne peut pas, tout simplement, lui dire “non” ? Il a réagi avec une violence terrible. « Vous voulez que je me comporte en fasciste ? » m’a-t-il crié. Et là, je lui ai répondu : « Vous allez lui donner quels arguments, à votre fils, quand il vous dira qu’il veut coucher avec sa mère ? Notre espèce est soumise à une loi. Celle de l’interdit de l’inceste, qui est purement arbitraire. Chaque fois que vous dites “non”, vous rappelez cet arbitraire et vous humanisez votre enfant. » J’avais été tellement violent moi-même que l’enfant s’est arrêté, est descendu tranquillement et n’a plus bronché du reste de la consultation. Cet homme m’a ensuite expliqué qu’il venait me voir parce qu’il n’arrivait pas à se faire obéir. Cette attitude, même si ce cas est un peu caricatural, est très répandue. Il fallait donner une explication dès que l’on donnait un ordre.

Que se passe-t-il quand un parent ­n’arrive pas à donner fermement un ordre ? L’enfant perçoit que le parent ouvre la voie de la négociation, est prêt à lui rendre des comptes. Il peut donc prendre le pouvoir. N’oublions pas qu’il est habité par son désir de toute-puissance infantile. Le message environnant a installé l’enfant au sommet de la pyramide familiale. Nous vivons une époque où l’enfant est roi. Et on a fabriqué cette machine à donner des ­adultes infernaux. C’est pourquoi je dis : « Soyez parents » et que l’on lit sous ma plume­, scandalisant certains : « Élevez vos enfants de façon fasciste et ­autori­taire, vous en ferez des démocrates, élevez-les de façon démocratique, vous en ferez des fascistes. »

Dans ces conditions, prônez-vous le retour de la fessée, de la gifle ? Absolument pas. J’ai toujours dit que je condamnais totalement les châtiments corporels, jusqu’à la petite tape sur la main. Chaque coup donné est le résultat d’un échec de la parole. Le parent qui sait exercer son autorité n’a pas besoin de donner une gifle, puisque son enfant lui obéit. Pourtant, dans ­cer­taines circonstances, le parent perd sa maîtrise et le coup part. C’est ­inévitable mais ce n’est pas une catastrophe. Une fessée n’a jamais ni tué ni démoli qui que ce soit. En revanche, je pense qu’il est fondamental de ne pas intervenir dans ce type de situation et je ­condamne l’intervention des institutions. Il ne faut surtout pas légiférer. En entrant dans l’intimité de la relation parents-enfants, on nuit encore une fois aux parents, on altère leur position. Beaucoup d’enfants disent encore accepter l’autorité de leurs parents parce ­qu’elle est juste. Cela signifie que l’enfant per­çoit que les limites posées fonctionnent comme des parapets autour de lui. ­Solides, justifiés et qui le protègent. Il remer­cie ses parents de les avoir construits et de lui donner une très grande sécurité. Parce que les limites posées sont rassurantes. Et c’est là le problème. Aujourd’hui, les parents, bien souvent, ne fabriquent plus ces parapets, ne placent plus ces limites avec leurs enfants au nom de l’idée selon laquelle il est fondamental de laisser l’enfant se déployer. Même l’école, dans les ­consignes qu’elle donne, a parfois perdu le sens commun. On est passé de l’individu à qui l’on délivrait un savoir et dont on contrôlait les acquisitions à un enfant qu’il faut “accompagner” dans le dé­ploiement de ses potentialités. Il serait en quelque sorte un être capable, seul, de découvrir la bonne voie.

Quelle est, selon vous, la proportion de parents qui ne savent plus exercer cette autorité légitime ? L’Éducation nationale, en septembre

2007, a

relevé que 40 % des enfants arrivent en sixième sans maîtriser l’écrit ni le calcul. Et je crois que cela correspond aux parents ne sachant plus comment éduquer leurs enfants. Ce qui les met d’ailleurs en difficulté. Pourquoi j’associe ces deux phé­nomènes ? Parce que le ­sys­tème ­scolaire, qui est là pour délivrer un savoir, exige de l’enfant qu’il ne déploie plus sa toute-puissance infantile, qu’il ait intégré un certain nombre de règles. Un jour, une institutrice de CE2 m’a dit, désespérée, qu’elle n’avait plus des élèves, mais des clients. Quand elle disait : « Ouvrez vos livres, on va faire de la lecture », la moitié de la classe se levait, se mettait à discuter. Les uns disaient qu’ils voulaient plutôt dessiner, les autres chanter. Quand cette enseignante essayait de signaler aux parents ces comportements, ils lui répondaient qu’elle manquait d’autorité. Cette institutrice n’en pouvait plus. Et les parents avaient tort. Ce qu’ils ne comprennent plus, c’est que l’école n’est pas là pour éduquer, même si l’on parle d’Éducation nationale. L’éducation doit être préalable à l’entrée à l’école et doit commencer au berceau. Ce n’est pas à l’école mais aux parents d’éduquer. L’école est là pour délivrer un savoir. Autre problème, nous sommes passés d’une société de pénurie dans laquelle le message était : “Dans la vie on ne peut pas tout avoir”, où chacun allait essayer d’obtenir le maximum en étant conscient qu’il ne pourrait pas tout obtenir, à une société d’abondance où l’on considère avoir droit à tout. C’est au nom de cette idée que les publicitaires se vantent de ce que 53 % des décisions d’achat dans les familles sont prises par les enfants.

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mardi 27 janvier 2009

Comment l'autorité se partage entre père et mère

Fini le tandem « papa gendarme » - « maman qui console » : l'autorité est censée être aussi bien féminine que masculine. Mais les mentalités évoluent lentement

Scène de la vie quotidienne dans un supermarché. Une jeune maman n’arrive pas à calmer son enfant de 4 ans qui trépigne devant un jouet qu’il veut à tout prix acheter. À cours d’arguments, et à bout de patience, elle finit par lâcher : « Je vais dire à papa que tu n’as pas été sage et il va te gronder. » Autre scène, familière elle aussi : un couple est invité chez des amis avec leurs deux enfants agités, qu’ils n’arrivent pas à maîtriser. La maman foudroie du regard son conjoint : « Tu ne peux pas leur dire quelque chose ! »

La même scène se déroulant dans l’intimité d’un foyer, à l’abri des oreilles indiscrètes, peut donner lieu à une version plus agacée de la réaction maternelle : « J’en ai marre de jouer à l’homme dans cette maison ! » Le stéréotype du papa-grosse-voix, dernier recours quand l’enfant n’obéit pas, a encore la vie dure. Même les mamans les plus modernes n’échappent pas à son emprise. Et il est difficile de se débarrasser de plusieurs siècles d’histoire, où les fonctions d’autorité étaient surtout exercées par des hommes.

C’est du moins ce qui ressort d’un colloque organisé par

la Fnepe

(Fédération nationale des écoles de parents et d’éducateurs) qui avait choisi pour titre cette question un brin provocatrice : «L’autorité a-t-elle un sexe ?» « Je suis un peu agacée d’entendre que Mai 68 aurait eu des conséquences néfastes, car on aurait mis à mal l’autorité, expliquait Claire Jodry, directrice de

la Fnepe. Car

en disant cela, on pense à la suppression de l’autorité paternelle et on s’imagine que tant que cette autorité ne sera pas rétablie, les enfants ne pourront pas être correctement éduqués. Or il ne s’agit pas de revenir en arrière. »

« Je suis convaincue que l’autorité n’a pas de sexe mais que les représentations de l’autorité en ont un : elles sont en effet encore très masculines et du côté de la force », soulignait également Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris, qui organise des groupes de travail sur une éducation « non sexiste et non violente » avec des adolescents.

Les familles se sont démocratisées

Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste, abondait dans ce sens, constatant « un décalage entre ces représentations ancrées en nous et ce vers quoi nous voulons tendre dans l’égalité des rapports hommes-femmes ». Les familles, en effet, ces dernières décennies, se sont démocratisées, la répartition des fonctions d’autorité a évolué, la façon de l’exercer aussi. En mettant fin en 1970 à des siècles de « puissance paternelle », notre code civil marquait bien un changement de mentalités et de valeurs : les pères et les mères sont désormais reconnus comme égaux en droit, se partagent l’autorité sur leurs enfants, y compris en cas de divorce, de même qu’ils sont censés se partager un peu plus les tâches domestiques et éducatives. Les pères, d’ailleurs, aspirent de plus en plus à sortir du rôle de « père Fouettard » dans lequel on les a longtemps cantonnés pour partager un peu plus de proximité et de tendresse avec leurs enfants.

La nature des rapports d’autorité a elle aussi changé. « Autrefois, le père imposait le silence : on ne discutait pas un père ni avec un père, souligne l’historien André Rauch. Son autorité s’exerçait par la domination physique et morale. » Aujourd’hui, elle passe plus par la négociation, le dialogue. « Et elle ne consiste pas simplement à interdire », comme le souligne de son côté Daniel Marcelli. « Dans le mot autorité, il y a d’abord autoriser. C’est parce qu’on autorise un enfant à aller découvrir le monde, qu’on peut aussi se permettre de lui fixer des interdits. »


Et Serge Hefez rappelle qu’à « l’autorité verticale du Père avec un “p” majuscule » s’est substituée une « autorité horizontale », basée sur les liens affectifs. Ces nouvelles formes d’autorité, hommes et femmes seraient donc également aptes à les exercer.

Mais les mentalités évoluent en fait plus lentement qu’on le croit. Les enquêtes «emploi du temps» montrent que le partage des rôles entre le père et la mère est loin d’être égalitaire et que les femmes consacrent encore beaucoup plus de temps que les hommes à s’occuper de leurs enfants. Ce qui rend la charge des mères très lourde, quand elles travaillent à l’extérieur de leur foyer et doivent en plus, en rentrant chez elles, faire la cuisine, s’occuper des enfants et user d’autorité sur eux.

Les pères, de l’autre côté, ne savent plus très bien comment se situer et sont bien souvent renvoyés à leur fonction traditionnelle dont ils essayaient timidement de sortir. Car, comme le souligne Serge Hefez, qu’ils soient absents ou trop présents, les pères sont actuellement rendus responsables de tous les maux. « Jusque-là, dit-il, les mères par leur trop grande proximité avec leurs enfants étaient rendues coupables d’être “schizophrénogènes”, “autistogènes”, “toxicogènes”… Aujourd’hui, ce discours se déplace autour des pères, à qui on reproche d’être trop maternels, trop intrusifs… et pas assez autoritaires. »

Le père représente la loi dans le discours psychanalyste

Il est difficile de balayer d’un revers de main la référence symbolique du père, qui représente « la loi » dans le discours des psychanalystes, et qui a servi pendant longtemps de repères dans l’éducation des enfants. « La confusion entre la fonction du père et la fonction d’autorité, souligne Daniel Marcelli, est dramatiquement entretenue par les références théoriques que nous utilisons, avec lesquelles nous avons été éduqués et dont il est difficile de nous dégager. Il s’agit de cette fameuse “fonction séparatrice du père”, dont le rôle serait d’extraire son enfant (en particulier son fils) des jupes de sa mère. À partir de là, la fonction d’autorité du père serait d’énoncer la loi, de poser des limites, des interdits, des barrières, face à un enfant immature qui ne pourrait résister au pouvoir de séduction de sa mère. »

La mère serait donc davantage celle qui câline, console, qui se situe dans ce que le psychiatre appelle la « sé-ducation » ; et le père celui qui introduit par son autorité cette distance nécessaire à l’« é-ducation ». Même si de nombreuses mères – en particulier dans les familles monoparentales – exercent depuis longtemps, parfois à contrecœur ou par obligation, ces deux fonctions.

L’autorité paternelle, qui reposait par ailleurs sur une hiérarchie entre l’homme et la femme, ne peut plus fonctionner aujourd’hui avec l’égalité des sexes. Mais égalité ne signifie pas similitude. Et on a du mal à penser cette différence, sans réintroduire de hiérarchie. « L’homme et la femme se sont différenciés pendant longtemps par des territoires qui leur étaient réservés (l’homme travaillait à l’extérieur, la femme était plus à la maison), explique Daniel Marcelli. Au nom de l’égalité des sexes, nous sommes tous dans des territoires communs (y compris domestiques) et la répartition des rôles va dépendre du bon vouloir de chacun. Ce qui les rend très fragiles. »

L’absence de normes et de rôles préétablis exige aussi de la part des couples des négociations permanentes, pour l’exercice de l’autorité, comme pour les tâches domestiques : qui décide quoi et qui fait quoi ? qui va chercher les enfants ? s’en occuper ? qui va les faire obéir ? les punir ? surveiller leurs devoirs et leurs résultats scolaires ? leur dire de rentrer à telle heure, ou d’aller se coucher ? Des questions qui doivent être en permanence reposées, révisées. Ce qui rend la tâche des parents plus délicate et exige d’eux davantage d’entente et de dialogue. Mais c’est le tribut qu’hommes et femmes doivent désormais payer à l’égalité des sexes et à la révision du concept d’autorité.

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lundi 26 janvier 2009

prière pour les mamans...

Seigneur,

très souvent je doute de tes chemins

et je  ne te fais pas confiance,

croyant que,

si je ne fais pas les choses à ma manière,

elles ne seront pas bien faites.

je le regrette maintenant, Seigneur.

Lorsque je pense de cette façon,

je te supplie de me rappeler

que ton amour pour mes enfants

est bien plus grand que le mien.

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dimanche 25 janvier 2009

L'autorité (suite)

Comment réagir face au « non » de l’enfant ?



Au fil de son développement moteur et de l’acquisition d’une certaine autonomie, l’enfant passe par plusieurs crises d’opposition. Le « non » est en tête de liste de son vocabulaire. Ces périodes sont essentielles au développement de l'enfant : il se construit en s'opposant. Armez-vous de patience et d'imagination pour passer ce cap. Usez de la négociation : il ne veut pas ranger sa chambre tout de suite ? Négociez pour qu'il le fasse dans 5 minutes. Il refuse de mettre son pull rouge ? Proposez-lui le bleu.

Et les
caprices ? La tentation de céder est grande : fatigue, envie de lui faire plaisir, manque de temps, peur du regard d’autrui… Pourtant, c’est en ne cédant pas que vous jouez votre rôle de parent et en assumez la responsabilité.

Punir ou pas ?



Lorsque l’enfant dépasse les limites, une punition peut être bénéfique, pour peu que l’on garde à l’esprit ces quelques considérations.

La sanction doit avoir un sens : rien ne sert de punir pour punir. Il est important que l’enfant comprenne la raison pour laquelle il a été puni ; expliquez lui en quoi son acte est répréhensible.

Par ailleurs, la punition doit être immédiate, pour que l’enfant saisisse le lien de cause à effet : bêtise=punition.

La vocation de la punition est éducative : pas de punition violente, humiliante. Envoyer l’enfant dans sa chambre est une bonne solution : il va se calmer, réfléchir à son acte, pour au final se sentir plus léger.

Enfin, utilisez la punition à bon escient : les multiplier peut avoir l’effet inverse escompté. Pour éviter les réprimandes, l’enfant risque de mentir sur ses actes.


L’aider à avoir confiance en lui



Votre présence, vos paroles sont un véritable moteur pour votre enfant, aussi est-il important d’être à ses côtés pour encourager son développement. Cependant pour grandir, votre enfant a besoin de marge : évitez de faire systématiquement tout à sa place, parce que cela va plus vite, parce que cela sera mieux fait. Peut-être s’énervera-t-il face à un échec ; soyez là pour le guider.

Evitez les propos dévalorisants tels que tu es bête, tu es maladroit : de telles phrases blessent votre enfant, lui font perdre confiance et nuisent à son développement personnel.

Lorsqu’il fait des progrès, félicitez-le, sans pour autant le mettre sur un pied d’estale bien sûr. De petits mots d’encouragements lui donneront confiance.

Enfin, oubliez la perfection... personne n’est parfait, et encore moins votre enfant qui grandit chaque jour ! Respectez son développement : les règles de discipline, mais aussi vos attentes envers votre enfant doit être adaptées à son âge.

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samedi 24 janvier 2009

L’autorité

Face à un enfant qui jour après jour gagne en autonomie, s’affirme et construit sa personnalité, il est parfois difficile de savoir comment agir. Malheureusement, il n’existe pas de règle absolue en matière d’éducation ; tout est souvent question d’équilibre et de communication.
En plus de cette fiche, à lire notre dossier :
Je passe assez de temps avec mes enfants ?.

L’enfant a besoin d’être guidé : il ignore ce qui est le mieux pour lui. L’autorité, c’est ce qui permet à l’enfant d’assimiler les interdits fondamentaux liés à la sociabilisation La frustration est une expérience indispensable au développement de l’enfant : pour vivre en société, il doit apprendre à renoncer à la satisfaction immédiate de tous ses désirs.

Il faut également garder à l’esprit qu’amour et autorité sont compatibles : l’un découle même de l’autre. En effet, c’est parce que vous aimez votre enfant que vous lui fixez des interdits, pour sa sécurité, son bien-être. Mettre des barrières sur le chemin de l’enfant, c’est aussi l’aider à avancer : un chemin balisé est rassurant, l’enfant gagnera en confiance, et sera mieux paré pour l’autonomie. Sans autorité, l’enfant peut aussi se sentir négligé, abandonné.

Mais comment exercer son autorité ? L’ingrédient essentiel de l’autorité est la communication : une interdiction pure et simple, sans explication, n’a aucun sens pour l’enfant, elle est donc inutile, voire nuisible. Il est important d’expliquer clairement, simplement, pourquoi vous interdisez à votre enfant telle ou telle chose.

Il est également important que les parents soient d’accord entre eux : si l'enfant entend un « oui » d'un côté, et un « non » de l'autre, il n'obéira jamais et saura vite jouer sur votre désaccord. Toujours dans ce souci de cohérence, l’autorité implique que vous-même, parents, vous appliquiez les règles imposées à votre enfant. Ne l’oubliez pas : vous êtes un modèle pour lui.

Toutefois, il est important de laisser une marge d’action à l’enfant – en toute sécurité bien sûr : c’est ce que Françoise Dolto appelle la « prise de risque ». Il ne faut pas non plus frustrer l’enfant avec des interdictions toujours plus nombreuses au fil des jours : l’enfant doit pouvoir forger sa propre expérience. L’échec a également des vertus éducatives.

Enfin, il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme : vous devenez autoritaire si vous inspirez un sentiment de peur chez l'enfant, si vos consignes sont édictées de manière illogique, si elles sont injustes, si vous interdisez chez l'enfant toute expression de ses humeurs ou de ses états d'âme.

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vendredi 23 janvier 2009

Autorité parentale

L'autorité parentale est l'ensemble des droits et des devoirs des parents à l'égard de leurs enfants mineurs dans le but de les élever et de les protéger physiquement et moralement.

Qui détient l'autorité parentale ?

  • Pendant le mariage : elle est détenue conjointement par le père et la mère.

  • En cas de divorce : l'exercice en commun de l'autorité parentale est maintenu. Le juge peut toutefois confier l'autorité parentale à l'un des deux parents (en principe celui chez lequel l'enfant réside habituellement), s'il estime que c'est dans l'intérêt de l'enfant.

  • En cas de décès : le conjoint survivant est investi de l'autorité parentale. Dans le cas d'un enfant naturel, l'exercice de cette autorité aura lieu sous le contrôle du juge des tutelles (pour l'éventuelle protection de son patrimoine).

Si les deux parents décèdent, une tutelle est ouverte et le conseil de famille ainsi que le tuteur sont investis de cette autorité.

  • En cas d'enfant naturel :

Deux cas sont à distinguer :

·        Si les parents se sont mariés, l'autorité parentale est exercée conjointement par le père et la mère.

·        Si les parents ne se sont pas mariés :

o       l'enfant n'est reconnu que par un seul des parents : l'autorité parentale est exercée par le parent qui a reconnu l'enfant ;

o       l'enfant est reconnu par les deux parents : s'il est reconnu avant l'âge d'un an et que les parents vivaient ensemble au moment de la reconnaissance, l'autorité parentale est exercée conjointement par les deux parents. Pour cela, un acte de communauté de vie doit leur être délivré par le juge aux affaires familiales (JAF). Si ces conditions ne sont pas remplies, la mère seule exerce l'autorité parentale ; toutefois, sur simple déclaration conjointe devant le JAF dont dépend leur domicile, l'autorité peut être exercée conjointement par les deux parents.


L'autorité parentale et l'administration

En principe, pour toutes les démarches administratives (autorisations, représentations, signatures) la volonté d'un seul parent suffit car il est supposé agir en accord avec l'autre.

En pratique, il arrive que l'administration "exige" la signature du père plutôt que de la mère, pour certaines autorisations décernées à un mineur. La mère de famille peut toujours opposer à cette exigence de l'administration son bon droit. Il lui suffira de rédiger sur papier libre la formule suivante : " je soussignée (nom, prénoms), atteste sur l'honneur n'être ni séparée, ni divorcée et en accord avec mon époux, autorise mon fils (ou ma fille), etc. " ; sans oublier de la dater et de la signer.


Bon à savoir
Les père et mère ne peuvent, sauf motif grave, faire obstacle aux relations personnelles de l'enfant avec ses grands-parents.

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mercredi 21 janvier 2009

Jésus et les enfants

Alors, on lui présenta de petits enfants pour qu'il leur imposât les mainsen priant.

Mais les disciples se mirent à les réprimender.

Et Jésus dit : "laissez ces petits enfants, ne les empêchez pas de venir à moi; c'est à ceux qui leur ressemble qu'appartient le royaume des cieux".

le_christ

Puis il leur imposa les mains et poursuivit sa route.

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mardi 20 janvier 2009

L'ENFANT

Ma grand mère maternelle m'a offert un livre il y a des années sur les enfants et l'éducation.

c'est un livre pour moi qui "vaut" la Bible ..

voici déjà quelques lignes .. bonne lecture ....

La présence de l'enfant aide l'adulte à devenir meilleur. le constant appel que l'enfant nous adresse pour le secourir et  pour protéger, le geste qui met sa main dans notre grande main, qui lie ses bras  impuissants autour de notre cou, qui appuie sa petite tête blonde ou brune sur notre poitrine, nous engage comme malgré nous à ne pas le décevoir ...

Qui ne connait le mot célèbre de Georges Duhamel :

"le plus beau service que les enfants rendent à leurs parents, c'est de les obliger, sous prétexte de les élever, à s'élever eux-mêmes devant eux."

enfant

Et dans son éducation des filles, François Mauriac reprend la même pensée : "combien de pères et de mères s'élèvent eux-mêmes au sens profond du mot à cause des yeux candides qui ne les perdent pas de vue. Que de passions jugulées, que de sacrifices  consentis, que de muettes victoires pour l'amour de ces témoins qui ne le sauront jamais ! que de fois, dans une même créature, la femme déjà presque perdue a été tenue en échec par sa mère. "

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dimanche 18 janvier 2009

Commençons par la maison

Un jour, une femme, mère de famille, a posé la question suivante à la Mère Teresa de Calcutta :

"Que puis je faire pour être missionnaire ?"

"Commence d'abord par ta maison,

lui répondit la religieuse,

donne une parolle gentille à ton fils,

offre un sourire à ton mari.

famille

Commence en aidant quelqu'un qui a

besoin d'aide dans ta communauté,

dans le travail, à l'école.

Commence en transformant tout ce

que tu fais en quelques chose de beau

pour Dieu".

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