EDUCATION ET AIDE HUMANITAIRE

Education, Société et Expérience Humanitaire

mardi 24 novembre 2009

Aldo Naouri

osez l'autorité

Retour à la raison dans l'éducation

Josee Pochat, le 18-09-2008

Il faut réhabiliter l’autorité des parents. Celle qui permet de dire “non” sans avoir à se justifier. Dans notre entretien, le Dr Naouri explique que les parents doivent retrouver leur statut d’adulte.

Quand Aldo Naouri parle de la relation parents-enfants, évoque la crise que traverse l’éducation, aborde le problème lié à l’autorité, il est très loin des discours “psy” qui font la mode et aux antipodes du mythique best-seller d’Alexander S. Neill, Libres enfants de Summerhill. À 70 ans, ce pédiatre passionné de psychanalyse a vu défiler des générations d’enfants – et de parents – dans son cabinet. Il a assisté, au fil du temps, à l’évolution de l’éducation de nos enfants, de moins en moins “éduqués”, de plus en plus ingérables. La réflexion qu’il livre aujourd’hui sur l’autorité est avant tout fondée sur le bon sens d’un pédiatre qui a croisé des parents débordés, voire perdus, face à des enfants de plus en plus “indomptables”. Son livre Éduquer ses enfants, l’urgence aujourd’hui, paru avant l’été chez Odile Jacob, est devenu un best-seller en quelques semaines. Naouri a reçu des centaines de lettres de parents le remerciant de leur avoir, enfin, proposé un nouveau schéma, en les réhabilitant dans leur rôle d’éducateur de leurs enfants.

« Redevenez parents, leur clame-t-il, n’hésitez pas à faire preuve d’autorité, vos enfants ont besoin d’entendre ce “non” qui pose des limites. » En confondant autoritarisme et autorité, au lendemain de Mai 68, on a plongé les parents dans un profond désarroi. Par souci de bien faire, ils ont abandonné leur rôle d’adulte pour devenir “parents copains”, “parents complices”, incapables d’imposer un horaire de coucher sans discussion, paniqués devant des enfants qui se roulent par terre le jour où ils tentent, timidement, de leur refuser une quatrième sucette avant le dîner.

Aldo Naouri parle d’urgence parce qu’au-delà du problème des parents déboussolés qui n’arrivent plus à se faire obéir, c’est à l’école que l’on enregistre dorénavant les dégâts de l’abandon de l’autorité. Pour le pédiatre, une bonne partie du problème des 40 % d’enfants qui arrivent au collège sans maîtriser la lecture et le calcul vient directement du déficit éducatif de parents à qui l’on a fait croire que faire preuve d’autorité faisait d’eux des bourreaux. Aujourd’hui, ce sont les instituteurs qui se trouvent face à des enfants refusant de sortir leurs cahiers quand on le leur demande, incapables de respecter une consigne parce qu’ils n’ont jamais appris à obéir. Et les parents, toujours perdus, d’expliquer que les enseignants ne font pas leur travail, parce qu’ils manquent d’autorité.


Comment définissez-vous l’autorité ? L’autorité, c’est tout simplement le pouvoir de parvenir à se faire obéir sans difficulté. Cette capacité d’un parent, tranquillement installé dans la certitude de la légitimité de sa place, de donner des ordres sans douter de leur pertinence. À partir de ce moment, l’enfant obéit. Il faut avant tout comprendre que, pour l’enfant, le parent n’est pas un simple partenaire, un “copain” avec qui il a une relation horizontale.

Qu’entendez-vous exactement quand vous parlez de la légitimité de la place de parent ? La légitimité vient du statut de parent, de la position d’adulte, fondé à savoir pour son enfant et qui n’a pas à douter des responsabilités à prendre pour lui. L’enfant doit rester dans une position d’enfant, ayant une relation verticale avec ses parents. L’essentiel est là. De tout temps, les parents se sont sentis dans cette position, légitimée parce que la société les confortait dans ce rôle. Depuis quatre décennies, on a décidé, au nom d’un idéal démocratique et d’un pseudo-discours éclairant, qu’il n’y avait plus de différence générationnelle entre le parent et l’enfant, qui est devenu un “partenaire”. On est passé à une relation horizontale, avec des parents constamment dans la crainte d’écorner l’image qu’ils espèrent donner. Ce sont des parents qui fonctionnent sur le mode de la séduction. Le ­problème, c’est que la séduction, c’est tout le contraire de l’éducation.

Les parents ont donc peur ? Les parents ont peur de mal faire. Dans ces conditions, il y a tou­jours un défaut d’autorité. Comme le disait très bien Freud, le parent est condamné à « mal faire », par rapport à l’idée qu’il se fait d’une éducation idéale. Qui n’existe pas. Ni l’enfant ni le parent idéal n’existent.

Quels conseils donnez-vous aux parents ? Il est fondamental de comprendre le développement psychique d’un tout-petit. C’est le premier message que je leur délivre. Il y a encore quarante ans, on pensait que le nouveau-né était un tube digestif. On s’est aperçu à cette époque que le bébé était doté de potentialités considérables, ayant avec sa mère un lien très étroit, un langage commun, non verbal, qui fait que leur relation est d’une grande fiabilité. La mère devine son bébé et lui la perçoit. Pendant les dix premiers mois de sa vie, le bébé croit qu’il est un morceau de sa mère. Ensuite, il s’aperçoit avec horreur qu’il est un être indépendant de sa mère. Dès lors, il va prendre conscience de son immaturité motrice, comprendre qu’il n’est pas capable de se débrouiller seul. C’est la fin du nirvana. Il va revêtir sa mère d’une notion de toute-puissance.

Quelle est la relation entre cette explication et l’éducation ? Quand le bébé prend la mesure de la puissance de sa mère, il va développer contre elle sa propre toute-puissance, totalement illusoire. Mais néanmoins très expressive. C’est le bébé qui jette la cuillère par terre, crache sa purée, se comporte en “sale gosse”, enchaîne les caprices. Ce phénomène culmine pendant la crise d’opposition, vers 3 ans. L’attitude des parents à ce moment-là est déterminante. S’ils veulent impérativement satisfaire cet enfant, ils vont le conforter dans son attitude et dans sa stratégie. Et ils vont faire de lui un individu qui ne se débarrassera plus de cette illusoire toute-puissance. Ce sera un enfant tyran, un adolescent infernal et, plus tard, un adulte égocentrique. Si les parents entreprennent d’éduquer, c’est-à-dire précisément de marquer la différence générationnelle, ils vont contenir cet enfant, lui imposer des limites et l’amener petit à petit à reconsidérer son scénario et à se débarrasser de l’illusion de sa toute-puissance. Là est le but de toute éducation. Ce constat permet de ­comprendre les enjeux de l’autorité.

Nous traversons donc une crise de l’éducation ? Oui et elle a entamé l’exercice de l’autorité. Parce que justement on a laissé croire aux parents que leur enfant était un partenaire. Ça n’est pas par un effet de hasard mais c’est un effet collatéral des excès de Mai 68. Ce qui est resté dans tous les esprits, c’est “jouir sans entrave” et “il est interdit d’interdire”. Et dans la foulée, on a complètement déformé les propos de ­Françoise Dolto à la radio. Ses interventions étaient thérapeutiques. Et on a cru que cette attitude devait être une norme, à adopter systématiquement. Par exemple, quand Dolto s’apercevait qu’une femme n’avait pas fait le deuil de sa mère, elle lui expliquait que son enfant sentait sa ­dé­tresse et elle lui conseillait d’expliquer à cet enfant pour­quoi elle était si triste. On en a déduit qu’il fallait tout dire à un enfant, pour ne pas risquer de produire chez lui un désordre quelconque. J’ai vu dans ma carrière des caricatures. Des mères déshabillant leur bébé de 3 semaines et leur disant : « Tu vois, mon chéri, là je t’enlève ton bonnet et maintenant la manche gauche de ton manteau. » Cela n’a aucun sens. Dolto n’avait jamais dit qu’il fallait tout dire aux enfants. Pour autant on s’est engouffré dans cette voie. Il ne devrait pas y avoir de règle figée sur ce qu’il faut dire ou pas aux enfants, c’est une question de conjoncture, de circonstances, de problématique.

Pouvez-vous nous don­ner des exemples de comportements pa­ren­taux à proscrire ? Je vais vous raconter une histoire. Un jour, je vois un père arriver dans mon cabinet avec son fils de 5 ans. Le garçonnet se précipite sur le pèse-personne et se met à sauter dessus. Le monsieur lui dit : « Tu sais, mon chéri, c’est un pèse-personne, c’est l’instrument du médecin. Si tu continues comme cela, tu vas le casser et le docteur Na­ouri ne pourra plus s’en servir. » L’enfant file vers le pèse-bébé et se met à le secouer. Son papa lui dit alors : « Tu sais, c’est un pèse-bébé, c’est fragile, cela pèse même à

10 grammes

près, le docteur en a besoin. » L’enfant laisse tomber le pèse-bébé, monte sur mon bureau et se met à sauter. Le papa lui dit encore : « Tu sais, le bureau du docteur est en verre, non seulement tu vas le casser et le docteur n’aura plus de bureau, mais en plus tu risques de te blesser. » Et il continue à parler et l’enfant à sauter. Nos regards se croisent alors et je lui demande s’il ne peut pas, tout simplement, lui dire “non” ? Il a réagi avec une violence terrible. « Vous voulez que je me comporte en fasciste ? » m’a-t-il crié. Et là, je lui ai répondu : « Vous allez lui donner quels arguments, à votre fils, quand il vous dira qu’il veut coucher avec sa mère ? Notre espèce est soumise à une loi. Celle de l’interdit de l’inceste, qui est purement arbitraire. Chaque fois que vous dites “non”, vous rappelez cet arbitraire et vous humanisez votre enfant. » J’avais été tellement violent moi-même que l’enfant s’est arrêté, est descendu tranquillement et n’a plus bronché du reste de la consultation. Cet homme m’a ensuite expliqué qu’il venait me voir parce qu’il n’arrivait pas à se faire obéir. Cette attitude, même si ce cas est un peu caricatural, est très répandue. Il fallait donner une explication dès que l’on donnait un ordre.

Que se passe-t-il quand un parent ­n’arrive pas à donner fermement un ordre ? L’enfant perçoit que le parent ouvre la voie de la négociation, est prêt à lui rendre des comptes. Il peut donc prendre le pouvoir. N’oublions pas qu’il est habité par son désir de toute-puissance infantile. Le message environnant a installé l’enfant au sommet de la pyramide familiale. Nous vivons une époque où l’enfant est roi. Et on a fabriqué cette machine à donner des ­adultes infernaux. C’est pourquoi je dis : « Soyez parents » et que l’on lit sous ma plume­, scandalisant certains : « Élevez vos enfants de façon fasciste et ­autori­taire, vous en ferez des démocrates, élevez-les de façon démocratique, vous en ferez des fascistes. »

Dans ces conditions, prônez-vous le retour de la fessée, de la gifle ? Absolument pas. J’ai toujours dit que je condamnais totalement les châtiments corporels, jusqu’à la petite tape sur la main. Chaque coup donné est le résultat d’un échec de la parole. Le parent qui sait exercer son autorité n’a pas besoin de donner une gifle, puisque son enfant lui obéit. Pourtant, dans ­cer­taines circonstances, le parent perd sa maîtrise et le coup part. C’est ­inévitable mais ce n’est pas une catastrophe. Une fessée n’a jamais ni tué ni démoli qui que ce soit. En revanche, je pense qu’il est fondamental de ne pas intervenir dans ce type de situation et je ­condamne l’intervention des institutions. Il ne faut surtout pas légiférer. En entrant dans l’intimité de la relation parents-enfants, on nuit encore une fois aux parents, on altère leur position. Beaucoup d’enfants disent encore accepter l’autorité de leurs parents parce ­qu’elle est juste. Cela signifie que l’enfant per­çoit que les limites posées fonctionnent comme des parapets autour de lui. ­Solides, justifiés et qui le protègent. Il remer­cie ses parents de les avoir construits et de lui donner une très grande sécurité. Parce que les limites posées sont rassurantes. Et c’est là le problème. Aujourd’hui, les parents, bien souvent, ne fabriquent plus ces parapets, ne placent plus ces limites avec leurs enfants au nom de l’idée selon laquelle il est fondamental de laisser l’enfant se déployer. Même l’école, dans les ­consignes qu’elle donne, a parfois perdu le sens commun. On est passé de l’individu à qui l’on délivrait un savoir et dont on contrôlait les acquisitions à un enfant qu’il faut “accompagner” dans le dé­ploiement de ses potentialités. Il serait en quelque sorte un être capable, seul, de découvrir la bonne voie.

Quelle est, selon vous, la proportion de parents qui ne savent plus exercer cette autorité légitime ? L’Éducation nationale, en septembre

2007, a

relevé que 40 % des enfants arrivent en sixième sans maîtriser l’écrit ni le calcul. Et je crois que cela correspond aux parents ne sachant plus comment éduquer leurs enfants. Ce qui les met d’ailleurs en difficulté. Pourquoi j’associe ces deux phé­nomènes ? Parce que le ­sys­tème ­scolaire, qui est là pour délivrer un savoir, exige de l’enfant qu’il ne déploie plus sa toute-puissance infantile, qu’il ait intégré un certain nombre de règles. Un jour, une institutrice de CE2 m’a dit, désespérée, qu’elle n’avait plus des élèves, mais des clients. Quand elle disait : « Ouvrez vos livres, on va faire de la lecture », la moitié de la classe se levait, se mettait à discuter. Les uns disaient qu’ils voulaient plutôt dessiner, les autres chanter. Quand cette enseignante essayait de signaler aux parents ces comportements, ils lui répondaient qu’elle manquait d’autorité. Cette institutrice n’en pouvait plus. Et les parents avaient tort. Ce qu’ils ne comprennent plus, c’est que l’école n’est pas là pour éduquer, même si l’on parle d’Éducation nationale. L’éducation doit être préalable à l’entrée à l’école et doit commencer au berceau. Ce n’est pas à l’école mais aux parents d’éduquer. L’école est là pour délivrer un savoir. Autre problème, nous sommes passés d’une société de pénurie dans laquelle le message était : “Dans la vie on ne peut pas tout avoir”, où chacun allait essayer d’obtenir le maximum en étant conscient qu’il ne pourrait pas tout obtenir, à une société d’abondance où l’on considère avoir droit à tout. C’est au nom de cette idée que les publicitaires se vantent de ce que 53 % des décisions d’achat dans les familles sont prises par les enfants.

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lundi 23 novembre 2009

Autorité parentale

L'autorité parentale est l'ensemble des droits et des devoirs des parents à l'égard de leurs enfants mineurs dans le but de les élever et de les protéger physiquement et moralement.

Qui détient l'autorité parentale ?

  • Pendant le mariage : elle est détenue conjointement par le père et la mère.

  • En cas de divorce : l'exercice en commun de l'autorité parentale est maintenu. Le juge peut toutefois confier l'autorité parentale à l'un des deux parents (en principe celui chez lequel l'enfant réside habituellement), s'il estime que c'est dans l'intérêt de l'enfant.

  • En cas de décès : le conjoint survivant est investi de l'autorité parentale. Dans le cas d'un enfant naturel, l'exercice de cette autorité aura lieu sous le contrôle du juge des tutelles (pour l'éventuelle protection de son patrimoine).

Si les deux parents décèdent, une tutelle est ouverte et le conseil de famille ainsi que le tuteur sont investis de cette autorité.

  • En cas d'enfant naturel :

Deux cas sont à distinguer :

·        Si les parents se sont mariés, l'autorité parentale est exercée conjointement par le père et la mère.

·        Si les parents ne se sont pas mariés :

o       l'enfant n'est reconnu que par un seul des parents : l'autorité parentale est exercée par le parent qui a reconnu l'enfant ;

o       l'enfant est reconnu par les deux parents : s'il est reconnu avant l'âge d'un an et que les parents vivaient ensemble au moment de la reconnaissance, l'autorité parentale est exercée conjointement par les deux parents. Pour cela, un acte de communauté de vie doit leur être délivré par le juge aux affaires familiales (JAF). Si ces conditions ne sont pas remplies, la mère seule exerce l'autorité parentale ; toutefois, sur simple déclaration conjointe devant le JAF dont dépend leur domicile, l'autorité peut être exercée conjointement par les deux parents.


L'autorité parentale et l'administration

En principe, pour toutes les démarches administratives (autorisations, représentations, signatures) la volonté d'un seul parent suffit car il est supposé agir en accord avec l'autre.

En pratique, il arrive que l'administration "exige" la signature du père plutôt que de la mère, pour certaines autorisations décernées à un mineur. La mère de famille peut toujours opposer à cette exigence de l'administration son bon droit. Il lui suffira de rédiger sur papier libre la formule suivante : " je soussignée (nom, prénoms), atteste sur l'honneur n'être ni séparée, ni divorcée et en accord avec mon époux, autorise mon fils (ou ma fille), etc. " ; sans oublier de la dater et de la signer.


Bon à savoir
Les père et mère ne peuvent, sauf motif grave, faire obstacle aux relations personnelles de l'enfant avec ses grands-parents.

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samedi 21 novembre 2009

Il n'y a pas d'éducation sans autorité


Sans doute plus difficile à exercer aujourd'hui, l'autorité des parents reste le levier principal de l'éducation

Les parents démissionneraient, ne sauraient plus dire non à leurs enfants, faisant d’eux de véritables tyrans, incapables de supporter la moindre frustration, ou encore, dans les cas extrêmes, des délinquants… C’est du moins le discours caricatural qu’on entend parfois aujourd’hui. Selon un sondage CSA paru dans

La Croix

en novembre dernier, deux Français sur trois estimaient que «le contrôle insuffisant des parents sur les enfants» était la principale raison des violences urbaines qui sévissaient alors dans certaines banlieues.

Quand un enfant grandit avec difficulté, voire dérape, la faute en reviendrait nécessairement à ceux qui l’élèvent. Comme si toutes les défaillances – insuffisances, échecs, délits – d’un enfant n’étaient que la conséquence de celles de ses tuteurs légaux.

Quel crédit faut-il accorder à cette analyse, dont on sait qu’elle a ses adeptes dans certains milieux politiques ou religieux ? Comme ses collègues qui agissent sur le terrain, Françoise Coulon, psychologue clinicienne et animatrice bénévole d’un groupe de paroles à Marseille – réunissant parents musulmans et chrétiens –, ne croit pas à la thèse de l’unique responsabilité parentale et encore moins de la culpabilité. « De tels propos, insiste celle qui, en dix ans, a rencontré des centaines de pères et de mères, ne tiennent pas compte de la complexité de la relation éducative ni des multiples facteurs qui permettent qu’au final, des parents fassent autorité ».

«Personne n’a envie que son enfant devienne un hors-la-loi»

Avis partagé par tous ceux qui savent qu’un enfant n’est pas le résultat de la seule éducation familiale et de la bonne volonté des parents. Sinon, en effet, comment expliquer que, dans une même famille, il est des enfants qui roulent bien et à grande vitesse et d’autres qui s’immobilisent ou déraillent ? Plutôt que de parents démissionnaires, qui sauraient ce qu’ils ont à faire pour leur enfant et ne le feraient pas, sans doute faudrait-il parler du nombre croissant de parents démunis, découragés, dépassés par leur tâche. En mal d’autorité.

C’est en tout cas l’avis d’Alain Bruel, qui a fait toute sa carrière comme juge au tribunal pour enfants de Paris. Pour lui, à part quelques très rares cas, les parents ont le souci de bien faire avec leurs enfants, même si parfois ils n’en ont pas les moyens. « Personne n’a envie que son enfant devienne un hors-la-loi. »

C’est aussi la conviction de Jean-Marie Petitclerc, prêtre salésien et éducateur spécialisé qui, sur le terrain ou auprès des politiques de tout bord, martèle sans relâche : « Les parents et les éducateurs d’aujourd’hui ne sont pas pires que ceux d’hier. Les enfants et les jeunes non plus. En revanche, éduquer et grandir dans une société en mutation, comme est la nôtre, dans une société soumise au diktat de l’économie peut devenir, dans certains cas, mission quasi impossible. »

Notre société maintient cette illusion de toute-puissance de l'enfant

Visibles dans les cités des banlieues chaudes et dans les salles d’audience des tribunaux, ces situations limites n’en existent pas moins, souvent dissimulées, dans les milieux favorisés et protégés. Tant il est vrai que perdre sa crédibilité aux yeux de son enfant, ne plus avoir d’autorité sur lui, ça n’arrive pas qu’aux autres.

En témoigne cette conseillère du service téléphonique Inter-Service parents de l’École des parents (lire adresses ci-dessous) : « Les “bonnes familles” n’échappent pas aux problèmes d’autorité aujourd’hui. Souvent, c’est en pleurant que les parents me confient : “Vous savez, chez nous, on s’occupe des enfants, on ne leur laisse pas faire n’importe quoi, on a des valeurs. Alors, je ne comprends pas qu’il ou elle me traite comme un chien ou qu’il agisse de cette manière, n’accepte aucune contrainte, aucune remarque de notre part.” »

En fait, depuis toujours, un enfant pense que pour être heureux, la vie doit être facile et sans ombre, apporter sans effort richesse, confort et plaisir immédiat et sans limite. La tâche des parents et des éducateurs est précisément de les aider à sortir de cette illusion. Mais aujourd’hui, notre société occidentale, par les valeurs qu’elle promeut, ne maintient-elle pas cette illusion de toute-puissance chez l’enfant et le jeune, et parfois aussi chez les adultes qui sont censés les éduquer ?

L’urgence d’une solidarité éducative ne fait aucun doute

« S’opposer à son enfant, c’est normal pour un parent, explique Franck Louvier, père de quatre enfants, âgés de 12 ans à 22 ans. Devoir s’opposer à une société en défendant des valeurs à contre-courant de celles qui organisent la société, cela relève du grand art. » Et d’ajouter : « Mieux vaut être bien armé soi-même, si l’on veut garder le cap au milieu des turbulences. »

À constater le succès de librairie des guides d’éducation, la fréquentation de plus en plus nombreuse des groupes d’échange (lire ci-contre) ou encore les demandes d’aide à la parentalité, ce père de famille, engagé dans la pastorale familiale de son diocèse, ne doit pas être le seul à éprouver la nécessité de renforcer son autorité.

Reste que les parents, aussi bons soient-ils, ne peuvent pas être les seuls à poser les interdits et les limites, et à guider les enfants. « Il faut tout un village pour élever un enfant et le conduire à l’âge adulte », dit un proverbe africain. L’urgence d’une solidarité éducative ne fait aucun doute.

Agnès AUSCHITZKA

Repères

Apprendre le métier de parents

24 % des parents d’enfants de moins de 15 ans interrogés par TNS-Sofres pour le groupe

La Vie-Le Monde

(janvier 2005) sont « tout à fait d’accord » et 33 % sont assez d’accord pour dire que « pour être un bon parent, il ne suffit pas d’improviser et que cela devrait aussi s’apprendre ».

32 % pensent que c’est lorsque l’enfant est un bébé qu’ils ont le besoin de plus d’aide, contre 29 % lorsqu’il est adolescent.

Pour se faire aider

Associations familiales catholiques, Chantiers-éducation : 28, place Saint-Georges, 75009 Paris. Rens. : 01.48.74.87.60.

Le Cler, Amour et famille.

65, bd de Clichy, 75009 Paris. Tél. : 01.48.74.87.60.

L’École des parents (réseau de groupes de parole et de consultations psy dans toute

la France

, services d’écoute et de conseils téléphoniques). Fédération nationale : 5, impasse Bonsecours, 75011 Paris. Tél. : 01.44.93.44.88.

Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (REAP). Infos à la mairie et sur le site : www.familles.org

À lire

Ces enfants qui nous provoquent, Nicole Fabre, Éd. Fleurus, collection « Le métier de parents », 8,55 €.


Conseils à des parents d’ados, de Denis Sonet, ill. Brunor, Éd. Droguet et Ardant, 160 p., 13 €.


L’Autorité pourquoi, comment ? d’Anne Bacus, Éd. Marabout, 275 p., 8 €.

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vendredi 20 novembre 2009

Enfants surprotégés. Est-ce bon pour eux ?

Jean Epstein, psycho-sociologue spécialiste de l'enfance, répond à cette question.

Un enfant est d'abord constitué de 3 « boules » qu'il va devoir apprendre à maîtriser: l'amour, la culpabilité et les peurs. Il s'interroge : est-ce que je suis aimé tel que je suis ? est-ce que je suis responsable de ce qui se passe autour de moi, notamment des différends entre adultes ?

Et puis il a peur des situations nouvelles, peur du noir, peur des autres, peur de l'inconnu. Les peurs sont constitutives de l'enfant : il doit apprendre à les dominer pour devenir adulte. Pour cela il doit être confronté à des situations à risque mesurés. S'il est sur-protégé il n'apprend pas à maîtriser ses peurs.

Or, en raison de leurs propres peurs de l'environnement (pédophilie, risque routier, enlèvement, maladie..), les parents d'aujourd'hui ont de plus en plus tendance à protéger leurs enfants. Dans certains cas ils les enferment même dans un huis clos familial ; ce qui est profondément néfaste pour eux.

En effet, il est aujourd'hui prouvé que la sur protection parentale, et, de manière générale l'absence de confrontation à des dangers mesurés pendant l'enfance, cela donne des jeunes qui ont peur de leur environnement mais aussi des ados qui ont un maximum de conduites à risque extrêmes sans en mesurer la portée (jeu du foulard / risque routier/ course à l'alcoolémie....)

Mon conseil aux parents : confiance et vigilance. Le plus tôt possible il faut absolument laisser prendre des risques mesurés à ses enfants tout en ouvrant l'œil !

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jeudi 19 novembre 2009

Psychologie

La sexualité chez les bouts de chou

Psychologie

Emmanuelle Gril

Julie, 5 ans, s’amuse dans sa chambre avec Frédéric, un petit camarade du même âge. Soudain, sa mère ouvre la porte sans prévenir. Surprise! Les deux enfants sont en train de «jouer au docteur» et d’examiner attentivement leurs organes sexuels respectifs…

Ce type de situation est extrêmement fréquent, et rares sont les parents d’enfants de six ans et plus qui ne l’ont pas déjà vécue. Faut-il s’inquiéter et s’alarmer devant l’intérêt de ses petits bouts de chou pour les choses de la sexualité?

Absolument pas, car tout cela fait partie du processus normal du développement sexuel, aussi bien sur les plans physiologique que psychologique. Voici un bref tour d’horizon de cette grande aventure, qui commence dès que l’enfant vient au monde.

À la découverte de son corps

Dès sa naissance, le nourrisson est prêt à téter et entre de plain-pied dans le «stade oral». C’est par la bouche qu’il va éprouver ses premières satisfactions et sensations, entrer en communication avec le monde qui l’entoure. Il suce tout ce qui passe à sa portée : doigts, orteils, objets, le sein de sa mère, etc., et cette activité lui procure un grand bien-être.

Progressivement, l’enfant va investir d’autres parties de son corps, se concentrant désormais sur sa région anale, vers l’âge de 15 mois. Avec l’apprentissage de la propreté, il prend conscience des sensations agréables liées à l’évacuation de ses selles. La rétention ou l’expulsion de celles-ci lui permet également de découvrir le pouvoir qu’il a sur sa mère. Pouvoir de lui faire plaisir en laissant un «cadeau» dans le pot, ou de la contrarier en n’y laissant rien du tout!

Finalement, de deux ans et demi à six ans environ, c’est le moment où l’intérêt de l’enfant se déplace de ses fonctions anales vers ses organes génitaux. Il explore cette partie de son corps, intrigué par tout ce qui concerne la génitalité. C’est le stade phallique.

«Si on jouait au docteur?»

Comme le souligne Jocelyne Robert, sexologue, pédagogue et auteure de nombreux ouvrages sur la question: «Le développement psychosexuel à cet âge se caractérise par une multitude de manifestations. Fasciné de grandir, de connaître, d’expérimenter, l’enfant se préoccupe de sa naissance, est heureux d’enrichir son vocabulaire, se renforce dans son identité sexuelle en adoptant des rôles et des jeux qui l’épanouissent.»

C’est donc la période privilégiée pour aller à la découverte du corps de l’autre, car pour se conforter dans son identité sexuelle, l’enfant a besoin de voir, d’observer et de toucher. Ces jeux se pratiquent indifféremment entre frères et sœurs, cousins, cousines, copains, copines.

S’ils sont témoins d’une séance de «docteur», les parents n’ont aucune raison de s’inquiéter ou de projeter leurs angoisses d’adultes en imaginant les pires choses… En fait, il faut surtout éviter  de laisser une impression d’interdit aux acteurs de ces petits jeux, qui pourraient alors développer le sentiment d’avoir fait quelque chose de mal et de «sale».

En outre c’est également l’âge où, fille ou garçon, les enfants prennent plaisir à toucher leurs propres organes génitaux. Ces caresses éveillent chez eux trouble et curiosité, et peuvent servir à évacuer tensions et angoisses. Là encore, pas de panique, car c’est un processus normal qui dure plus ou moins longtemps.

En route vers la puberté

Plus le temps passe et plus la force d’attraction du clan unisexe s’effrite. Premiers baisers et premiers émois ouvrent des brèches de plus en plus grandes dans le mur qui sépare les deux sexes.

De 9 à 12 ans, l’enfant doit aussi commencer à apprivoiser l’idée de sa puberté prochaine, et l’anticipation de ces bouleversements peut causer bien des angoisses. La perspective des premières menstruations et de la naissance des seins pour les filles; des premières éjaculations et de la pilosité pour les garçons, ne les plongent pas toujours dans la gaieté…

«C’est une phase charnière, souligne Jocelyne Robert. L’enfant devient pudique et semble dégoûté par les choses sexuelles. C’est aussi la période où il a besoin, plus que jamais, de références masculines et féminines auxquelles s’identifier. Les jeunes de cet âge ont des idoles – acteurs, chanteurs, etc. – qu’ils vénèrent et à qui ils veulent par-dessus tout ressembler. C’est une façon de se reconnaître et de se faire reconnaître, en tant que garçon ou fille.»

Cette phase d’adhésion à des stéréotypes sexués joue un peu le même rôle que lorsque l’enfant est entré dans son clan unisexe. Il a besoin de développer son sentiment d’appartenance pour mieux s’affirmer et en quelque sorte s’affranchir…

Comment accompagner?

Il n’y a pas de recette miracle pour aider les enfants à traverser harmonieusement  les différentes phases de développement de leur sexualité. Jocelyne Robert précise toutefois que l’on met toutes les chances de son côté si l’on fait preuve de bon sens et que l’on demeure attentif.

«À mon avis, il faut avant tout effectuer un examen de conscience honnête. On doit faire le point sur l’éducation sexuelle que nous avons nous-même reçue, sur ce qui nous met mal à l’aise, sur les idées fausses que l’on a apprises, etc. Il faut être franc et tenter d’élucider pourquoi telle ou telle attitude de notre enfant nous gêne.» En effet, bien souvent, on accepte les choses «intellectuellement» - c’est-à-dire qu’on les comprend - mais elles continuent de nous déranger «émotivement». C’est pourquoi il est essentiel d’identifier et d’exprimer nos propres limites, pour ne pas en poser à notre enfant sans le vouloir…

«Il faut être très présent, et surtout avoir une oreille «en forme de cœur!», ajoute madame Robert. Tout se joue dans la façon dont s’effectue l’intervention des parents, qui doivent veiller à ne pas transmettre leurs propres angoisses. On doit également profiter des moments propices qui se présentent pour créer un dialogue sur la sexualité. Il est très important de ne pas l’extraire de la vie courante et de l’intégrer dans le cours naturel de l’existence.» Il y a en effet beaucoup d’occasions à saisir pour parler de sexualité avec ses enfants, mais on ne les voit pas toujours : une voisine enceinte, un film où un couple s’embrasse, etc. Aux parents de s’en servir pour faire passer le message, et ce avant l’adolescence, car alors, il sera un peu tard pour amorcer la communication.

«Bien souvent, les parents parlent de sexualité à leurs enfants pour la première fois en les prévenant des dangers des MTS, du SIDA, des abus sexuels, etc. C’est devenu notre prétexte pour parler de sexualité, parce qu’au fond, ça nous fait un peu peur», conclut Jocelyne Robert.

Pour en savoir plus

·                                 «Ma sexualité de 0 à 6 ans», Jocelyne Robert en collaboration avec Jo-Anne Jacob, Éditions de l’Homme, 1985

·                                 «Ma sexualité de 6 à 9 ans» et «Ma sexualité de 9 à 12 ans», Jocelyne Robert, Éditions de l’Homme, 1986

·                                 «Nos enfants et la sexualité», Maryse Damiens et Gisèle Ginsberg, Pocket, collection Parents-Enfants, 1995

·                                 «Parlez-leur d’amour… et de sexualité», Jocelyne Robert, Éditions de l’Homme, 1999

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mardi 17 novembre 2009

comment parler de sexualité (suiteet fin)

C'est la méthode utilisée en effet dans la plupart des manuels spécialisés. Cela paraît objectif, et par là même rassurant. Mais pour un enfant de 5 à 8 ans, les mots «spermatozoïdes», «ovules», «utérus», «trompes de Fallope», n'évoquent rien. Ils restent des mots abstraits, car ils ne correspondent pas à ce que l'enfant expérimente de son corps.

De plus, comme toute personne humaine, l'enfant ressent le corps comme son corps et pas comme un objet d'étude. L'apparente neutralité d'un langage médical, la froideur avec laquelle les mots scientifiques lui parlent de son corps comme d'une chose objective et sans mystère, ne peuvent que le mettre mal à l'aise.

Enfin, la connaissance des mécanismes de l'appareil reproducteur ne peut pas nous dire comment ni pourquoi on s'en servira. Qui peut prétendre que la connaissance du mode de fonctionnement du système digestif suffit à éviter l'indigestion ou la cirrhose ? Ce langage biologique aura son utilité plus tard, mais on ne peut s'en contenter, et faire l'impasse sur l'amour qui unit les personnes.

Alors, quel est le langage le plus adapté ?

L'analogie et la poésie. Nous l'utilisons d'ailleurs assez spontanément pour expliquer aux enfants une réalité inconnue d'eux en la comparant avec une chose connue. Ce langage symbolique est particulièrement adapté à l'enfant de 3-5 ans, très imaginatif, toujours prêt à s'émerveiller.

Ses questions viennent souvent de l'observation d'une maman enceinte : «Comment le bébé est installé dans ton ventre ?», par exemple. Sans raconter de fables, on peut déjà lui dire la vérité, en évitant les termes trop techniques qui ne signifient rien pour lui. On peut expliquer, par exemple, que le bébé est installé près du cœur de sa maman, comme dans un nid ou comme dans un berceau. Le «comme» est important : c'est «comme» un nid, mais ce n'est pas un nid.

«Et comment sort le bébé ?», demande l'enfant. - «Par un petit chemin réservé aux bébés.» - «Comment est-il rentré ?» - «Par le même chemin...» L'enfant de cet âge ayant surtout l'expérience de cette partie du corps par la fonction d'élimination, il arrive qu'il associe la naissance à quelque chose de sale ; il a besoin d'être rassuré : le chemin des bébés n'est pas le même que celui du pipi.

Mais un enfant de 8 ans ne se contente plus de ce genre de réponse...

Non, mais la poésie et le langage analogique ont toujours leur place. L'image de la graine de vie, par exemple, garde toute sa valeur pédagogique pour parler du rôle du père dans la conception, question plus insistante à cet âge.

C'est aussi le moment où garçons et filles sont très conscients de leurs différences - à nous de les aider à découvrir le sens de leur masculinité ou féminité, à leur donner le pourquoi de cette différence, en leur expliquant la complémentarité de l'homme et de la femme dans l'amour pour qu'ils puissent saisir cette vérité fondamentale : l'amour est une relation entre deux personnes complémentaires. Une relation parfois si forte qu'elle dépasse les mots et s'exprime par des gestes qui vont dire l'amour. Des gestes réservés aux parents, car ils expriment une communion et un don de soi que l'on ne peut choisir et vivre que lorsqu'on est «grand».

Voici une anecdote authentique qui peut illustrer ce que donne, à mon sens, une éducation sexuelle réussie.

La maman de Romain, 11 ans, sent qu'il est temps que le papa ait avec son fils une conversation «entre hommes». Le père, plutôt réservé, surmonte sa pudeur et prend son fils à part. Il lui parle très simplement mais très concrètement de la beauté de l'amour humain et de la responsabilité de son corps. L'enfant est profondément touché par les confidences de son père.

Quelques années plus tard, Romain, 17 ans, annonce à ses parents qu'il va passer la semaine de vacances chez un ami, et s'en va. Trois jours plus tard, retour inopiné : «Papa, j'ai fait une grosse c... Je t'ai menti : je n'étais pas chez un ami, mais chez une fille...»

C'est un bel exemple des fruits de la relation de confiance tissée jour après jour dans la famille, et de ces rencontres vraies entre parents et enfants.

(1) S'il te plaît, parle-moi de l'amour, par Inès Pélissié du Rausas (préface de Xavier Lacroix) Saint-Paul, 334 p., 125 F.

(2) Comment vraiment aimer votre enfant, par le Dr Ross Campbell, Orion. Du même auteur, chez le même éditeur : L'Adolescent, le défi de l'amour inconditionnel, et Les Enfants en colère.

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lundi 16 novembre 2009

et si l'enfant a ete blessé....

C'est pourquoi il faut parler tôt ! Avant que de telles situations ne se présentent, l'enfant doit savoir qu'on peut avoir une parole limpide sur ces sujets, que ce n'est pas tabou, que c'est beau.

Et si l'enfant a été blessé ?

Il peut être préférable d'attendre que l'émotion s'apaise, tout en promettant déjà à l'enfant que la réalité est belle, qu'elle n'est pas ce que raconte certains... On ne peut pas tout mélanger : comment parler de la beauté de l'amour à partir de comportements qui sont laids et ont blessé l'enfant !

Dans cette même optique, il me semble difficile de faire la prévention des atteintes sexuelles en même temps que l'éducation sexuelle de l'enfant. Ne confondons pas

la nécessaire formation de l'enfant à la prudence avec l'éducation sexuelle.

On ne parle pas de la même façon à un enfant de 4 ans qu'à un enfant de 9 ans ?

Non, car l'expérience qu'un enfant a de son corps n'est pas la même à 4, 7 ou 11 ans. Or il faut partir de cette expérience subjective pour ne pas être trop abstrait ni répondre à des questions qu'il ne se pose pas.

Peut-on partir des termes vulgaires que les enfants entendent à l'école ou à la télévision ?

Certaines expressions entendues peuvent être l'occasion de discussions, de mises au point, mais je ne pense pas qu'on puisse révéler la beauté de l'amour avec un langage grossier, car il dévalue l'amour et met l'enfant dans la confusion.

Sous couvert de lutte anti-sida, le langage pornographique s'est répandu, banalisé, et les mots de l'amour sont devenus sales. Il faut fuir cette complaisance démagogique, et utiliser un langage de vérité, proportionné à l'expérience du corps qu'ont les enfants, et à leur maturité.

Pourquoi ne pas partir de la sexualité animale ?

Admirer la perfection de la nature, oui. Mais comparer la sexualité animale et la sexualité humaine, attention ! Car l'homme est une personne. Le désir qui pousse l'homme et la femme l'un vers l'autre n'est pas seulement l'appel de la reproduction ou la soif de jouissance, même s'il est aussi cela. Il est surtout un attrait pour la personne de l'autre, pour cette personne : l'homme et la femme peuvent d'ailleurs se regarder lorsqu'ils s'aiment. Ce n'est pas le cas des animaux. De plus, la brutalité et la rapidité avec laquelle ceux-ci s'accouplent pourraient inquiéter et même dégoûter les enfants.

La solution n'est-elle pas d'utiliser le langage scientifique et d'appeler les choses par leur nom ?

Posté par Parichat à 08:58 - sujet d'actualité - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 14 novembre 2009

livre a commander absolument..

Résumé de l’ouvrage

Je ne voulais plus travailler pour uniquement gagner de l’argent pour vivre. Il fallait que je trouve autre chose à faire.

Je souhaitais voyager, découvrir le monde, connaître d’autres cultures, vivre et me sentir vivre. Je désirais m’occuper d’enfants en manque d’amour, blessés par la vie.

Savons-nous suffisamment combien la vie est un don?

Beaucoup de gens sont de plus en plus assistés et s'en satisfont. Ils ne veulent plus travailler, ne pensent qu’à être en vacances et à dépenser. Ils aiment manifester leur colère mais ne font rien pour s’en sortir.

« Chaque enfant est une étoile, il est unique et précieux, il est un don de Dieu. » Il faut savoir prendre du temps, sans contrainte, pour chaque enfant quel que soit son âge.

Je me rendais innocemment à un déjeuner qu'il avait organisé, dans le but de me faire rencontrer un certain Thomas qui pouvait m'aider........

Dans les semaines qui suivirent cette rencontre, touchée par son histoire, je décidai d’en savoir plus et acceptai l’invitation de rencontrer ses enfants…..

Pour le commander

Auteur : Laetitia Castelli

Titre : L’école de la vie

Prix : 12 euros

Editeur : société des écrivains (racheté par Publibook)

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vendredi 13 novembre 2009

comment parler de sexualité (suite)

Le psychiatre américain Ross Campbell l'explique merveilleusement (2) : faisons sentir à notre enfant que nous l'aimons de manière inconditionnelle, c'est-à-dire que nous l'aimons pour lui-même, pas pour sa beauté, ses résultats scolaires, ses prouesses au judo ou au piano. Le Dr Campbell dit que chaque enfant a un «réservoir émotionnel» qu'il convient de remplir par trois moyens : le contact visuel, le contact physique (voir encadré»Le «toucher de tendresse»«), et une attention concentrée, c'est-à-dire totale, sans distraction.

Nous transmettons notre amour par notre attitude, ce que nous disons, ce que nous faisons. Mais soyons persuadés que ce que nous faisons a plus de poids, car notre enfant est beaucoup plus affecté par nos actes que par nos mots. Nous transmettons également notre amour par le temps que nous passons avec nos enfants, en faisant avec eux ce qu'ils aiment, en les écoutant avec notre cœur et en leur faisant sentir que nous les comprenons même si nous ne sommes pas toujours d'accord.

Il faut quand même parler... A partir de quel âge ?

L'éducation sexuelle doit être prudente et progressive, mais précoce. Le mieux est de parler à l'enfant dès sa petite enfance, puis dans sa grande enfance, en tout cas avant la puberté, qui commence toujours plus tôt qu'on ne le croit... bien avant l'adolescence. Après, l'adolescent est moins accessible, plus pudique, et ne se tourne pas forcément vers ses parents pour ces questions-là !

Un enfant de 4-5 ans peut déjà comprendre, même s'il n'a pas les détails techniques, qu'il y a un langage du corps dans le domaine de l'amour, que les gestes de l'amour sont un langage. L'enfant a l'expérience que l'amour de son papa et de sa maman lui est donné par le corps : comme lui reçoit de l'amour à travers des câlins, des baisers, des gestes tendres de ses parents, il peut saisir qu'il existe une manière particulière et réservée pour un papa et une maman de se montrer l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre. Non seulement cela ne lui enlèvera pas son innocence, mais en le mettant dans la lumière, cela lui permettra, au moment où il le faudra, d'être plus sûr de lui et plus fort face aux «ténèbres».

Une règle d'or : parler une heure trop tôt vaut mieux que cinq minutes trop tard !

Et s'il est trop tard ?

Il n'est jamais trop tard, car rien n'est définitif avec un enfant. Et puis, il y a toujours tout notre amour de parents transmis à travers cette éducation silencieuse qui forme le cœur et l'affectivité de l'enfant.

On est souvent amené à aborder ces questions à partir de situations malsaines ou déviées : les enfants entendent des conversations grossières, voient des images qui les troublent...

Posté par Parichat à 08:53 - sujet d'actualité - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 12 novembre 2009

comment parler de sexualité (suite)

Mais la plupart du temps, l'enfant vit ce manque de pudeur comme une intrusion, une agression de son intimité. Les parents «nudistes à domicile» sont très étonnés de voir les garçons, entre 6 et 8 ans, devenir d'une pudeur maladive. Loin de permettre une plus grande intimité, la nudité partagée entre parents et enfants risque plutôt d'induire une confusion des rôles. Les psys reçoivent beaucoup de personnes qui ont souffert de l'étalage de la nudité de leurs parents.

Le corps, en réalité, n'est pas qu'une chose matérielle, il est le corps de la personne ; il a le droit au même respect.

Faut-il pour autant se boucler à double tour dans la salle de bain ?

Devant ces questions, Françoise Dolto propose un critère plein de bon sens : «Lorsque vous avez des amis chez vous, faites-vous du nudisme ?» - «Ah non !» - «Alors, ne le faites pas devant vos enfants... Comportez-vous devant eux comme devant des hôtes que vous respectez : n'ayez pas d'autres critères».

Ce conseil permet de vivre les situations courantes avec naturel. Etre aperçu dans sa douche, ou se promener nu entre la salle

de bain ou la chambre, ne présente pas de difficultés devant un enfant tout petit si l'attitude est simple, sans exhibitionnisme. Mais vient un moment où le regard de l'enfant change, devient plus curieux, et se met à isoler une partie du corps de sa totalité : c'est le temps de montrer plus de réserve, par égard pour sa sensibilité.

Attention à l'étalage et à la banalisation ! Faire n'importe quoi devant ses enfants n'est pas sans conséquences. Certains parents peuvent se mettre en situation de vivre l'inceste sans s'en rendre compte. Sans aller jusque-là, ils peuvent choquer leur enfant, comme le père de cette adolescente acculée à demander à un membre de sa famille : «Tante Sophie, s'il te plaît, pourrais-tu demander à Papa de ne plus venir dans mon lit le matin. J'ai 13 ans maintenant !»

Comment créer un climat d'intimité tout en maintenant cette distance nécessaire ?

Deux attitudes font obstacle à une véritable intimité : celle des «parents copains», qui partagent tout avec leurs enfants - ils finissent par ne plus être les guides dont les enfants ont besoin ; celle des parents trop sévères, qui risquent de créer un climat de méfiance réciproque, et dont la pudeur excessive, sous prétexte de respect du corps, manifeste une attitude négative à son égard.

Le meilleur moyen de créer un climat d'intimité et de confiance est de montrer notre amour de parents à nos enfants. Ce qui n'est pas toujours évident. Tous les parents aiment leurs enfants, mais peu savent exprimer, manifester cet amour.

Posté par Parichat à 08:50 - sujet d'actualité - Commentaires [0] - Permalien [#]
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