EDUCATION ET AIDE HUMANITAIRE

Education, Société et Expérience Humanitaire

lundi 23 novembre 2009

Autorité parentale

L'autorité parentale est l'ensemble des droits et des devoirs des parents à l'égard de leurs enfants mineurs dans le but de les élever et de les protéger physiquement et moralement.

Qui détient l'autorité parentale ?

  • Pendant le mariage : elle est détenue conjointement par le père et la mère.

  • En cas de divorce : l'exercice en commun de l'autorité parentale est maintenu. Le juge peut toutefois confier l'autorité parentale à l'un des deux parents (en principe celui chez lequel l'enfant réside habituellement), s'il estime que c'est dans l'intérêt de l'enfant.

  • En cas de décès : le conjoint survivant est investi de l'autorité parentale. Dans le cas d'un enfant naturel, l'exercice de cette autorité aura lieu sous le contrôle du juge des tutelles (pour l'éventuelle protection de son patrimoine).

Si les deux parents décèdent, une tutelle est ouverte et le conseil de famille ainsi que le tuteur sont investis de cette autorité.

  • En cas d'enfant naturel :

Deux cas sont à distinguer :

·        Si les parents se sont mariés, l'autorité parentale est exercée conjointement par le père et la mère.

·        Si les parents ne se sont pas mariés :

o       l'enfant n'est reconnu que par un seul des parents : l'autorité parentale est exercée par le parent qui a reconnu l'enfant ;

o       l'enfant est reconnu par les deux parents : s'il est reconnu avant l'âge d'un an et que les parents vivaient ensemble au moment de la reconnaissance, l'autorité parentale est exercée conjointement par les deux parents. Pour cela, un acte de communauté de vie doit leur être délivré par le juge aux affaires familiales (JAF). Si ces conditions ne sont pas remplies, la mère seule exerce l'autorité parentale ; toutefois, sur simple déclaration conjointe devant le JAF dont dépend leur domicile, l'autorité peut être exercée conjointement par les deux parents.


L'autorité parentale et l'administration

En principe, pour toutes les démarches administratives (autorisations, représentations, signatures) la volonté d'un seul parent suffit car il est supposé agir en accord avec l'autre.

En pratique, il arrive que l'administration "exige" la signature du père plutôt que de la mère, pour certaines autorisations décernées à un mineur. La mère de famille peut toujours opposer à cette exigence de l'administration son bon droit. Il lui suffira de rédiger sur papier libre la formule suivante : " je soussignée (nom, prénoms), atteste sur l'honneur n'être ni séparée, ni divorcée et en accord avec mon époux, autorise mon fils (ou ma fille), etc. " ; sans oublier de la dater et de la signer.


Bon à savoir
Les père et mère ne peuvent, sauf motif grave, faire obstacle aux relations personnelles de l'enfant avec ses grands-parents.

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samedi 21 novembre 2009

Il n'y a pas d'éducation sans autorité


Sans doute plus difficile à exercer aujourd'hui, l'autorité des parents reste le levier principal de l'éducation

Les parents démissionneraient, ne sauraient plus dire non à leurs enfants, faisant d’eux de véritables tyrans, incapables de supporter la moindre frustration, ou encore, dans les cas extrêmes, des délinquants… C’est du moins le discours caricatural qu’on entend parfois aujourd’hui. Selon un sondage CSA paru dans

La Croix

en novembre dernier, deux Français sur trois estimaient que «le contrôle insuffisant des parents sur les enfants» était la principale raison des violences urbaines qui sévissaient alors dans certaines banlieues.

Quand un enfant grandit avec difficulté, voire dérape, la faute en reviendrait nécessairement à ceux qui l’élèvent. Comme si toutes les défaillances – insuffisances, échecs, délits – d’un enfant n’étaient que la conséquence de celles de ses tuteurs légaux.

Quel crédit faut-il accorder à cette analyse, dont on sait qu’elle a ses adeptes dans certains milieux politiques ou religieux ? Comme ses collègues qui agissent sur le terrain, Françoise Coulon, psychologue clinicienne et animatrice bénévole d’un groupe de paroles à Marseille – réunissant parents musulmans et chrétiens –, ne croit pas à la thèse de l’unique responsabilité parentale et encore moins de la culpabilité. « De tels propos, insiste celle qui, en dix ans, a rencontré des centaines de pères et de mères, ne tiennent pas compte de la complexité de la relation éducative ni des multiples facteurs qui permettent qu’au final, des parents fassent autorité ».

«Personne n’a envie que son enfant devienne un hors-la-loi»

Avis partagé par tous ceux qui savent qu’un enfant n’est pas le résultat de la seule éducation familiale et de la bonne volonté des parents. Sinon, en effet, comment expliquer que, dans une même famille, il est des enfants qui roulent bien et à grande vitesse et d’autres qui s’immobilisent ou déraillent ? Plutôt que de parents démissionnaires, qui sauraient ce qu’ils ont à faire pour leur enfant et ne le feraient pas, sans doute faudrait-il parler du nombre croissant de parents démunis, découragés, dépassés par leur tâche. En mal d’autorité.

C’est en tout cas l’avis d’Alain Bruel, qui a fait toute sa carrière comme juge au tribunal pour enfants de Paris. Pour lui, à part quelques très rares cas, les parents ont le souci de bien faire avec leurs enfants, même si parfois ils n’en ont pas les moyens. « Personne n’a envie que son enfant devienne un hors-la-loi. »

C’est aussi la conviction de Jean-Marie Petitclerc, prêtre salésien et éducateur spécialisé qui, sur le terrain ou auprès des politiques de tout bord, martèle sans relâche : « Les parents et les éducateurs d’aujourd’hui ne sont pas pires que ceux d’hier. Les enfants et les jeunes non plus. En revanche, éduquer et grandir dans une société en mutation, comme est la nôtre, dans une société soumise au diktat de l’économie peut devenir, dans certains cas, mission quasi impossible. »

Notre société maintient cette illusion de toute-puissance de l'enfant

Visibles dans les cités des banlieues chaudes et dans les salles d’audience des tribunaux, ces situations limites n’en existent pas moins, souvent dissimulées, dans les milieux favorisés et protégés. Tant il est vrai que perdre sa crédibilité aux yeux de son enfant, ne plus avoir d’autorité sur lui, ça n’arrive pas qu’aux autres.

En témoigne cette conseillère du service téléphonique Inter-Service parents de l’École des parents (lire adresses ci-dessous) : « Les “bonnes familles” n’échappent pas aux problèmes d’autorité aujourd’hui. Souvent, c’est en pleurant que les parents me confient : “Vous savez, chez nous, on s’occupe des enfants, on ne leur laisse pas faire n’importe quoi, on a des valeurs. Alors, je ne comprends pas qu’il ou elle me traite comme un chien ou qu’il agisse de cette manière, n’accepte aucune contrainte, aucune remarque de notre part.” »

En fait, depuis toujours, un enfant pense que pour être heureux, la vie doit être facile et sans ombre, apporter sans effort richesse, confort et plaisir immédiat et sans limite. La tâche des parents et des éducateurs est précisément de les aider à sortir de cette illusion. Mais aujourd’hui, notre société occidentale, par les valeurs qu’elle promeut, ne maintient-elle pas cette illusion de toute-puissance chez l’enfant et le jeune, et parfois aussi chez les adultes qui sont censés les éduquer ?

L’urgence d’une solidarité éducative ne fait aucun doute

« S’opposer à son enfant, c’est normal pour un parent, explique Franck Louvier, père de quatre enfants, âgés de 12 ans à 22 ans. Devoir s’opposer à une société en défendant des valeurs à contre-courant de celles qui organisent la société, cela relève du grand art. » Et d’ajouter : « Mieux vaut être bien armé soi-même, si l’on veut garder le cap au milieu des turbulences. »

À constater le succès de librairie des guides d’éducation, la fréquentation de plus en plus nombreuse des groupes d’échange (lire ci-contre) ou encore les demandes d’aide à la parentalité, ce père de famille, engagé dans la pastorale familiale de son diocèse, ne doit pas être le seul à éprouver la nécessité de renforcer son autorité.

Reste que les parents, aussi bons soient-ils, ne peuvent pas être les seuls à poser les interdits et les limites, et à guider les enfants. « Il faut tout un village pour élever un enfant et le conduire à l’âge adulte », dit un proverbe africain. L’urgence d’une solidarité éducative ne fait aucun doute.

Agnès AUSCHITZKA

Repères

Apprendre le métier de parents

24 % des parents d’enfants de moins de 15 ans interrogés par TNS-Sofres pour le groupe

La Vie-Le Monde

(janvier 2005) sont « tout à fait d’accord » et 33 % sont assez d’accord pour dire que « pour être un bon parent, il ne suffit pas d’improviser et que cela devrait aussi s’apprendre ».

32 % pensent que c’est lorsque l’enfant est un bébé qu’ils ont le besoin de plus d’aide, contre 29 % lorsqu’il est adolescent.

Pour se faire aider

Associations familiales catholiques, Chantiers-éducation : 28, place Saint-Georges, 75009 Paris. Rens. : 01.48.74.87.60.

Le Cler, Amour et famille.

65, bd de Clichy, 75009 Paris. Tél. : 01.48.74.87.60.

L’École des parents (réseau de groupes de parole et de consultations psy dans toute

la France

, services d’écoute et de conseils téléphoniques). Fédération nationale : 5, impasse Bonsecours, 75011 Paris. Tél. : 01.44.93.44.88.

Réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (REAP). Infos à la mairie et sur le site : www.familles.org

À lire

Ces enfants qui nous provoquent, Nicole Fabre, Éd. Fleurus, collection « Le métier de parents », 8,55 €.


Conseils à des parents d’ados, de Denis Sonet, ill. Brunor, Éd. Droguet et Ardant, 160 p., 13 €.


L’Autorité pourquoi, comment ? d’Anne Bacus, Éd. Marabout, 275 p., 8 €.

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mardi 17 novembre 2009

comment parler de sexualité (suiteet fin)

C'est la méthode utilisée en effet dans la plupart des manuels spécialisés. Cela paraît objectif, et par là même rassurant. Mais pour un enfant de 5 à 8 ans, les mots «spermatozoïdes», «ovules», «utérus», «trompes de Fallope», n'évoquent rien. Ils restent des mots abstraits, car ils ne correspondent pas à ce que l'enfant expérimente de son corps.

De plus, comme toute personne humaine, l'enfant ressent le corps comme son corps et pas comme un objet d'étude. L'apparente neutralité d'un langage médical, la froideur avec laquelle les mots scientifiques lui parlent de son corps comme d'une chose objective et sans mystère, ne peuvent que le mettre mal à l'aise.

Enfin, la connaissance des mécanismes de l'appareil reproducteur ne peut pas nous dire comment ni pourquoi on s'en servira. Qui peut prétendre que la connaissance du mode de fonctionnement du système digestif suffit à éviter l'indigestion ou la cirrhose ? Ce langage biologique aura son utilité plus tard, mais on ne peut s'en contenter, et faire l'impasse sur l'amour qui unit les personnes.

Alors, quel est le langage le plus adapté ?

L'analogie et la poésie. Nous l'utilisons d'ailleurs assez spontanément pour expliquer aux enfants une réalité inconnue d'eux en la comparant avec une chose connue. Ce langage symbolique est particulièrement adapté à l'enfant de 3-5 ans, très imaginatif, toujours prêt à s'émerveiller.

Ses questions viennent souvent de l'observation d'une maman enceinte : «Comment le bébé est installé dans ton ventre ?», par exemple. Sans raconter de fables, on peut déjà lui dire la vérité, en évitant les termes trop techniques qui ne signifient rien pour lui. On peut expliquer, par exemple, que le bébé est installé près du cœur de sa maman, comme dans un nid ou comme dans un berceau. Le «comme» est important : c'est «comme» un nid, mais ce n'est pas un nid.

«Et comment sort le bébé ?», demande l'enfant. - «Par un petit chemin réservé aux bébés.» - «Comment est-il rentré ?» - «Par le même chemin...» L'enfant de cet âge ayant surtout l'expérience de cette partie du corps par la fonction d'élimination, il arrive qu'il associe la naissance à quelque chose de sale ; il a besoin d'être rassuré : le chemin des bébés n'est pas le même que celui du pipi.

Mais un enfant de 8 ans ne se contente plus de ce genre de réponse...

Non, mais la poésie et le langage analogique ont toujours leur place. L'image de la graine de vie, par exemple, garde toute sa valeur pédagogique pour parler du rôle du père dans la conception, question plus insistante à cet âge.

C'est aussi le moment où garçons et filles sont très conscients de leurs différences - à nous de les aider à découvrir le sens de leur masculinité ou féminité, à leur donner le pourquoi de cette différence, en leur expliquant la complémentarité de l'homme et de la femme dans l'amour pour qu'ils puissent saisir cette vérité fondamentale : l'amour est une relation entre deux personnes complémentaires. Une relation parfois si forte qu'elle dépasse les mots et s'exprime par des gestes qui vont dire l'amour. Des gestes réservés aux parents, car ils expriment une communion et un don de soi que l'on ne peut choisir et vivre que lorsqu'on est «grand».

Voici une anecdote authentique qui peut illustrer ce que donne, à mon sens, une éducation sexuelle réussie.

La maman de Romain, 11 ans, sent qu'il est temps que le papa ait avec son fils une conversation «entre hommes». Le père, plutôt réservé, surmonte sa pudeur et prend son fils à part. Il lui parle très simplement mais très concrètement de la beauté de l'amour humain et de la responsabilité de son corps. L'enfant est profondément touché par les confidences de son père.

Quelques années plus tard, Romain, 17 ans, annonce à ses parents qu'il va passer la semaine de vacances chez un ami, et s'en va. Trois jours plus tard, retour inopiné : «Papa, j'ai fait une grosse c... Je t'ai menti : je n'étais pas chez un ami, mais chez une fille...»

C'est un bel exemple des fruits de la relation de confiance tissée jour après jour dans la famille, et de ces rencontres vraies entre parents et enfants.

(1) S'il te plaît, parle-moi de l'amour, par Inès Pélissié du Rausas (préface de Xavier Lacroix) Saint-Paul, 334 p., 125 F.

(2) Comment vraiment aimer votre enfant, par le Dr Ross Campbell, Orion. Du même auteur, chez le même éditeur : L'Adolescent, le défi de l'amour inconditionnel, et Les Enfants en colère.

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lundi 16 novembre 2009

et si l'enfant a ete blessé....

C'est pourquoi il faut parler tôt ! Avant que de telles situations ne se présentent, l'enfant doit savoir qu'on peut avoir une parole limpide sur ces sujets, que ce n'est pas tabou, que c'est beau.

Et si l'enfant a été blessé ?

Il peut être préférable d'attendre que l'émotion s'apaise, tout en promettant déjà à l'enfant que la réalité est belle, qu'elle n'est pas ce que raconte certains... On ne peut pas tout mélanger : comment parler de la beauté de l'amour à partir de comportements qui sont laids et ont blessé l'enfant !

Dans cette même optique, il me semble difficile de faire la prévention des atteintes sexuelles en même temps que l'éducation sexuelle de l'enfant. Ne confondons pas

la nécessaire formation de l'enfant à la prudence avec l'éducation sexuelle.

On ne parle pas de la même façon à un enfant de 4 ans qu'à un enfant de 9 ans ?

Non, car l'expérience qu'un enfant a de son corps n'est pas la même à 4, 7 ou 11 ans. Or il faut partir de cette expérience subjective pour ne pas être trop abstrait ni répondre à des questions qu'il ne se pose pas.

Peut-on partir des termes vulgaires que les enfants entendent à l'école ou à la télévision ?

Certaines expressions entendues peuvent être l'occasion de discussions, de mises au point, mais je ne pense pas qu'on puisse révéler la beauté de l'amour avec un langage grossier, car il dévalue l'amour et met l'enfant dans la confusion.

Sous couvert de lutte anti-sida, le langage pornographique s'est répandu, banalisé, et les mots de l'amour sont devenus sales. Il faut fuir cette complaisance démagogique, et utiliser un langage de vérité, proportionné à l'expérience du corps qu'ont les enfants, et à leur maturité.

Pourquoi ne pas partir de la sexualité animale ?

Admirer la perfection de la nature, oui. Mais comparer la sexualité animale et la sexualité humaine, attention ! Car l'homme est une personne. Le désir qui pousse l'homme et la femme l'un vers l'autre n'est pas seulement l'appel de la reproduction ou la soif de jouissance, même s'il est aussi cela. Il est surtout un attrait pour la personne de l'autre, pour cette personne : l'homme et la femme peuvent d'ailleurs se regarder lorsqu'ils s'aiment. Ce n'est pas le cas des animaux. De plus, la brutalité et la rapidité avec laquelle ceux-ci s'accouplent pourraient inquiéter et même dégoûter les enfants.

La solution n'est-elle pas d'utiliser le langage scientifique et d'appeler les choses par leur nom ?

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vendredi 13 novembre 2009

comment parler de sexualité (suite)

Le psychiatre américain Ross Campbell l'explique merveilleusement (2) : faisons sentir à notre enfant que nous l'aimons de manière inconditionnelle, c'est-à-dire que nous l'aimons pour lui-même, pas pour sa beauté, ses résultats scolaires, ses prouesses au judo ou au piano. Le Dr Campbell dit que chaque enfant a un «réservoir émotionnel» qu'il convient de remplir par trois moyens : le contact visuel, le contact physique (voir encadré»Le «toucher de tendresse»«), et une attention concentrée, c'est-à-dire totale, sans distraction.

Nous transmettons notre amour par notre attitude, ce que nous disons, ce que nous faisons. Mais soyons persuadés que ce que nous faisons a plus de poids, car notre enfant est beaucoup plus affecté par nos actes que par nos mots. Nous transmettons également notre amour par le temps que nous passons avec nos enfants, en faisant avec eux ce qu'ils aiment, en les écoutant avec notre cœur et en leur faisant sentir que nous les comprenons même si nous ne sommes pas toujours d'accord.

Il faut quand même parler... A partir de quel âge ?

L'éducation sexuelle doit être prudente et progressive, mais précoce. Le mieux est de parler à l'enfant dès sa petite enfance, puis dans sa grande enfance, en tout cas avant la puberté, qui commence toujours plus tôt qu'on ne le croit... bien avant l'adolescence. Après, l'adolescent est moins accessible, plus pudique, et ne se tourne pas forcément vers ses parents pour ces questions-là !

Un enfant de 4-5 ans peut déjà comprendre, même s'il n'a pas les détails techniques, qu'il y a un langage du corps dans le domaine de l'amour, que les gestes de l'amour sont un langage. L'enfant a l'expérience que l'amour de son papa et de sa maman lui est donné par le corps : comme lui reçoit de l'amour à travers des câlins, des baisers, des gestes tendres de ses parents, il peut saisir qu'il existe une manière particulière et réservée pour un papa et une maman de se montrer l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre. Non seulement cela ne lui enlèvera pas son innocence, mais en le mettant dans la lumière, cela lui permettra, au moment où il le faudra, d'être plus sûr de lui et plus fort face aux «ténèbres».

Une règle d'or : parler une heure trop tôt vaut mieux que cinq minutes trop tard !

Et s'il est trop tard ?

Il n'est jamais trop tard, car rien n'est définitif avec un enfant. Et puis, il y a toujours tout notre amour de parents transmis à travers cette éducation silencieuse qui forme le cœur et l'affectivité de l'enfant.

On est souvent amené à aborder ces questions à partir de situations malsaines ou déviées : les enfants entendent des conversations grossières, voient des images qui les troublent...

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jeudi 12 novembre 2009

comment parler de sexualité (suite)

Mais la plupart du temps, l'enfant vit ce manque de pudeur comme une intrusion, une agression de son intimité. Les parents «nudistes à domicile» sont très étonnés de voir les garçons, entre 6 et 8 ans, devenir d'une pudeur maladive. Loin de permettre une plus grande intimité, la nudité partagée entre parents et enfants risque plutôt d'induire une confusion des rôles. Les psys reçoivent beaucoup de personnes qui ont souffert de l'étalage de la nudité de leurs parents.

Le corps, en réalité, n'est pas qu'une chose matérielle, il est le corps de la personne ; il a le droit au même respect.

Faut-il pour autant se boucler à double tour dans la salle de bain ?

Devant ces questions, Françoise Dolto propose un critère plein de bon sens : «Lorsque vous avez des amis chez vous, faites-vous du nudisme ?» - «Ah non !» - «Alors, ne le faites pas devant vos enfants... Comportez-vous devant eux comme devant des hôtes que vous respectez : n'ayez pas d'autres critères».

Ce conseil permet de vivre les situations courantes avec naturel. Etre aperçu dans sa douche, ou se promener nu entre la salle

de bain ou la chambre, ne présente pas de difficultés devant un enfant tout petit si l'attitude est simple, sans exhibitionnisme. Mais vient un moment où le regard de l'enfant change, devient plus curieux, et se met à isoler une partie du corps de sa totalité : c'est le temps de montrer plus de réserve, par égard pour sa sensibilité.

Attention à l'étalage et à la banalisation ! Faire n'importe quoi devant ses enfants n'est pas sans conséquences. Certains parents peuvent se mettre en situation de vivre l'inceste sans s'en rendre compte. Sans aller jusque-là, ils peuvent choquer leur enfant, comme le père de cette adolescente acculée à demander à un membre de sa famille : «Tante Sophie, s'il te plaît, pourrais-tu demander à Papa de ne plus venir dans mon lit le matin. J'ai 13 ans maintenant !»

Comment créer un climat d'intimité tout en maintenant cette distance nécessaire ?

Deux attitudes font obstacle à une véritable intimité : celle des «parents copains», qui partagent tout avec leurs enfants - ils finissent par ne plus être les guides dont les enfants ont besoin ; celle des parents trop sévères, qui risquent de créer un climat de méfiance réciproque, et dont la pudeur excessive, sous prétexte de respect du corps, manifeste une attitude négative à son égard.

Le meilleur moyen de créer un climat d'intimité et de confiance est de montrer notre amour de parents à nos enfants. Ce qui n'est pas toujours évident. Tous les parents aiment leurs enfants, mais peu savent exprimer, manifester cet amour.

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mercredi 11 novembre 2009

comment parler de sexualité (suite)

Nous voulons leur montrer, avec leurs mots à eux, que la relation amoureuse se vit avec un grand respect de la personne de l'autre - sentent-ils ce respect entre leurs parents ? Nous voulons leur parler de la beauté du corps - sentent-ils que nous reconnaissons une valeur positive au corps, dans la manière de le nourrir, d'en prendre soin, comme de le mettre en valeur ? Ou à l'inverse, cachons-nous le corps comme une réalité honteuse ? Le traitons-nous un peu n'importe comment, comme une chose banale, négligeable ?

Comment des parents peuvent-ils montrer leur amour conjugal ?

En n'ayant pas peur d'échanger des gestes de tendresse devant leurs enfants - ce n'est pas évident pour certains, élevés dans l'idée qu'il est trivial de montrer ses sentiments. Par exemple : offrir des fleurs, dire un mot tendre, se prendre la main, se tenir par l'épaule, s'embrasser délicatement, se parler avec douceur, se regarder avec affection... Toutes ces manifestations de la tendresse des parents remplissent les enfants de joie et les rassurent. Ces gestes leur apprennent déjà que l'amour, qui vient du cœur, peut être montré grâce au corps. Une pudeur excessive, une réserve systématique, risquent de laisser croire à l'enfant que les gestes du corps sont suspects.

Jusqu'où peut-on aller dans le dévoilement de cette intimité ?

Les enfants n'ont pas à entrer dans l'intimité de la relation conjugale. Certains parents pensent qu'il n'y a rien à cacher. Mais cela ne peut être que très perturbant pour un enfant : non parce que cette relation est honteuse ou mauvaise, mais parce que la relation filiale n'est pas la relation conjugale.

Celle-ci ne concerne, dans ses manifestations spécifiques, que ceux qui en sont les protagonistes. L'enfant, compte tenu de l'expérience du corps qui est la sienne, ne peut pas comprendre la portée des gestes qu'accomplissent ses parents. Il a besoin de sentir que cette intimité conjugale existe, et qu'elle a de la valeur, mais pas de la voir.

Ainsi, la chambre est le lieu de cette intimité, qu'il faut faire respecter. On peut très bien l'expliquer : «Notre chambre n'est pas un moulin, c'est un lieu réservé à Papa et Maman. Tu frappes avant d'entrer, s'il te plaît !»

Est-il indifférent de se promener nu chez soi ?

On ne transmet pas une conception positive du corps en l'exhibant comme une chose banale. La génération post-68 a eu tendance à banaliser ce qui était considéré comme tabou dans les générations précédentes : le corps est présenté alors comme «naturel», au sens d'une réalité purement matérielle, et la relation sexuelle comme une simple fonction biologique, au même titre que l'acte de manger ou de boire. Alors, on partage tout avec ses enfants : soucis, bains, lit... Et on se promène tout nu à la maison.

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mardi 10 novembre 2009

La vie et l'amour, comment leur en parler ?

Comment parler de la sexualité à nos enfants ? Faut-il donner des réponses poétiques, ou des informations techniques ? Les parents sont souvent désemparés, démunis, gênés. Pourtant, «il faut oser parler à ses enfants», assure Inès Pélissié du Rausas. Cette mère de quatre enfants, docteur en philosophie, vient de publier un livre concret et complet sur le sujet (1). Entretien.

Agnès Flepp

Pourquoi est-ce si difficile de parler de sexualité à ses enfants ?

Cela paraît paradoxal dans notre monde surinformé et soi-disant libéré des tabous, mais c'est toujours vrai : nous, parents, sommes la plupart du temps désemparés pour aborder ces sujets avec nos enfants.

Souvent, ce malaise vient de l'éducation, du fait par exemple que beaucoup de pères n'ont rien reçu sur le sujet... mais pas seulement. C'est difficile parce que cela touche à la relation que les parents ont entre eux, à leur intimité, à leur histoire d'amour. Nous avons la pudeur de cette intimité.

La difficulté vient aussi de nos propres blessures, «de notre regard qui manque à la lumière» selon la belle expression de Gustave Thibon. Alors, nous avons peur de faire perdre à nos enfants une certaine «innocence».

Pourtant, la réalité dont nous voulons parler est belle ! Et si elles sont bien préparées, ces conversations sur l'amour et la vie deviennent des moments très heureux, des temps privilégiés d'intimité partagée qui peuvent marquer profondément l'enfant et l'orienter de façon déterminante pour sa vie d'adulte.

Les parents sont-ils les mieux placés pour évoquer ces sujets ?

Oui, en tout cas avant l'adolescence. Ce sont eux qui connaissent le mieux leurs enfants, leur psychologie, leur maturité, leur forme de pudeur, etc. De plus, ils offrent une sécurité affective à l'enfant, propice à l'échange sur des sujets intimes. Enfin, un enfant a besoin d'une réponse qui le rassure sur son origine. Or, son origine, c'est justement l'histoire d'amour de ses parents !

Comment préparer ces conversations ?

Les gestes, les attitudes du quotidien, la façon de vivre et de se comporter ensemble, créent un climat qui constitue une éducation silencieuse à l'amour. Les enfants sentent très tôt la cohérence - ou la non-cohérence - entre ce que nous disons et ce que nous vivons en famille. Avant de leur parler de l'amour, et de la beauté de l'amour humain, sentent-ils que Papa et Maman s'aiment ?

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lundi 9 novembre 2009

comment parler de sexualité (suite)

père peut parler «avec une extrême délicatesse, mais de façon claire et au moment opportun» (3). Cette notion de «moment opportun» est capitale : tous les enfants n'ont pas besoin de recevoir les mêmes informations au même âge ; cela dépend de leur sexe, de ce qu'ils ont pu voir et entendre, de ce qu'ils ont déjà compris (parfois de travers !), de leurs centres d'intérêt, etc.

La période que Jean-Paul II appelle les «années de l'innocence» ne doit «en aucun cas être troublée par une information sexuelle que rien ne nécessite» (4). Cela dit, il faut aussi être vigilant afin de pouvoir clarifier sans attendre ce qui est troublant, parce que erroné ou mal assimilé.

Si nous entendions les conversations sur les cours de récréation, nous serions peut-être surpris ! Sans exagérer les difficultés - les «années de l'innocence» sont encore préservées chez de nombreux enfants -, il faut aussi être attentifs, et ne pas nous bercer d'illusions : soyons conscients de ce qu'entendent nos enfants... et de ce qu'ils disent ! Ne les imaginons pas trop vite comme des anges de pureté au milieu d'un univers dévoyé. Les parents qui viennent se plaindre auprès des institutrices des expressions ou des gestes grossiers que leur petit chéri a rapportés de l'école ne se rendent pas toujours compte que le petit chéri en question est peut-être le premier à s'en régaler et à les colporter allégrement (même - et surtout - si on ne parle jamais de "ces choses-là" à la maison).

Lorsque la famille n'assure pas la formation adéquate, parce que les parents se sentent démunis, ou parce qu'ils n'ont pas conscience de ce qui trotte dans la tête de leurs enfants, ceux-ci cherchent à se renseigner ailleurs... c'est-à-dire, en général, aux plus mauvais endroits : dans des magazines, à la télévision, sur Internet ; si eux-mêmes n'y ont pas accès, ils trouvent toujours dans leur classe, ou dans les classes au-dessus, un copain "branché".

Les images et les "réponses" qui circulent ainsi peuvent faire des dégâts considérables, surtout si l'enfant n'ose rien en dire à ses parents. Il vaut mieux, alors, qu'il puisse en parler avec son institutrice, qui remettra les choses au clair. Et lorsqu'un enfant est élevé sans son père, l'école est parfois le seul endroit où il peut entendre une voix masculine sur le sujet (par exemple un médecin qui intervient ponctuellement), ce dont il a grand besoin.

On peut déplorer la généralisation de l'éducation sexuelle à l'école primaire, d'autant plus que - ne soyons pas naïfs - un des buts avoués de cette information est de «lutter contre l'homophobie» en présentant l'homosexualité comme un choix équivalent au mariage entre un homme et une femme (5).

Pour autant, ne montons pas sur nos grands chevaux ! Ne commençons pas par sortir nos griffes et nos plans de bataille. Beaucoup d'enseignants confrontés à ce que leur impose l'Education nationale ont vraiment à cœur de ne pas aller contre l'éducation que nous donnons en famille, et ne demandent qu'à collaborer étroitement avec tous les parents conscients de l'enjeu de cette formation. A nous de saisir cette opportunité !

(1) Cf. Circulaire n° 2003-027 du 17 février 2003 (www.education.gouv.fr). (2) Vérité et signification de la sexualité humaine, document du Conseil pontifical pour la famille

(1995), § 41 (www.vatican.va). (3) Id. § 64 à 76. (4) Id. § 78. (5) Voir par exemple les "conseils pédagogiques" donnés sur le site http://homoedu.free.fr.

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dimanche 8 novembre 2009

film à voir absolument...

[...]"Avec François-Hugues de Vaumas à la production, nous avons pris le risque de distribuer « D’une seule voix » en salle, film sur lequel nous travaillons depuis quatre ans. Nous avons pensé, en faisant cela, qu’il avait le potentiel de susciter des réflexions importantes sur l’idée du « vivre ensemble » et de plaire à des publics divers, sensibles à cette démarche. Bénéficiant donc d’une exposition nationale à partir de novembre, il nous faut maintenant votre aide pour le recommander auprès d’un maximum de personnes : notre seule chance de réussir ce pari est de créer un bouche-à-oreille complice, rapide et efficace. [...]

 

Nous vous proposons plusieurs actions concrètes :

1-      Visitez le site officiel du film : www.duneseulevoix-lefilm.com 

2-      Inscrivez-vous sur le site en tant qu’Ambassadeur du film (soutien actif en Ile de France ou en régions pour des actions locales de promotion - distribution de flyers, affichage, activation de réseaux…) 

3-      Rejoignez la page « fan » sur Facebook : www.facebook.com/pages/Dune-seule-voix/91632658832

4-      Forwardez ce message à vos contacts.

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