EDUCATION ET AIDE HUMANITAIRE

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mardi 16 septembre 2008

Benoît XVI rencontre le monde de la culture au Collège des Bernardins

12/09/2008 17.29.00

Deuxième étape marquante de son voyage apostolique en France, Benoît XVI est arrivé au Collège des Bernardins où l'attendaient 700 personnalités du monde de la culture française. Parmi les invités, des représentants de l'Union Européenne et de l'UNESCO et des représentants de la communauté musulmane de France.

Benoît XVI doit prononcer le deuxième discours de la journée. Un discours très attendu.

Texte intégral du discours :

Monsieur le Cardinal,
Madame le Ministre de la Culture,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Chancelier de l’Institut,
Chers amis,

Merci, Monsieur le Cardinal, pour vos aimables paroles. Nous nous trouvons dans un lieu historique, lieu édifié par les fils de saint Bernard de Clairvaux et que votre prédécesseur, le regretté Cardinal Jean-Marie Lustiger, a voulu comme un centre de dialogue de la Sagesse chrétienne avec les courants culturels intellectuels et artistiques de votre société. Je salue particulièrement Madame le Ministre de la Culture qui représente le gouvernement, ainsi que Messieurs Giscard d’Estaing et Chirac. J’adresse également mes salutations aux ministres présents, aux représentants de l’UNESCO, à Monsieur le Maire de Paris et à toutes les autorités. Je ne veux pas oublier mes collègues de l’Institut de France qui savent ma considération et je désire remercier le Prince de Broglie de ses paroles cordiales. Nous nous reverrons demain matin. Je remercie les délégués de la communauté musulmane française d’avoir accepté de participer à cette rencontre ; je leur adresse mes vœux les meilleurs en ce temps du ramadan. Mes salutations chaleureuses vont maintenant tout naturellement vers l’ensemble du monde multiforme de la culture que vous représentez si dignement, chers invités.

J’aimerais vous parler ce soir des origines de la théologie occidentale et des racines de la culture européenne. J’ai mentionné en ouverture que le lieu où nous nous trouvons était emblématique. Il est lié à la culture monastique. De jeunes moines ont ici vécu pour s’initier profondément à leur vocation et pour bien vivre leur mission. Ce lieu, évoque-t-il pour nous encore quelque chose ou n’y rencontrons-nous qu’un monde désormais révolu ? Pour pouvoir répondre, nous devons réfléchir un instant sur la nature même du monachisme occidental. De quoi s’agissait-il alors ? En considérant les fruits historiques du monachisme, nous pouvons dire qu’au cours de la grande fracture culturelle, provoquée par la migration des peuples et par la formation des nouveaux ordres étatiques, les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l’antique culture et où, en puisant à ces derniers, se forma petit à petit une culture nouvelle. Comment cela s’est-il passé ? Quelle était la motivation des personnes qui se réunissaient en ces lieux ? Quelles étaient leurs désirs ? Comment ont-elles vécu ?

Avant toute chose, il faut reconnaître avec beaucoup de réalisme que leur volonté n’était pas de créer une culture nouvelle ni de conserver une culture du passé. Leur motivation était beaucoup plus simple. Leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. On dit que leur être était tendu vers l’« eschatologie ». Mais cela ne doit pas être compris au sens chronologique du terme - comme s’ils vivaient les yeux tournés vers la fin du monde ou vers leur propre mort - mais au sens existentiel : derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif. Quaerere Deum : comme ils étaient chrétiens, il ne s’agissait pas d’une aventure dans un désert sans chemin, d’une recherche dans l’obscurité absolue. Dieu lui-même a placé des bornes milliaires, mieux, il a aplani la voie, et leur tâche consistait à la trouver et à la suivre. Cette voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait Dom Jean Leclercq : eschatologie et grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l’une de l’autre (cf. L’amour des lettres et le désir de Dieu, p.14). Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions. Puisque dans la parole biblique Dieu est en chemin vers nous et nous vers Lui, ils devaient apprendre à pénétrer le secret de la langue, à la comprendre dans sa structure et dans ses usages. Ainsi, en raison même de la recherche de Dieu, les sciences profanes, qui nous indiquent les chemins vers la langue, devenaient importantes. La bibliothèque faisait, à ce titre, partie intégrante du monastère tout comme l’école. Ces deux lieux ouvraient concrètement un chemin vers la parole. Saint Benoît appelle le monastère une dominici servitii schola, une école du service du Seigneur. L’école et la bibliothèque assuraient la formation de la raison et l’eruditio, sur la base de laquelle l’homme apprend à percevoir au milieu des paroles, la Parole.

Pour avoir une vision d’ensemble de cette culture de la parole liée à la recherche de Dieu, nous devons faire un pas supplémentaire. La Parole qui ouvre le chemin de la recherche de Dieu et qui est elle-même ce chemin, est une Parole qui donne naissance à une communauté. Elle remue certes jusqu’au fond d’elle-même chaque personne en particulier (cf. Ac 2, 37). Grégoire le Grand décrit cela comme une douleur forte et inattendue qui secoue notre âme somnolente et nous réveille pour nous rendre attentifs à Dieu (cf. Leclercq, ibid., p. 35). Mais elle nous rend aussi attentifs les uns aux autres. La Parole ne conduit pas uniquement sur la voie d’une mystique individuelle, mais elle nous introduit dans la communauté de tous ceux qui cheminent dans la foi. C’est pourquoi il faut non seulement réfléchir sur la Parole, mais également la lire de façon juste. Tout comme à l’école rabbinique, chez les moines, la lecture accomplie par l’un d’eux est également un acte corporel. « Le plus souvent, quand legere et lectio sont employés sans spécification, ils désignent une activité qui, comme le chant et l’écriture, occupe tout le corps et tout l’esprit », dit à ce propos Dom Leclercq (ibid., p. 21).

Il y a encore un autre pas à faire. La Parole de Dieu elle-même nous introduit dans un dialogue avec Lui. Le Dieu qui parle dans la Bible nous enseigne comment nous pouvons Lui parler. En particulier, dans le Livre des Psaumes, il nous donne les mots avec lesquelles nous pouvons nous adresser à Lui. Dans ce dialogue, nous Lui présentons notre vie, avec ses hauts et ses bas, et nous la transformons en un mouvement vers Lui. Les Psaumes contiennent en plusieurs endroits des instructions sur la façon dont ils doivent être chantés et accompagnés par des instruments musicaux. Pour prier sur la base de la Parole de Dieu, la seule labialisation ne suffit pas, la musique est nécessaire. Deux chants de la liturgie chrétienne dérivent de textes bibliques qui les placent sur les lèvres des Anges : le Gloria qui est chanté une première fois par les Anges à la naissance de Jésus, et le Sanctus qui, selon Isaïe 6, est l’acclamation des Séraphins qui se tiennent dans la proximité immédiate de Dieu. Sous ce jour, la Liturgie chrétienne est une invitation à chanter avec les anges et à donner à la parole sa plus haute fonction. À ce sujet, écoutons encore une fois Jean Leclercq : « Les moines devaient trouver des accents qui traduisent le consentement de l’homme racheté aux mystères qu’il célèbre : les quelques chapiteaux de Cluny qui nous aient été conservés montrent les symboles christologiques des divers tons du chant » (cf. ibid., p. 229).
Pour saint Benoît, la règle déterminante de la prière et du chant des moines est la parole du Psaume : Coram angelis psallam Tibi, Domine – en présence des anges, je veux te chanter, Seigneur (cf. 138, 1). Se trouve ici exprimée la conscience de chanter, dans la prière communautaire, en présence de toute la cour céleste, et donc d’être soumis à la mesure suprême : prier et chanter pour s’unir à la musique des esprits sublimes qui étaient considérés comme les auteurs de l’harmonie du cosmos, de la musique des sphères. Les moines, par leurs prières et leurs chants, doivent correspondre à la grandeur de la Parole qui leur est confiée, à son impératif de réelle beauté. De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés, est née la grande musique occidentale. Ce n’était pas là l’œuvre d’une « créativité » personnelle où l’individu, prenant comme critère essentiel la représentation de son propre moi, s’érige un monument à lui-même. Il s’agissait plutôt de reconnaître attentivement avec les « oreilles du cœur » les lois constitutives de l’harmonie musicale de la création, les formes essentielles de la musique émise par le Créateur dans le monde et en l’homme, et d’inventer une musique digne de Dieu qui soit, en même temps, authentiquement digne de l’homme et qui proclame hautement cette dignité.

Enfin, pour s’efforcer de saisir cette culture monastique occidentale de la parole, qui s’est développée à partir de la quête intérieure de Dieu, il faut au moins faire une brève allusion à la particularité du Livre ou des Livres par lesquels cette Parole est parvenue jusqu’aux moines. Vue sous un aspect purement historique ou littéraire, la Bible n’est pas un simple livre, mais un recueil de textes littéraires dont la rédaction s’étend sur plus d’un millénaire et dont les différents livres ne sont pas facilement repérables comme constituant un corpus unifié. Au contraire, des tensions visibles existent entre eux. C’est déjà le cas dans la Bible d’Israël, que nous, chrétiens, appelons l’Ancien Testament. Ça l’est plus encore quand nous, chrétiens, lions le Nouveau Testament et ses écrits à la Bible d’Israël en l’interprétant comme chemin vers le Christ. Avec raison, dans le Nouveau Testament, la Bible n’est pas de façon habituelle appelée « l’Écriture » mais « les Écritures » qui, cependant, seront ensuite considérées dans leur ensemble comme l’unique Parole de Dieu qui nous est adressée. Ce pluriel souligne déjà clairement que la Parole de Dieu nous parvient seulement à travers la parole humaine, à travers des paroles humaines, c’est-à-dire que Dieu nous parle seulement dans l’humanité des hommes, et à travers leurs paroles et leur histoire. Cela signifie, ensuite, que l’aspect divin de la Parole et des paroles n’est pas immédiatement perceptible. Pour le dire de façon moderne : l’unité des livres bibliques et le caractère divin de leurs paroles ne sont pas saisissables d’un point de vue purement historique. L’élément historique se présente dans le multiple et l’humain. Ce qui explique la formulation d’un distique médiéval qui, à première vue, apparaît déconcertant : Littera gesta docet – quid credas allegoria…(cf. Augustin de Dacie, Rotulus pugillaris, I). La lettre enseigne les faits ; l’allégorie ce qu’il faut croire, c’est-à-dire l’interprétation christologique et pneumatique.
   Nous pouvons exprimer tout cela d’une manière plus simple : l’Écriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle est vécue. En elle seulement, elle a son unité et, en elle, se révèle le sens qui unifie le tout. Dit sous une autre forme : il existe des dimensions du sens de la Parole et des paroles qui se découvrent uniquement dans la communion vécue de cette Parole qui crée l’histoire. À travers la perception croissante de la pluralité de ses sens, la Parole n’est pas dévalorisée, mais elle apparaît, au contraire, dans toute sa grandeur et sa dignité. C’est pourquoi le « Catéchisme de l’Église catholique » peut affirmer avec raison que le christianisme n’est pas au sens classique seulement une religion du livre (cf. n. 108). Le christianisme perçoit dans les paroles la Parole, le Logos lui-même, qui déploie son mystère à travers cette multiplicité. Cette structure particulière de la Bible est un défi toujours nouveau posé à chaque génération. Selon sa nature, elle exclut tout ce qu’on appelle aujourd’hui « fondamentalisme ». La Parole de Dieu, en effet, n’est jamais simplement présente dans la seule littéralité du texte. Pour l’atteindre, il faut un dépassement et un processus de compréhension qui se laisse guider par le mouvement intérieur de l’ensemble des textes et, à partir de là, doit devenir également un processus vital. Ce n’est que dans l’unité dynamique de leur ensemble que les nombreux livres ne forment qu’un Livre. La Parole de Dieu et Son action dans le monde se révèlent dans la parole et dans l’histoire humaines.

Le caractère crucial de ce thème est éclairé par les écrits de saint Paul. Il a exprimé de manière radicale ce que signifie le dépassement de la lettre et sa compréhension holistique, dans la phrase : « La lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » (2 Co 3, 6). Et encore : « Là où est l’Esprit…, là est la liberté » (2 Co 3, 17). Toutefois, la grandeur et l’ampleur de cette perception de la Parole biblique ne peut se comprendre que si l’on écoute saint Paul jusqu’au bout, en apprenant que cet Esprit libérateur a un nom et que, de ce fait, la liberté a une mesure intérieure : « Le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté » (2 Co 3, 17). L’Esprit qui rend libre ne se laisse pas réduire à l’idée ou à la vision personnelle de celui qui interprète. L’Esprit est Christ, et le Christ est le Seigneur qui nous montre le chemin. Avec cette parole sur l’Esprit et sur la liberté, un vaste horizon s’ouvre, mais en même temps, une limite claire est mise à l’arbitraire et à la subjectivité, limite qui oblige fortement l’individu tout comme la communauté et noue un lien supérieur à celui de la lettre du texte : le lien de l’intelligence et de l’amour. Cette tension entre le lien et la liberté, qui va bien au-delà du problème littéraire de l’interprétation de l’Écriture, a déterminé aussi la pensée et l’œuvre du monachisme et a profondément modelé la culture occidentale. Cette tension se présente à nouveau à notre génération comme un défi face aux deux pôles que sont, d’un côté, l’arbitraire subjectif, de l’autre, le fanatisme fondamentaliste. Si la culture européenne d’aujourd’hui comprenait désormais la liberté comme l’absence totale de liens, cela serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l’arbitraire. L’absence de liens et l’arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction.
En considérant « l’école du service du Seigneur » - comme Benoît appelait le monachisme -, nous avons jusque là porté notre attention prioritairement sur son orientation vers la parole, vers l’« ora ». Et, de fait, c’est à partir de là que se détermine l’ensemble de la vie monastique. Mais notre réflexion resterait incomplète, si nous ne fixions pas aussi notre regard, au moins brièvement, sur la deuxième composante du monachisme, désignée par le terme « labora ». Dans le monde grec, le travail physique était considéré comme l’œuvre des esclaves. Le sage, l’homme vraiment libre, se consacrait uniquement aux choses de l’esprit ; il abandonnait le travail physique, considéré comme une réalité inférieure, à ces hommes qui n’étaient pas supposés atteindre cette existence supérieure, celle de l’esprit. La tradition juive était très différente : tous les grands rabbins exerçaient parallèlement un métier artisanal. Paul, comme rabbi puis comme héraut de l’Évangile aux Gentils, était un fabricant de tentes et il gagnait sa vie par le travail de ses mains. Il n’était pas une exception, mais il se situait dans la tradition commune du rabbinisme. Le monachisme chrétien a accueilli cette tradition : le travail manuel en est un élément constitutif. Dans sa Regula, Benoît ne parle pas au sens strict de l’école, même si l’enseignement et l’apprentissage – comme nous l’avons vu – étaient acquis dans les faits ; en revanche, il parle explicitement du travail (cf. chap. 48). Augustin avait fait de même en consacrant au travail des moines un livre particulier. Les chrétiens, s’inscrivant dans la tradition pratiquée depuis longtemps par le judaïsme, devaient, en outre, se sentir interpelés par la parole de Jésus dans l’Évangile de Jean, où il défendait son action le jour du shabbat : « Mon Père (…) est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre » (5, 17). Le monde gréco-romain ne connaissait aucun Dieu Créateur. La divinité suprême selon leur vision ne pouvait pas, pour ainsi dire, se salir les mains par la création de la matière. « L’ordonnancement » du monde était le fait du démiurge, une divinité subordonnée. Le Dieu de la Bible est bien différent : Lui, l’Un, le Dieu vivant et vrai, est également le Créateur. Dieu travaille, Il continue d’œuvrer dans et sur l’histoire des hommes. Et dans le Christ, Il entre comme Personne dans l’enfantement laborieux de l’histoire. « Mon Père est toujours à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre ». Dieu Lui-même est le Créateur du monde, et la création n’est pas encore achevée. Dieu travaille ! C’est ainsi que le travail des hommes devait apparaître comme une expression particulière de leur ressemblance avec Dieu qui rend l’homme participant à l’œuvre créatrice de Dieu dans le monde. Sans cette culture du travail qui, avec la culture de la parole, constitue le monachisme, le développement de l’Europe, son ethos et sa conception du monde sont impensables. L’originalité de cet ethos devrait cependant faire comprendre que le travail et la détermination de l’histoire par l’homme sont une collaboration avec le Créateur, qui ont en Lui leur mesure. Là où cette mesure vient à manquer et là où l’homme s’élève lui-même au rang de créateur déiforme, la transformation du monde peut facilement aboutir à sa destruction.

Nous sommes partis de l’observation que, dans l’effondrement de l’ordre ancien et des antiques certitudes, l’attitude de fond des moines était le quaerere Deum - se mettre à la recherche de Dieu. C’est là, pourrions-nous dire, l’attitude vraiment philosophique : regarder au-delà des réalités pénultièmes et se mettre à la recherche des réalités ultimes qui sont vraies. Celui qui devenait moine, s’engageait sur un chemin élevé et long, il était néanmoins déjà en possession de la direction : la Parole de la Bible dans laquelle il écoutait Dieu parler. Dès lors, il devait s’efforcer de Le comprendre pour pouvoir aller à Lui. Ainsi, le cheminement des moines, tout en restant impossible à évaluer dans sa progression, s’effectuait au cœur de la Parole reçue. La quête des moines comprend déjà en soi, dans une certaine mesure, sa résolution. Pour que cette recherche soit possible, il est nécessaire qu’il existe dans un premier temps un mouvement intérieur qui suscite non seulement la volonté de chercher, mais qui rende aussi crédible le fait que dans cette Parole se trouve un chemin de vie, un chemin de vie sur lequel Dieu va à la rencontre de l’homme pour lui permettre de venir à Sa rencontre. En d’autres termes, l’annonce de la Parole est nécessaire. Elle s’adresse à l’homme et forge en lui une conviction qui peut devenir vie. Afin que s’ouvre un chemin au cœur de la parole biblique en tant que Parole de Dieu, cette même Parole doit d’abord être annoncée ouvertement. L’expression classique de la nécessité pour la foi chrétienne de se rendre communicable aux autres se résume dans une phrase de la Première Lettre de Pierre, que la théologie médiévale regardait comme le fondement biblique du travail des théologiens : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte (logos) de l’espérance qui est en vous » (3, 15). (Logos doit devenir apo-logie, la Parole doit devenir réponse). De fait, les chrétiens de l’Église naissante ne considéraient pas leur annonce missionnaire comme une propagande qui devait servir à augmenter l’importance de leur groupe, mais comme une nécessité intrinsèque qui dérivait de la nature de leur foi. Le Dieu en qui ils croyaient était le Dieu de tous, le Dieu Un et Vrai qui s’était fait connaître au cours de l’histoire d’Israël et, finalement, à travers son Fils, apportant ainsi la réponse qui concernait tous les hommes et, qu’au plus profond d’eux-mêmes, tous attendent. L’universalité de Dieu et l’universalité de la raison ouverte à Lui constituaient pour eux la motivation et, à la fois, le devoir de l’annonce. Pour eux, la foi ne dépendait pas des habitudes culturelles, qui sont diverses selon les peuples, mais relevait du domaine de la vérité qui concerne, de manière égale, tous les hommes.

Le schéma fondamental de l’annonce chrétienne ad extra - aux hommes qui, par leurs questionnements, sont en recherche – se dessine dans le discours de saint Paul à l’Aréopage. N’oublions pas qu’à cette époque, l’Aréopage n’était pas une sorte d’académie où les esprits les plus savants se rencontraient pour discuter sur les sujets les plus élevés, mais un tribunal qui était compétent en matière de religion et qui devait s’opposer à l’intrusion de religions étrangères. C’est précisément ce dont on accuse Paul : « On dirait un prêcheur de divinités étrangères » (Ac 17, 18). Ce à quoi Paul réplique : « J’ai trouvé chez vous un autel portant cette inscription : "Au dieu inconnu". Or, ce que vous vénérez sans le connaître, je viens vous l’annoncer » (cf. 17, 23). Paul n’annonce pas des dieux inconnus. Il annonce Celui que les hommes ignorent et pourtant connaissent : l’Inconnu-Connu. C’est Celui qu’ils cherchent, et dont, au fond, ils ont connaissance et qui est cependant l’Inconnu et l’Inconnaissable. Au plus profond, la pensée et le sentiment humains savent de quelque manière que Dieu doit exister et qu’à l’origine de toutes choses, il doit y avoir non pas l’irrationalité, mais la Raison créatrice, non pas le hasard aveugle, mais la liberté. Toutefois, bien que tous les hommes le sachent d’une certaine façon – comme Paul le souligne dans la Lettre aux Romains (1, 21) – cette connaissance demeure ambigüe : un Dieu seulement pensé et élaboré par l’esprit humain n’est pas le vrai Dieu. Si Lui ne se montre pas, quoi que nous fassions, nous ne parvenons pas pleinement jusqu’à Lui. La nouveauté de l’annonce chrétienne c’est la possibilité de dire maintenant à tous les peuples : Il s’est montré, Lui personnellement. Et à présent, le chemin qui mène à Lui est ouvert. La nouveauté de l’annonce chrétienne réside en un fait : Dieu s’est révélé. Ce n’est pas un fait nu mais un fait qui, lui-même, est Logos – présence de la Raison éternelle dans notre chair. Verbum caro factum est (Jn 1, 14) : il en est vraiment ainsi en réalité, à présent, le Logos est là, le Logos est présent au milieu de nous. C’est un fait rationnel. Cependant, l’humilité de la raison sera toujours nécessaire pour pouvoir l’accueillir. Il faut l’humilité de l’homme pour répondre à l’humilité de Dieu.

Sous de nombreux aspects, la situation actuelle est différente de celle que Paul a rencontrée à Athènes, mais, tout en étant différente, elle est aussi, en de nombreux points, très analogue. Nos villes ne sont plus remplies d’autels et d’images représentant de multiples divinités. Pour beaucoup, Dieu est vraiment devenu le grand Inconnu. Malgré tout, comme jadis où derrière les nombreuses représentations des dieux était cachée et présente la question du Dieu inconnu, de même, aujourd’hui, l’actuelle absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui Le concerne. Quaerere Deum – chercher Dieu et se laisser trouver par Lui : cela n’est pas moins nécessaire aujourd’hui que par le passé. Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves. Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable.
Merci beaucoup.

Posté par Parichat à 08:00 - Les clins d’œil du Seigneur - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 15 septembre 2008

Benoît XVI : "Le sourire de Marie s'adresse à tous ceux qui souffrent"

15/09/2008 11.28.52


Dernière étape importante de son dixième voyage apostolique en France, le Pape a présidé ce lundi matin une messe pour les malades à Lourdes. Dans son homélie, Benoît XVI a invité les personnes souffrantes à confier leurs douleurs à la Vierge. Le "sourire de Marie s'adresse tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu'ils puissent y trouver le réconfort et l'apaisement" a dit le Pape dans son homélie.

Texte intégral de l'homélie de Benoît XVI pour la messe avec les malades à Lourdes, le 15 septembre 2008

Chers frères dans l'Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers malades, chers accompagnateurs et hospitaliers,

Chers frères et sœurs !
Nous avons célébré hier la Croix du Christ, l'instrument de notre Salut, qui nous révèle dans toute sa plénitude la miséricorde de notre Dieu. La Croix est en effet le lieu où se manifeste de façon parfaite la compassion de Dieu pour notre monde. Aujourd'hui, en célébrant la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, nous contemplons Marie qui partage la compassion de son Fils pour les pécheurs. Comme l'affirme saint Bernard, la Mère du Christ est entrée dans la Passion de son Fils par sa compassion (cf. Homélie pour le dimanche dans l'Octave de l'Assomption). Au pied de la Croix se réalise la prophétie de Syméon : son cœur de mère est transpercé (cf. Lc 2, 35) par le supplice infligé à l'Innocent, né de sa chair. Comme Jésus a pleuré (cf. Jn 11,35), Marie a certainement elle aussi pleuré devant le corps torturé de son enfant. La discrétion de Marie nous empêche de mesurer l'abîme de sa douleur ; la profondeur de cette affliction est seulement suggérée par le symbole traditionnel des sept glaives. Comme pour son Fils Jésus, il est possible de dire que cette souffrance l'a conduite elle aussi à sa perfection (cf. Hb 2, 10), pour la rendre capable d'accueillir la nouvelle mission spirituelle que son Fils lui confie juste avant de « remettre l'esprit » (cf. Jn 19, 30): devenir la mère du Christ en ses membres. En cette heure, à travers la figure du disciple bien-aimé, Jésus présente chacun de ses disciples à sa Mère en lui disant : « Voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).
Marie est aujourd'hui dans la joie et la gloire de la Résurrection. Les larmes qui étaient les siennes au pied de la Croix se sont transformées en un sourire que rien n’effacera tandis que sa compassion maternelle envers nous demeure intacte. L'intervention secourable de la Vierge Marie au cours de l'histoire l'atteste et ne cesse de susciter à son égard, dans le peuple de Dieu, une confiance inébranlable : la prière du Souvenez-vous exprime très bien ce sentiment. Marie aime chacun de ses enfants, portant d'une façon particulière son attention sur ceux qui, comme son Fils à l'heure de sa Passion, sont en proie à la souffrance ; elle les aime tout simplement parce qu'ils sont ses fils, selon la volonté du Christ sur la Croix.
Le psalmiste, percevant de loin ce lien maternel qui unit la Mère du Christ et le peuple croyant, prophétise au sujet de la Vierge Marie que « les plus riches du peuple … quêteront ton sourire » (Ps 44, 13). Ainsi, à l'instigation de la Parole inspirée de l'Écriture, les chrétiens ont-ils depuis toujours quêté le sourire de Notre Dame, ce sourire que les artistes, au Moyen-âge, ont su si prodigieusement représenter et mettre en valeur. Ce sourire de Marie est pour tous ; il s'adresse cependant tout spécialement à ceux qui souffrent afin qu'ils puissent y trouver le réconfort et l'apaisement. Rechercher le sourire de Marie n'est pas le fait d'un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l'expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère.

Désirer contempler ce sourire de la Vierge, ce n'est pas se laisser mener par une imagination incontrôlée. L'Écriture elle-même nous le dévoile sur les lèvres de Marie lorsqu'elle chante le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Quand la Vierge Marie rend grâce au Seigneur, elle nous prend à témoin. Marie partage, comme par anticipation, avec ses futurs enfants que nous sommes, la joie qui habite son cœur, pour qu'elle devienne la nôtre. Chaque récitation du Magnificat fait de nous des témoins de son sourire. Ici à Lourdes, au cours de l'apparition qui eut lieu le mercredi 3 mars 1858, Bernadette contempla de manière toute particulière ce sourire de Marie. Celui-ci fut la première réponse que la Belle Dame donna à la jeune voyante qui voulait connaître son identité. Avant de se présenter à elle, quelques jours plus tard, comme « l'Immaculée Conception », Marie lui fit d'abord connaître son sourire, comme étant la porte d'entrée la plus appropriée à la révélation de son mystère.



Dans le sourire de la plus éminente de toutes les créatures, tournée vers nous, se reflète notre dignité d'enfants de Dieu, cette dignité qui n'abandonne jamais celui qui est malade. Ce sourire, vrai reflet de la tendresse de Dieu, est la source d'une espérance invincible. Nous le savons malheureusement : la souffrance endurée rompt les équilibres les mieux assurés d'une vie, ébranle les assises les plus fermes de la confiance et en vient parfois même à faire désespérer du sens et de la valeur de la vie. Il est des combats que l'homme ne peut soutenir seul, sans l'aide de la grâce divine. Quand la parole ne sait plus trouver de mots justes, s'affirme le besoin d'une présence aimante : nous recherchons alors la proximité non seulement de ceux qui partagent le même sang ou qui nous sont liés par l'amitié, mais aussi la proximité de ceux qui nous sont intimes par le lien de la foi. Qui pourraient nous être plus intimes que le Christ et sa sainte Mère, l'Immaculée ? Plus que tout autre, ils sont capables de nous comprendre et de saisir la dureté du combat mené contre le mal et la souffrance. La Lettre aux Hébreux dit à propos du Christ, qu'il « n'est pas incapable de partager notre faiblesse ; car en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous » (cf. Hb 4, 15). Je souhaiterais dire, humblement, à ceux qui souffrent et à ceux qui luttent et sont tentés de tourner le dos à la vie : tournez-vous vers Marie ! Dans le sourire de la Vierge se trouve mystérieusement cachée la force de poursuivre le combat contre la maladie et pour la vie. Auprès d'elle se trouve également la grâce d'accepter, sans crainte ni amertume, de quitter ce monde, à l'heure voulue par Dieu.



Comme elle était juste l'intuition de cette belle figure spirituelle française, Dom Jean-Baptiste Chautard, qui, dans L'âme de tout apostolat, proposait au chrétien ardent de fréquentes « rencontres de regard avec la Vierge Marie » ! Oui, quêter le sourire de la Vierge Marie n'est pas un pieux enfantillage, c'est l'aspiration, dit le Psaume 44, de ceux qui sont « les plus riches du peuple » (v. 13). « Les plus riches », c'est-à-dire dans l'ordre de la foi, ceux qui ont la maturité spirituelle la plus élevée et savent précisément reconnaître leur faiblesse et leur pauvreté devant Dieu. En cette manifestation toute simple de tendresse qu'est un sourire, nous saisissons que notre seule richesse est l'amour que Dieu nous porte et qui passe par le cœur de celle qui est devenue notre Mère. Quêter ce sourire, c'est d'abord cueillir la gratuité de l'amour ; c'est aussi savoir provoquer ce sourire par notre effort pour vivre selon la Parole de son Fils Bien-aimé, tout comme un enfant cherche à faire naître le sourire de sa mère en faisant ce qui lui plaît. Et nous savons ce qui plaît à Marie grâce aux paroles qu'elle adressa aux serviteurs à Cana : « Faites tout ce qu'il vous dira » (cf. Jn 2, 5).
Le sourire de Marie est une source d'eau vive. « Celui qui croit en moi, dit Jésus, des fleuves d'eau vive jailliront de son cœur » (Jn 7, 38). Marie est celle qui a cru, et, de son sein, ont jailli des fleuves d'eau vive qui viennent irriguer l'histoire des hommes. La source indiquée, ici, à Lourdes, par Marie à Bernadette est l'humble signe de cette réalité spirituelle. De son cœur de croyante et de mère, jaillit une eau vive qui purifie et qui guérit. En se plongeant dans les piscines de Lourdes, combien n'ont-ils pas découvert et expérimenté la douce maternité de la Vierge Marie, s'attachant à elle pour mieux s'attacher au Seigneur ! Dans la séquence liturgique de cette fête de Notre-Dame des Douleurs, Marie est honorée sous le titre de « Fons amoris », «Source d'amour ». Du cœur de Marie, sourd, en effet, un amour gratuit qui suscite en réponse un amour filial, appelé à s'affiner sans cesse. Comme toute mère et mieux que toute mère, Marie est l'éducatrice de l'amour. C'est pourquoi tant de malades viennent ici, à Lourdes, pour se désaltérer auprès du « Fons amoris » et pour se laisser conduire à l'unique source du salut, son Fils, Jésus le Sauveur.

Le Christ dispense son Salut à travers les Sacrements et, tout spécialement, aux personnes qui souffrent de maladies ou qui sont porteuses d'un handicap, à travers la grâce de l'onction des malades. Pour chacun, la souffrance est toujours une étrangère. Sa présence n'est jamais domesticable. C'est pourquoi il est difficile de la porter, et plus difficile encore - comme l'ont fait certains grands témoins de la sainteté du Christ - de l'accueillir comme une partie prenante de notre vocation, ou d'accepter, comme Bernadette l'a formulé, de « tout souffrir en silence pour plaire à Jésus ». Pour pouvoir dire cela, il faut déjà avoir parcouru un long chemin en union avec Jésus. Dès à présent, il est possible, en revanche, de s'en remettre à la miséricorde de Dieu telle qu'elle se manifeste par la grâce du Sacrement des malades. Bernadette, elle-même, au cours d'une existence souvent marquée par la maladie, a reçu ce Sacrement à quatre reprises. La grâce propre à ce Sacrement consiste à accueillir en soi le Christ médecin. Cependant, le Christ n'est pas médecin à la manière du monde. Pour nous guérir, il ne demeure pas extérieur à la souffrance éprouvée ; il la soulage en venant habiter en celui qui est atteint par la maladie, pour la porter et la vivre avec lui. La présence du Christ vient rompre l'isolement que provoque la douleur. L'homme ne porte plus seul son épreuve, mais il est conformé au Christ qui s'offre au Père, en tant que membre souffrant du Christ, et il participe, en Lui, à l'enfantement de la nouvelle création.



Sans l'aide du Seigneur, le joug de la maladie et de la souffrance est cruellement pesant. En recevant le Sacrement des malades, nous ne désirons porter d'autre joug que celui du Christ, forts de la promesse qu'il nous a faite que son joug sera facile à porter et son fardeau léger (cf. Mt 11, 30). J'invite les personnes qui recevront l'onction des malades au cours de cette messe à entrer dans une telle espérance.



(…) Le Concile Vatican II a présenté Marie comme la figure en laquelle est résumé tout le mystère de l'Église (cf. LG n. 63-65). Son histoire personnelle anticipe le chemin de l'Église, qui est invitée à être tout aussi attentive qu'elle aux personnes qui souffrent. J'adresse un salut affectueux à toutes les personnes, particulièrement le corps médical et soignant, qui, à divers titres dans les hôpitaux ou dans d'autres institutions, contribuent aux soins des malades avec compétence et générosité. Je voudrais également dire à tous les hospitaliers, aux brancardiers et aux accompagnateurs qui, provenant de tous les diocèses de France et de plus loin encore, entourent tout au long de l'année les malades qui viennent en pèlerinage à Lourdes, combien leur service est précieux. Ils sont les bras de l'Église servante. Je souhaite enfin encourager ceux qui, au nom de leur foi, accueillent et visitent les malades, en particulier dans les aumôneries des hôpitaux, dans les paroisses ou, comme ici, dans les sanctuaires. Puissiez-vous, en étant les porteurs de la miséricorde de Dieu (cf. Mt 25, 39-40), toujours ressentir dans cette mission importante et délicate le soutien effectif et fraternel de vos communautés !
Le service de charité que vous rendez est un service marial. Marie vous confie son sourire, pour que vous deveniez vous-mêmes, dans la fidélité à son Fils, source d'eau vive. Ce que vous faites, vous le faites au nom de l'Église, dont Marie est l'image la plus pure. Puissiez-vous porter son sourire à tous !


En conclusion, je souhaite m'unir à la prière des pèlerins et des malades et reprendre avec vous un extrait de la prière à Marie proposée pour la célébration de ce Jubilé :

« Parce que tu es le sourire de Dieu, le reflet de la lumière du Christ, la demeure de l'Esprit Saint,

Parce que tu as choisi Bernadette dans sa misère, que tu es l'étoile du matin, la porte du ciel, et la première créature ressuscitée,
Notre-Dame de Lourdes », avec nos frères et sœurs dont le cœur et le corps sont endoloris, nous te prions !

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Les Bénédictins

moines et religieuses qui suivent la règle de saint Benoît de Nursie. Les douze premiers monastères bénédictins furent fondés au début du VIe siècle à Subiaco, près de Rome, par Benoît; il fonda ensuite la célèbre abbaye du Mont-Cassin et y établit en 529 la règle qui organisa et redynamisa le monachisme occidental, lui donnant ses caractéristiques particulières.

LA REGLE BENEDICTINE :

Compte tenu des normes de l'époque, la règle bénédictine n'imposait pas une grande austérité ni un ascétisme rigoureux. Elle garantissait la fourniture de nourriture et de vêtements en quantité suffisante ainsi qu'un abri. Selon la période de l'année et la fête célébrée, les bénédictins consacraient chaque jour entre quatre et huit heures à célébrer l'office divin et sept à huit heures au repos. Le reste de la journée était divisé également entre le travail (généralement agricole), la lecture et l'étude. L'abbé possédait une autorité patriarcale absolue sur la communauté mais restait lui-même soumis à la règle, et devait consulter les autres membres de la communauté sur les questions importantes.

LE DEVELOPPEMENT DE L'ORDRE BENEDICTIN :

Pendant la vie de Benoît, ses disciples développèrent l'ordre dans les pays d'Europe centrale et de l'Ouest. Il devint bientôt le seul ordre important dans ces régions et conserva ce rôle jusqu'à la fondation des ordres augustiniens au XIe siècle puis des ordres mendiants au XIIIe siècle. Les réformes de Cluny et de Cîteaux aux Xe et XIe siècles contribuèrent à maintenir l'idéal bénédictin.

Grégoire Ier fut le premier bénédictin à occuper le trône pontifical. Parmi les autres, on peut citer Léon IV, Grégoire VII, Pie VII et Grégoire XVI. Saint Augustin de Canterbury, disciple de Grégoire le Grand, introduisit la règle bénédictine en Angleterre à la fin du VIe siècle et devint le premier archevêque de Canterbury. En 1354, l'ordre avait fourni à l'Église catholique vingt-quatre papes, deux cents cardinaux, sept mille archevêques, quinze mille évêques et mille cinq cent soixante saints canonisés.

Au XIVe siècle, l'ordre compta jusqu'à trente-sept mille membres, chiffre qui tomba à quinze mille au XVe. La Réforme fit tomber leur nombre à cinq mille!; il a depuis à nouveau augmenté et compte aujourd'hui environ douze mille moines et vingt-cinq mille religieuses.

L'HABIT BENEDICTIN :

L'habit bénédictin est composé d'une tunique et d'un scapulaire, sur lequel les moines revêtent une longue robe et un capuchon qui couvre la tête. La couleur de l'habit n'est pas précisée dans la règle et on suppose que les premiers bénédictins portaient du blanc, couleur naturelle de la laine non teinte. Cependant, au cours des siècles, le noir est devenu la couleur dominante de l'habit.

d'après l'encyclopédie en ligne Encarta

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samedi 13 septembre 2008

Le rôle de la religion au Moyen Age.

  • Curés, évêques et moines.

Au XIème siècle tout le monde croit en Dieu. Les Juifs vivent à l’écart des chrétiens.

Il existe deux sortes de Chrétiens :

- les laïcs (paysans, artisans, marchands.)

-les clercs qui forment le clergé et se mettent au service de Dieu.Ils sont célibataires, ils prient Dieu et font connaître l’Evangile afin d’assurer la vie éternelle au plus grand nombre d’hommes et de femmes.

  • Gagner son salut.

Pour l’Eglise il existe deux mondes après la mort :

- le paradis avec Jésus.

- l’enfer avec le diable.

Au cours de sa vie sur terre un Chrétien doit s’efforcer de gagner le paradis. Il doit prier régulièrement et assister à la messe. Il peut obtenir le pardon de ses fautes en donnant la moitié de ses biens à l’Eglise.

  • Vivre en bon Chrétien.

Le tintement des cloches rythme la vie du Chrétien. L’Eglise tente de limiter les guerres par " la paix de Dieu "et " la trêve de Dieu ". L’Eglise offre le droit d’asile .

Céline et Thomas

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mardi 9 septembre 2008

Prière

Prière de Ste. Marie-Euphrasie

O mon Dieu, Que chaque battement de mon coeur
soit une prière pour obtenir des grâces
et le pardon pour les pêcheurs.
Que chaque respiration soit un appel à votre Miséricorde infinie!
Que chacun de mes regards attire vers vous les âmes et leur révèle votre Amour!
Que la nourriture de ma vie soit de travailler sans cesse pour votre Gloire
et pour le salut des âmes! Amen.

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lundi 8 septembre 2008

La spiritualité

La spiritualité de la Congrégation de Notre Dame de Charité du Bon Pasteur met l'accent sur l'amour immense de Jésus, le Bon Pasteur, pour chaque personne.

La spiritualité de saint Jean Eudes constitue la clé de voûte de l'esprit religieux de notre fondatrice, sainte Marie-Euphrasie Pelletier. Pour saint Jean Eudes, notre premier objectif en tant que chrétien/e, baptisé/e doit être de former Jésus en nous. "la vie chrétienne", a écrit saint Jean Eudes " n'est autre que la continuation et la réalisation de la vie de Jésus… La présence constante du Christ en nous doit être notre vœu le plus cher, notre préoccupation constante et notre principale activité…" Jésus, Dieu incarné nous aime profondément et nous a montré comment vivre et servir. Il offre à chacun/e de nous son propre cœur afin que nous puissions aimer notre prochain, la personne, à travers lui et venir en aide à ceux et celles qui ont le plus besoin de son amour miséricordieux.

Pour sainte Marie-Euphrasie, l'amour infini et miséricordieux de Dieu pour chacun, chacune de nous trouve sa pleine expression dans l'image du Bon Pasteur. "Puisque Jésus, nous a associées à son œuvre et nous a mises pour ainsi dire à sa place dans le bercail… nous devons nous former à l’esprit de cet adorable maître et vivre de sa vie même… avoir les pensées, les sentiments, les affections de Jésus, le Bon Pasteur »

Sainte Marie-Euphrasie a voulu que la tendresse et la sollicitude du Bon Pasteur, qui n'hésite pas à délaisser le troupeau de 99 brebis pour partir à la recherche de la brebis égarée, soient les valeurs fondatrices de la Congrégation. Inspirées par I'exemple de leur fondatrice, les Sœurs du Bon Pasteur s'efforcent d'aller vers leur prochain comme le Bon Berger avec l'esprit de sainte Marie Euphrasie pour qui "une seule personne est plus précieuse que l'humanité toute entière".

Afin d'accomplir cette mission, l'esprit de sainte Marie-Euphrasie nous appelle à mener une vie de méditation et de prière tout en acceptant le défi d'un difficile apostolat. Notre mission est d'accompagner les personnes sur un chemin de réconciliation avec elles mêmes, avec les autres et avec Dieu, quand cela est possible. L'esprit même du Bon Pasteur nous fait accepter les difficultés et croix de la vie avec humilité, joie et gratitude, dans l'espérance de la résurrection. Nous cherchons dans la vie de chaque jour à unir notre vie à celle de Jésus dans la célébration de l'Eucharistie. C'est seulement de cette manière que nous serons capables de transmettre l'amour et la compassion du Cœur de Jésus le Bon Pasteur à nos sœurs et frères humains.

Il est vrai que je n'avais ni talents, ni richesse…
Seulement j'ai toujours aimé les personnes avec toute la force de mon âme.

Sainte Marie-Euphrasie Pelletier

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vendredi 5 septembre 2008

Les Franciscains

(ou Frères mineurs)

Ordre religieux fondé, probablement en 1208, par saint François d'Assise en vue de prêcher l'Évangile par la pauvreté, et approuvé par le pape Innocent III en 1209.

LA NAISSANCE DE L'ORDRE :

Après avoir mené, dans un extrême dépouillement, une existence vouée à la prédication et au service de Dieu, François rassembla autour de lui douze compagnons. Sa seule puissance était celle de l'amour qui l'ouvrait à tous, le rendait accueillant, fraternel et accessible. Ensemble, ils allèrent à Rome demander la bénédiction du pape. Celui-ci, bien qu'il émît quelques réserves, leur accorda sa bénédiction, à condition toutefois qu'ils deviennent clercs et qu'ils élisent un supérieur. François fut élu supérieur. De retour à Assise, le groupe obtint de l'abbaye bénédictine de Subiaco la permission d'utiliser la petite chapelle de Santa Maria degli Angeli, autour de laquelle ils construisirent des cabanes de fortune. Commença alors pour eux, à l'imitation du Christ, une vie dont la règle était stricte : ne rien posséder en propre, mendier en cas de besoin, s'adonner à la prédication, en tendant vers plus de paix et de joie.

L'ORDRE S'ORGANISE :

À cette étape de son existence, l'ordre des frères n'était pas encore formellement organisé et ne comportait pas de noviciat. François était davantage un maître spirituel qu'un organisateur. Au fur et à mesure que leur nombre augmentait et que leur enseignement rayonnait, les frères se rendirent à l'évidence que le seul exemple de François ne suffisait pas à faire respecter la discipline. François composa alors une règle, rédigée une première fois en 1221 puis une seconde en 1223, approuvée par le pape Honorius III, le 29 novembre 1223. Ainsi, la bulle du pape Honorius III de 1223 institutionnalisa-t-elle les frères mineurs en ordre formel comprenant une année de noviciat.

UN ORDRE ATTACHE A L'IDEE DE PAUVRETE :

La question de la pauvreté provoqua bien des crises internes. Ainsi, le couvent et la basilique d'Assise, construits après la mort de François en 1226, furent jugés trop somptueux au goût de certains qui considéraient leur magnificence incompatible avec l'idéal de pauvreté de François. Porté à la tête de l'ordre en 1257, saint Bonaventure parvint à rendre un peu d'unité aux frères. Mais, après sa mort (1274), l'opposition alla en s'aggravant entre les spirituels, attachés à la pauvreté absolue et aux idées de Joachim de Flore, et les conventuels modérés. Le pape Grégoire IX tenta de mettre fin à la polémique en décrétant que les finances des frères seraient désormais gérées par des administrateurs de l'ordre et que la construction de couvents n'était pas contraire à l'esprit du fondateur.

L'ORDRE SE DEVELOPPE :

L'ordre se développa considérablement avec le temps et son importance n'eut d'égale que celle des dominicains. Les franciscains se divisèrent en plusieurs branches. Les spirituels entrèrent en rébellion après leur condamnation au concile de Vienne (1311); ils devinrent les petits frères (Fraticilli). Une minorité de spirituels forma la congrégation des observants. En 1517, le pape Léon X sépara les conventuels, autorisés à posséder des biens communautaires comme les autres congrégations monastiques, et les observants, partisans de l'observation stricte des préceptes de François. Ces derniers étaient majoritaires au sein de l'ordre qui assista, au début du XVIe siècle, à la naissance d'une troisième branche, celle des capucins, issus des observants et devenus par la suite indépendants. À la fin du XIXe siècle, Léon XIII réunit à nouveau les trois congrégations sous le nom de premier ordre des frères mineurs, institua les clarisses en second ordre et les hommes et les femmes vivant dans le monde sans obligation de célibat, en tiers ordre.

Le ministère des franciscains ne se limitait pas à la prédication et à la charité; l'acquisition des connaissances n'était pas exclue de leurs préoccupations. Ainsi, les franciscains occupaient-ils, avant la Réforme, des fonctions importantes au sein des universités. Les philosophes et théologiens Jean Duns Scot, Guillaume d'Occam et Roger Bacon, par exemple, figurent parmi les franciscains les plus éminents de l'époque. L'ordre fournit quatre papes, Sixte IV, Jules II, Sixte V et Clément XIV ainsi qu'un antipape, Alexandre V.

d'après l'encyclopédie en ligne Encarta

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dimanche 31 août 2008

L'abbaye de Sénanque

Dans le Lubéron en Provence, au fond d'un ravin sauvage se trouve la magnifique abbaye cistercienne de Sénanque. Elle forme avec Silvacane et Le Thoronet, le trio des "soeurs cisterciennes de Provence".

senanque

Elles respectent toutes les trois le strict plan cistercien. On y retouve la large nef à trois travées, les piliers sans chapiteaux, les fenêtres en plein cintre.

d'après Lionel HEINIC : "Aimer la Provence", Editions Ouest-France, 1993.

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samedi 30 août 2008

La vie quotidienne dans une abbaye au moyen âge

Les ordres de moines :

Les moines mènent une vie communautaire. Il existe plusieurs ordres de moines :

-Les moines Bénédictins (qui suivent la règle) doivent faire huit offices religieux par jour, garder le silence…Cet ordre de moines vit en groupe dans une abbaye éloignée du reste de la population.

-Les moines Cisterciens ont une vie très organisée, ils obéissent à la règle de Saint Benoît (mais précisée et complétée par d’autre moines cisterciens) . Ils vivent eux aussi éloignés du reste de la population.

-Et les moines Franciscains (qui suivent la règle de Saint François) vivent au milieu des paysans et voyagent à pieds pour transmettre les messages de Dieu.

La vie des moines dans une abbaye :

Chaque moine est affecté à une tache précise :

-le prieur.

-le maître des novices.

-le sacristain.

-le cellérier (économe).

-le réfectorier…

Certains moines " lettrés " ont un travail intellectuel, d’autres (frères convers) ont surtout un travail manuel, et enfin, il y a ceux qui ne font pas de travail religieux.

Les moines ont un besoin physiologique (sommeil, repas, soin du corps...) respecté mais très peu.

Certaines fêtes (comme Pâques) sont longtemps préparées et suspendent la vie planifiée des moines. D’autres (comme la fenaison et la moisson) où le temps de travail est intense :

- on part tôt dans les champs

- la messe conventuelle est annulée

- on ne rentre qu’après les vêpres.

Emma, Julie.

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vendredi 8 août 2008

Marie et le continent américain

Continent américain

Marie est arrivée aux Amériques avec les premiers grands navigateurs découvreurs du Nouveau Monde, à la fin du XV è siècle. En 1992, le pape Jean-Paul II s'est rendu sur le continent américain afin d'y fêter le cinquième centenaire de son évangélisation (1492). En effet, c'est en 1492 que Christophe Colomb, arrivé sans le savoir au large de l'Amérique Centrale, aperçut, du pont de son bâtiment - le bien nommé "Santa Maria"- les côtes de ce  "nouveau continent", qui fut baptisé ensuite les "Amériques".

De l'Amérique latine...

Ainsi, c'est surtout en Amérique latine (Centrale et du Sud) que s'est d'abord développée la foi catholique et sa piété mariale : l'on y compte à ce jour d'innombrables sanctuaires dédiés à

la Sainte Vierge

  (le plus souvent sous le vocable de son "Immaculée Conception") sur ces terres où les foules, d'une ferveur impressionnante et par millions à la fois (!) se pressent aux grands rendez-vous spirituels de l'Immaculée Mère de Dieu. Il suffit de citer le grand sanctuaire de Notre Dame de Guadalupe, au Mexique, pour s'en rendre compte!

L'Eglise se plaît souvent à surnommer aujourd'hui le sous-continent latino-Américain, le "Continent de l'Avenir", tant le nombre des vocations religieuses et sacerdotales y est recrudescent depuis quelques décennies.

... à l'Amérique du Nord

Quant au sous-continent de l'Amérique du Nord, il connut la piété mariale grâce aux missionnaires espagnols et français, dès le XVIè siècle. Notamment dans le Sud et au Canada :

- dans les provinces du Sud des Etats Unis actuels (Nouveau Mexique entre autres) les Indiens furent très largement évangélisés dès cette époque par l'implantation de missions catholiques venues d'Europe ; 

- au Canada (français), la première colonie catholique érigée en cité s'est appelée "Ville-Marie" en l'honneur de

la Sainte Vierge

, au XVIIè siècle. On trouve cependant, sur une carte de Terre Neuve datée de 1527, les noms de Notre Dame Bay, Conception Bay et St Mary's Bay pour trois baies des côtes Est et Sud Est de la contrée... 

On pense que ces noms furent donnés par un explorateur portugais du nom de Gaspar de Cortereal. Mais on connaît bien aussi l'aventure de Jacques Cartier, navigateur français parti de Saint Malo pour explorer les mers du Nord, sur un navire du nom de "Marie, Etoile de la mer" et qui atteignit en réalité,  en 1534, Terre Neuve et la côte du Labrador et fut à l'origine de la petite colonie qui en 1642 aboutit à la fondation de "Ville-Marie" au Canada.

Depuis la fin du XXè siècle, un renouveau de la ferveur catholique et mariale

Très vite la Réformation protestante prendra le dessus dans une grande partie de l'Amérique du Nord en même temps que s'érigera, sous la houlette de dirigeants d'origne religieuse de l'Eglise Réformée,

la Fédération

des Etats-Unis d'Amérique. On constate  cependant, depuis la fin du XXè siècle, un renouveau de la ferveur catholique et mariale en Amérique du Nord, notamment auprès de la jeune génération, grâce d'une part à l'immigration continue des populations latino-américaines aux Etats-Unis et d'autre part, grâce à l'impact des visites apostoliques du pape Jean-Paul II.

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