EDUCATION ET AIDE HUMANITAIRE

Education, Société et Expérience Humanitaire

samedi 28 février 2009

Alors, quel est le langage le plus adapté ?

L'analogie et la poésie. Nous l'utilisons d'ailleurs assez spontanément pour expliquer aux enfants une réalité inconnue d'eux en la comparant avec une chose connue. Ce langage symbolique est particulièrement adapté à l'enfant de 3-5 ans, très imaginatif, toujours prêt à s'émerveiller.

Ses questions viennent souvent de l'observation d'une maman enceinte : «Comment le bébé est installé dans ton ventre ?», par exemple. Sans raconter de fables, on peut déjà lui dire la vérité, en évitant les termes trop techniques qui ne signifient rien pour lui. On peut expliquer, par exemple, que le bébé est installé près du cœur de sa maman, comme dans un nid ou comme dans un berceau. Le «comme» est important : c'est «comme» un nid, mais ce n'est pas un nid.

«Et comment sort le bébé ?», demande l'enfant. - «Par un petit chemin réservé aux bébés.» - «Comment est-il rentré ?» - «Par le même chemin...» L'enfant de cet âge ayant surtout l'expérience de cette partie du corps par la fonction d'élimination, il arrive qu'il associe la naissance à quelque chose de sale ; il a besoin d'être rassuré : le chemin des bébés n'est pas le même que celui du pipi.

Mais un enfant de 8 ans ne se contente plus de ce genre de réponse...

Non, mais la poésie et le langage analogique ont toujours leur place. L'image de la graine de vie, par exemple, garde toute sa valeur pédagogique pour parler du rôle du père dans la conception, question plus insistante à cet âge.

C'est aussi le moment où garçons et filles sont très conscients de leurs différences - à nous de les aider à découvrir le sens de leur masculinité ou féminité, à leur donner le pourquoi de cette différence, en leur expliquant la complémentarité de l'homme et de la femme dans l'amour pour qu'ils puissent saisir cette vérité fondamentale : l'amour est une relation entre deux personnes complémentaires. Une relation parfois si forte qu'elle dépasse les mots et s'exprime par des gestes qui vont dire l'amour. Des gestes réservés aux parents, car ils expriment une communion et un don de soi que l'on ne peut choisir et vivre que lorsqu'on est «grand».

Voici une anecdote authentique qui peut illustrer ce que donne, à mon sens, une éducation sexuelle réussie.

La maman de Romain, 11 ans, sent qu'il est temps que le papa ait avec son fils une conversation «entre hommes». Le père, plutôt réservé, surmonte sa pudeur et prend son fils à part. Il lui parle très simplement mais très concrètement de la beauté de l'amour humain et de la responsabilité de son corps. L'enfant est profondément touché par les confidences de son père.

Quelques années plus tard, Romain, 17 ans, annonce à ses parents qu'il va passer la semaine de vacances chez un ami, et s'en va. Trois jours plus tard, retour inopiné : «Papa, j'ai fait une grosse c... Je t'ai menti : je n'étais pas chez un ami, mais chez une fille...»

C'est un bel exemple des fruits de la relation de confiance tissée jour après jour dans la famille, et de ces rencontres vraies entre parents et enfants.

(1) S'il te plaît, parle-moi de l'amour, par Inès Pélissié du Rausas (préface de Xavier Lacroix) Saint-Paul, 334 p., 125 F.

(2) Comment vraiment aimer votre enfant, par le Dr Ross Campbell, Orion. Du même auteur, chez le même éditeur : L'Adolescent, le défi de l'amour inconditionnel, et Les Enfants en colère.

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vendredi 27 février 2009

Pourquoi ne pas partir de la sexualité animale ?

Admirer la perfection de la nature, oui. Mais comparer la sexualité animale et la sexualité humaine, attention ! Car l'homme est une personne. Le désir qui pousse l'homme et la femme l'un vers l'autre n'est pas seulement l'appel de la reproduction ou la soif de jouissance, même s'il est aussi cela. Il est surtout un attrait pour la personne de l'autre, pour cette personne : l'homme et la femme peuvent d'ailleurs se regarder lorsqu'ils s'aiment. Ce n'est pas le cas des animaux. De plus, la brutalité et la rapidité avec laquelle ceux-ci s'accouplent pourraient inquiéter et même dégoûter les enfants.

La solution n'est-elle pas d'utiliser le langage scientifique et d'appeler les choses par leur nom ?

C'est la méthode utilisée en effet dans la plupart des manuels spécialisés. Cela paraît objectif, et par là même rassurant. Mais pour un enfant de 5 à 8 ans, les mots «spermatozoïdes», «ovules», «utérus», «trompes de Fallope», n'évoquent rien. Ils restent des mots abstraits, car ils ne correspondent pas à ce que l'enfant expérimente de son corps.

De plus, comme toute personne humaine, l'enfant ressent le corps comme son corps et pas comme un objet d'étude. L'apparente neutralité d'un langage médical, la froideur avec laquelle les mots scientifiques lui parlent de son corps comme d'une chose objective et sans mystère, ne peuvent que le mettre mal à l'aise.

Enfin, la connaissance des mécanismes de l'appareil reproducteur ne peut pas nous dire comment ni pourquoi on s'en servira. Qui peut prétendre que la connaissance du mode de fonctionnement du système digestif suffit à éviter l'indigestion ou la cirrhose ? Ce langage biologique aura son utilité plus tard, mais on ne peut s'en contenter, et faire l'impasse sur l'amour qui unit les personnes.

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jeudi 26 février 2009

Et si l'enfant a été blessé ?

Il peut être préférable d'attendre que l'émotion s'apaise, tout en promettant déjà à l'enfant que la réalité est belle, qu'elle n'est pas ce que raconte certains... On ne peut pas tout mélanger : comment parler de la beauté de l'amour à partir de comportements qui sont laids et ont blessé l'enfant !

Dans cette même optique, il me semble difficile de faire la prévention des atteintes sexuelles en même temps que l'éducation sexuelle de l'enfant. Ne confondons pas

la nécessaire formation de l'enfant à la prudence avec l'éducation sexuelle.

On ne parle pas de la même façon à un enfant de 4 ans qu'à un enfant de 9 ans ?

Non, car l'expérience qu'un enfant a de son corps n'est pas la même à 4, 7 ou 11 ans. Or il faut partir de cette expérience subjective pour ne pas être trop abstrait ni répondre à des questions qu'il ne se pose pas.

Peut-on partir des termes vulgaires que les enfants entendent à l'école ou à la télévision ?

Certaines expressions entendues peuvent être l'occasion de discussions, de mises au point, mais je ne pense pas qu'on puisse révéler la beauté de l'amour avec un langage grossier, car il dévalue l'amour et met l'enfant dans la confusion.

Sous couvert de lutte anti-sida, le langage pornographique s'est répandu, banalisé, et les mots de l'amour sont devenus sales. Il faut fuir cette complaisance démagogique, et utiliser un langage de vérité, proportionné à l'expérience du corps qu'ont les enfants, et à leur maturité.

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mercredi 25 février 2009

Comment créer un climat d'intimité tout en maintenant cette distance nécessaire ?

Deux attitudes font obstacle à une véritable intimité : celle des «parents copains», qui partagent tout avec leurs enfants - ils finissent par ne plus être les guides dont les enfants ont besoin ; celle des parents trop sévères, qui risquent de créer un climat de méfiance réciproque, et dont la pudeur excessive, sous prétexte de respect du corps, manifeste une attitude négative à son égard.

Le meilleur moyen de créer un climat d'intimité et de confiance est de montrer notre amour de parents à nos enfants. Ce qui n'est pas toujours évident. Tous les parents aiment leurs enfants, mais peu savent exprimer, manifester cet amour.

Le psychiatre américain Ross Campbell l'explique merveilleusement (2) : faisons sentir à notre enfant que nous l'aimons de manière inconditionnelle, c'est-à-dire que nous l'aimons pour lui-même, pas pour sa beauté, ses résultats scolaires, ses prouesses au judo ou au piano. Le Dr Campbell dit que chaque enfant a un «réservoir émotionnel» qu'il convient de remplir par trois moyens : le contact visuel, le contact physique (voir encadré»Le «toucher de tendresse»«), et une attention concentrée, c'est-à-dire totale, sans distraction.

Nous transmettons notre amour par notre attitude, ce que nous disons, ce que nous faisons. Mais soyons persuadés que ce que nous faisons a plus de poids, car notre enfant est beaucoup plus affecté par nos actes que par nos mots. Nous transmettons également notre amour par le temps que nous passons avec nos enfants, en faisant avec eux ce qu'ils aiment, en les écoutant avec notre cœur et en leur faisant sentir que nous les comprenons même si nous ne sommes pas toujours d'accord.

Il faut quand même parler... A partir de quel âge ?

L'éducation sexuelle doit être prudente et progressive, mais précoce. Le mieux est de parler à l'enfant dès sa petite enfance, puis dans sa grande enfance, en tout cas avant la puberté, qui commence toujours plus tôt qu'on ne le croit... bien avant l'adolescence. Après, l'adolescent est moins accessible, plus pudique, et ne se tourne pas forcément vers ses parents pour ces questions-là !

Un enfant de 4-5 ans peut déjà comprendre, même s'il n'a pas les détails techniques, qu'il y a un langage du corps dans le domaine de l'amour, que les gestes de l'amour sont un langage. L'enfant a l'expérience que l'amour de son papa et de sa maman lui est donné par le corps : comme lui reçoit de l'amour à travers des câlins, des baisers, des gestes tendres de ses parents, il peut saisir qu'il existe une manière particulière et réservée pour un papa et une maman de se montrer l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre. Non seulement cela ne lui enlèvera pas son innocence, mais en le mettant dans la lumière, cela lui permettra, au moment où il le faudra, d'être plus sûr de lui et plus fort face aux «ténèbres».

Une règle d'or : parler une heure trop tôt vaut mieux que cinq minutes trop tard !

Et s'il est trop tard ?

Il n'est jamais trop tard, car rien n'est définitif avec un enfant. Et puis, il y a toujours tout notre amour de parents transmis à travers cette éducation silencieuse qui forme le cœur et l'affectivité de l'enfant.

On est souvent amené à aborder ces questions à partir de situations malsaines ou déviées : les enfants entendent des conversations grossières, voient des images qui les troublent...

C'est pourquoi il faut parler tôt ! Avant que de telles situations ne se présentent, l'enfant doit savoir qu'on peut avoir une parole limpide sur ces sujets, que ce n'est pas tabou, que c'est beau.

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mardi 24 février 2009

Est-il indifférent de se promener nu chez soi ?

On ne transmet pas une conception positive du corps en l'exhibant comme une chose banale. La génération post-68 a eu tendance à banaliser ce qui était considéré comme tabou dans les générations précédentes : le corps est présenté alors comme «naturel», au sens d'une réalité purement matérielle, et la relation sexuelle comme une simple fonction biologique, au même titre que l'acte de manger ou de boire. Alors, on partage tout avec ses enfants : soucis, bains, lit... Et on se promène tout nu à la maison.

Mais la plupart du temps, l'enfant vit ce manque de pudeur comme une intrusion, une agression de son intimité. Les parents «nudistes à domicile» sont très étonnés de voir les garçons, entre 6 et 8 ans, devenir d'une pudeur maladive. Loin de permettre une plus grande intimité, la nudité partagée entre parents et enfants risque plutôt d'induire une confusion des rôles. Les psys reçoivent beaucoup de personnes qui ont souffert de l'étalage de la nudité de leurs parents.

Le corps, en réalité, n'est pas qu'une chose matérielle, il est le corps de la personne ; il a le droit au même respect.

Faut-il pour autant se boucler à double tour dans la salle de bain ?

Devant ces questions, Françoise Dolto propose un critère plein de bon sens : «Lorsque vous avez des amis chez vous, faites-vous du nudisme ?» - «Ah non !» - «Alors, ne le faites pas devant vos enfants... Comportez-vous devant eux comme devant des hôtes que vous respectez : n'ayez pas d'autres critères».

Ce conseil permet de vivre les situations courantes avec naturel. Etre aperçu dans sa douche, ou se promener nu entre la salle

de bain ou la chambre, ne présente pas de difficultés devant un enfant tout petit si l'attitude est simple, sans exhibitionnisme. Mais vient un moment où le regard de l'enfant change, devient plus curieux, et se met à isoler une partie du corps de sa totalité : c'est le temps de montrer plus de réserve, par égard pour sa sensibilité.

Attention à l'étalage et à la banalisation ! Faire n'importe quoi devant ses enfants n'est pas sans conséquences. Certains parents peuvent se mettre en situation de vivre l'inceste sans s'en rendre compte. Sans aller jusque-là, ils peuvent choquer leur enfant, comme le père de cette adolescente acculée à demander à un membre de sa famille : «Tante Sophie, s'il te plaît, pourrais-tu demander à Papa de ne plus venir dans mon lit le matin. J'ai 13 ans maintenant !»

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lundi 23 février 2009

Comment préparer ces conversations ?

Les gestes, les attitudes du quotidien, la façon de vivre et de se comporter ensemble, créent un climat qui constitue une éducation silencieuse à l'amour. Les enfants sentent très tôt la cohérence - ou la non-cohérence - entre ce que nous disons et ce que nous vivons en famille. Avant de leur parler de l'amour, et de la beauté de l'amour humain, sentent-ils que Papa et Maman s'aiment ?

Nous voulons leur montrer, avec leurs mots à eux, que la relation amoureuse se vit avec un grand respect de la personne de l'autre - sentent-ils ce respect entre leurs parents ? Nous voulons leur parler de la beauté du corps - sentent-ils que nous reconnaissons une valeur positive au corps, dans la manière de le nourrir, d'en prendre soin, comme de le mettre en valeur ? Ou à l'inverse, cachons-nous le corps comme une réalité honteuse ? Le traitons-nous un peu n'importe comment, comme une chose banale, négligeable ?

Comment des parents peuvent-ils montrer leur amour conjugal ?

En n'ayant pas peur d'échanger des gestes de tendresse devant leurs enfants - ce n'est pas évident pour certains, élevés dans l'idée qu'il est trivial de montrer ses sentiments. Par exemple : offrir des fleurs, dire un mot tendre, se prendre la main, se tenir par l'épaule, s'embrasser délicatement, se parler avec douceur, se regarder avec affection... Toutes ces manifestations de la tendresse des parents remplissent les enfants de joie et les rassurent. Ces gestes leur apprennent déjà que l'amour, qui vient du cœur, peut être montré grâce au corps. Une pudeur excessive, une réserve systématique, risquent de laisser croire à l'enfant que les gestes du corps sont suspects.

Jusqu'où peut-on aller dans le dévoilement de cette intimité ?

Les enfants n'ont pas à entrer dans l'intimité de la relation conjugale. Certains parents pensent qu'il n'y a rien à cacher. Mais cela ne peut être que très perturbant pour un enfant : non parce que cette relation est honteuse ou mauvaise, mais parce que la relation filiale n'est pas la relation conjugale.

Celle-ci ne concerne, dans ses manifestations spécifiques, que ceux qui en sont les protagonistes. L'enfant, compte tenu de l'expérience du corps qui est la sienne, ne peut pas comprendre la portée des gestes qu'accomplissent ses parents. Il a besoin de sentir que cette intimité conjugale existe, et qu'elle a de la valeur, mais pas de la voir.

Ainsi, la chambre est le lieu de cette intimité, qu'il faut faire respecter. On peut très bien l'expliquer : «Notre chambre n'est pas un moulin, c'est un lieu réservé à Papa et Maman. Tu frappes avant d'entrer, s'il te plaît !»

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dimanche 22 février 2009

La vie et l'amour, comment leur en parler ?

Comment parler de la sexualité à nos enfants ? Faut-il donner des réponses poétiques, ou des informations techniques ? Les parents sont souvent désemparés, démunis, gênés. Pourtant, «il faut oser parler à ses enfants», assure Inès Pélissié du Rausas. Cette mère de quatre enfants, docteur en philosophie, vient de publier un livre concret et complet sur le sujet (1). Entretien.

Agnès Flepp

Pourquoi est-ce si difficile de parler de sexualité à ses enfants ?

Cela paraît paradoxal dans notre monde surinformé et soi-disant libéré des tabous, mais c'est toujours vrai : nous, parents, sommes la plupart du temps désemparés pour aborder ces sujets avec nos enfants.

Souvent, ce malaise vient de l'éducation, du fait par exemple que beaucoup de pères n'ont rien reçu sur le sujet... mais pas seulement. C'est difficile parce que cela touche à la relation que les parents ont entre eux, à leur intimité, à leur histoire d'amour. Nous avons la pudeur de cette intimité.

La difficulté vient aussi de nos propres blessures, «de notre regard qui manque à la lumière» selon la belle expression de Gustave Thibon. Alors, nous avons peur de faire perdre à nos enfants une certaine «innocence».

Pourtant, la réalité dont nous voulons parler est belle ! Et si elles sont bien préparées, ces conversations sur l'amour et la vie deviennent des moments très heureux, des temps privilégiés d'intimité partagée qui peuvent marquer profondément l'enfant et l'orienter de façon déterminante pour sa vie d'adulte.

Les parents sont-ils les mieux placés pour évoquer ces sujets ?

Oui, en tout cas avant l'adolescence. Ce sont eux qui connaissent le mieux leurs enfants, leur psychologie, leur maturité, leur forme de pudeur, etc. De plus, ils offrent une sécurité affective à l'enfant, propice à l'échange sur des sujets intimes. Enfin, un enfant a besoin d'une réponse qui le rassure sur son origine. Or, son origine, c'est justement l'histoire d'amour de ses parents !

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samedi 21 février 2009

L'éducation sexuelle à l'école primaire

Depuis février 2003, l'éducation à la sexualité est au programme de toutes les écoles primaires (1), ce qui ne peut laisser les parents indifférents.

Christine Ponsard

«Il est très important que les parents soient conscients de leurs droits et devoirs, en particulier face à un Etat et à une école qui tendent à assumer les initiatives dans le domaine de l'éducation sexuelle.» (2)

Les parents ont le droit incontestable de donner à leurs enfants une éducation sexuelle conforme à leurs convictions. Mais ce droit a pour corollaire le grave devoir d'assurer cette éducation en temps voulu : aujourd'hui plus que jamais, il est capital que les parents exercent leurs responsabilités en ce domaine, sans trop se référer à leur propre enfance. En effet, les enfants d'aujourd'hui se trouvent souvent confrontés à des questions dont nous n'avions même pas idée à leur âge.

Personne n'est mieux placé que les parents pour offrir au jeune enfant la formation qui lui convient personnellement. Dans le contexte d'un dialogue intime, la mère ou le père peut parler «avec une extrême délicatesse, mais de façon claire et au moment opportun» (3). Cette notion de «moment opportun» est capitale : tous les enfants n'ont pas besoin de recevoir les mêmes informations au même âge ; cela dépend de leur sexe, de ce qu'ils ont pu voir et entendre, de ce qu'ils ont déjà compris (parfois de travers !), de leurs centres d'intérêt, etc.

La période que Jean-Paul II appelle les «années de l'innocence» ne doit «en aucun cas être troublée par une information sexuelle que rien ne nécessite» (4). Cela dit, il faut aussi être vigilant afin de pouvoir clarifier sans attendre ce qui est troublant, parce que erroné ou mal assimilé.

Si nous entendions les conversations sur les cours de récréation, nous serions peut-être surpris ! Sans exagérer les difficultés - les «années de l'innocence» sont encore préservées chez de nombreux enfants -, il faut aussi être attentifs, et ne pas nous bercer d'illusions : soyons conscients de ce qu'entendent nos enfants... et de ce qu'ils disent ! Ne les imaginons pas trop vite comme des anges de pureté au milieu d'un univers dévoyé. Les parents qui viennent se plaindre auprès des institutrices des expressions ou des gestes grossiers que leur petit chéri a rapportés de l'école ne se rendent pas toujours compte que le petit chéri en question est peut-être le premier à s'en régaler et à les colporter allégrement (même - et surtout - si on ne parle jamais de "ces choses-là" à la maison).

Lorsque la famille n'assure pas la formation adéquate, parce que les parents se sentent démunis, ou parce qu'ils n'ont pas conscience de ce qui trotte dans la tête de leurs enfants, ceux-ci cherchent à se renseigner ailleurs... c'est-à-dire, en général, aux plus mauvais endroits : dans des magazines, à la télévision, sur Internet ; si eux-mêmes n'y ont pas accès, ils trouvent toujours dans leur classe, ou dans les classes au-dessus, un copain "branché".

Les images et les "réponses" qui circulent ainsi peuvent faire des dégâts considérables, surtout si l'enfant n'ose rien en dire à ses parents. Il vaut mieux, alors, qu'il puisse en parler avec son institutrice, qui remettra les choses au clair. Et lorsqu'un enfant est élevé sans son père, l'école est parfois le seul endroit où il peut entendre une voix masculine sur le sujet (par exemple un médecin qui intervient ponctuellement), ce dont il a grand besoin.

On peut déplorer la généralisation de l'éducation sexuelle à l'école primaire, d'autant plus que - ne soyons pas naïfs - un des buts avoués de cette information est de «lutter contre l'homophobie» en présentant l'homosexualité comme un choix équivalent au mariage entre un homme et une femme (5).

Pour autant, ne montons pas sur nos grands chevaux ! Ne commençons pas par sortir nos griffes et nos plans de bataille. Beaucoup d'enseignants confrontés à ce que leur impose l'Education nationale ont vraiment à cœur de ne pas aller contre l'éducation que nous donnons en famille, et ne demandent qu'à collaborer étroitement avec tous les parents conscients de l'enjeu de cette formation. A nous de saisir cette opportunité !

(1) Cf. Circulaire n° 2003-027 du 17 février 2003 (www.education.gouv.fr). (2) Vérité et signification de la sexualité humaine, document du Conseil pontifical pour la famille

(1995), § 41 (www.vatican.va). (3) Id. § 64 à 76. (4) Id. § 78. (5) Voir par exemple les "conseils pédagogiques" donnés sur le site http://homoedu.free.fr. 

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vendredi 20 février 2009

Comment parler de sexualité à nos enfants ?

Redonnons un sens chrétien à une dimension essentielle de l'amour humain.

Cécile Lucas

La vie sexuelle est quelque chose de profondément intime. Dans le mariage, elle unit l'homme et la femme afin qu'ils ne soient plus qu'un, à l'image de Dieu. Aujourd'hui, la sexualité s'affiche en grand, elle envahit la publicité, les films, la vie courante. Elle fait partie de la vie de nos enfants, dès le plus jeune âge dans les cours de récréation. Si nous ne leur parlons pas de sexualité, la société s'en charge. Que souhaitons-nous leur transmettre pour que notre éducation ne se résume pas à une suite d'interdits à transgresser à l'adolescence ?

Ne cherchons pas à devancer leurs questions. Tous les enfants n'ont pas la même maturité, il n'y a pas d'âge pour commencer à leur parler de sexualité. Mais quand viennent les premières questions, prenons le temps de montrer que ce n'est pas un sujet tabou, que nous sommes prêts à en parler, même si ce n'est pas toujours facile.

Répondons simplement à leurs questions. Si Léa demande : "Comment on fait les bébés ?", ne nous lançons pas dans des explications précises et complexes. "Avec amour, Papa met une graine dans le ventre de maman" peut lui suffire. Si elle veut plus de précisions, elle nous le fera savoir. Avançons pas à pas, en vérité. A chaque jour suffit sa peine !

Mais, dès cet âge-là, apprenons-leur à gérer la découverte de leur identité sexuelle dans le respect mutuel. En effet, notre enfant s'affirme progressivement garçon ou fille et cherche à se distinguer naturellement de l'autre sexe. C'est à nous de lui montrer que cela ne doit pas se traduire par la domination de l'un par rapport à l'autre, mais par l'accueil de nos différences et de nos complémentarités.

Si nous ne faisons pas leur éducation, d'autres s'en chargeront ! Au seuil de l'adolescence, il est bon que le parent du même sexe que l'enfant lui propose une discussion intime afin de parler d'amour autant que de sexualité. Elle permet d'évoquer, "entre adultes", la société d'aujourd'hui, ce qu'elle nous fait croire, et ses nombreuses idoles, dont le sexe-jouissance.

Cette discussion n'a pas à être exhaustive, prenons surtout le temps d'écouter notre enfant, ses questions, tout en respectant sa pudeur. Il s'agit surtout d'amorcer la communication sur un sujet qu'il sera de plus en plus difficile d'aborder.

Quoi qu'il arrive, ne fuyons pas le dialogue. "Il y a une fille qui a dit au garçon dont elle est amoureuse : "Je serai ta suceuse"", rapporte Quentin, 10 ans, à sa mère, dépassée par la situation. C'est parce que la sexualité est présentée crûment à nos enfants qu'il est urgent d'y mettre d'autres mots. Notre responsabilité de parents n'est pas de nier la réalité, mais de préparer nos enfants à l'affronter.

Le choc passé, aidons l'enfant à accueillir ce qu'il a ressenti. Qu'est-ce que cela lui a fait ? Quand ils y sont confrontés pour la première fois, une impression de gêne, de dégoût, voire de rejet, domine. Sentiments dont il a pu avoir honte vis-à-vis de ses copains, de peur de paraître bébé dans la cour de récréation. Est-ce que c'est cela s'aimer ? Témoignons de ce qu'est l'amour d'un homme et d'une femme, de la juste place de la sexualité. Notre rôle est de leur donner un espace pour construire leur vision de l'amour ; or, la pensée se développe par les discussions contradictoires. Ne laissons pas les copains et la télé former seuls leur esprit.

Dès leur enfance, osons leur parler de l'amour. S'il nous est parfois difficile de parler de sexualité, c'est que souvent, dans notre éducation, elle reste entachée par le péché. Or, c'est la sexualité sans amour qui est condamnable.

Notre pudeur nous met parfois mal à l'aise face au sexe qui s'exhibe. Parlons-en à nos enfants en l'opposant à l'amour conjugal qui grandit sous le regard de Dieu. Apprenons-leur l'amour qui se construit dans la persévérance, le pardon et la fidélité. Discutons avec eux de la place de Dieu dans notre couple et dans notre famille : sommes-nous capables de leur témoigner de sa présence dans notre quotidien ?

"Il n'est pas bon que l'homme soit seul." L'acte sexuel nous ouvre à l'autre. Dieu a uni l'homme et la femme pour qu'ils puissent ensemble accueillir son amour, que leurs enfants soient des signes de cet amour. Présentons à notre enfant la sexualité comme un cadeau de Dieu pour montrer à notre conjoint l'amour que nous lui portons. C'est par cet acte d'amour que Dieu a choisi de donner la vie.

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jeudi 19 février 2009

Peut-on embrasser son enfant sur la bouche?

Nathalie Côté

Cette question n’est simple qu’en apparence. Les uns – Françoise Dolto et ses tenants, pour ne pas les nommer – vous diront catégoriquement NON. Que les enfants ont besoin de limites claires, que le baiser sur la bouche appartient au rituel amoureux adulte et qu’il doit être réservé qu’aux amants.

Certains autres vous diront que le baiser sur la bouche est une source de microbe et qu’il ne devrait pas trouver sa place entre parents et enfant. Un enseignant de première année me racontait qu’une infirmière en milieu scolaire avait annoncé aux petits de sa classe qu’il était temps de cesser cette pratique avec leurs parents. (Il me confiait également, après cette intervention, avoir préféré prendre en charge lui-même les rencontres d’éducation sexuelle…).

Comme sexologue, mais avant tout comme maman, je pense que ça dépend. Je pense que l’éducation que nous avons reçue ainsi que la culture nous influence, et explique la diversité des opinions sur ce sujet. Ainsi, dans certaines familles, c’est habituel, intime, affectueux et non-incestueux. Il y a une différence entre un baiser d’amoureux et un bisou léger sur la bouche, et elle s’explique à un enfant. Tant qu’il n’y a rien d’inapproprié – pas de petite langue exploratrice à répétition et de grands baisers langoureux –, embrasser son enfant sur la bouche demeure donc une question de choix et de confort... pour toutes les bouches concernées!

Les grandes étapes de la sexualité infantile

Dominique Nancy

«Pour comprendre le développement des enfants, on a encore recours de nos jours aux notions de phase orale, anale ou phallique, ou encore de l’Œdipe, que Freud introduisit en identifiant leur rôle à des âges précis de la vie des enfants», écrivent les auteures Frédérique Saint-Pierre et Marie-France Viau dans La sexualité de l’enfant expliquée aux parents.

Bien entendu, plusieurs facteurs influent sur le rythme avec lequel un enfant passe d’une étape à l’autre, précise Mme Saint-Pierre au cours d’une entrevue. «Son tempérament, sa personnalité et son contexte de vie par exemple peuvent amener des éléments qui freinent ou bousculent les étapes de son développement psychosexuel.» En principe, les grandes étapes sont toutefois associées à l’âge des jeunes.

Entre deux et six ans, l’enfant manifeste dans son comportement une forme d’exhibitionnisme et un intérêt pour le lien amoureux qui unit ses parents. On parle de «curiosité sexuelle», selon Frédérique Saint-Pierre. L’enfant commence à s’interroger sur son origine. «Il est structurant pour un enfant que ses parents lui expliquent d’où il vient, signale la psychologue. La curiosité sexuelle des enfants est saine. Elle témoigne d’une curiosité plus large de l’enfant pour la vie et pour le monde qui l’entoure.»

Vers quatre et cinq ans, la pudeur commence à gagner du terrain. L’exhibitionnisme s’atténue, l’intérêt à l’égard de la conception grandit: c’est l’âge des questionnements d’ordre sexuel. Il s’intéresse aussi à ses organes génitaux, explore son corps et les masturbations volontaires ne sont pas rares. Mais il n’y a pas de raison d’en faire un drame, affirme Mme Saint-Pierre. «Il faut éviter de lier la sexualité à des sentiments de culpabilité en portant des jugements négatifs du type “Ça ne se fait pas” ou “C’est dégoutant”. Si l’enfant se masturbe en public, la meilleure marche à suivre est de lui expliquer qu’il s’agit d’un acte intime et qu’il y a des endroits appropriés pour cela.»

Autres conseils: profitez de l’occasion pour aborder le problème des sévices sexuels en mentionnant à l’enfant que son corps lui appartient. «Il apprend ainsi qu’il ne doit pas laisser d’autres personnes toucher à ses parties intimes.» La notion de plaisir est également importante à faire passer: l’enfant peut comprendre que la procréation n’est pas l’unique motivation dans les rapports sexuels, et que les gens ont aussi des relations parce qu’ils s’aiment et que c’est agréable.

Lorsque l’enfant atteindra la puberté, il aura normalement trouvé la réponse à toutes ses questions d’ordre général sur la sexualité. Les explications recherchées par l’adolescent se situent sur un tout autre plan. Ses interrogations se portent sur ses amis, ses relations amoureuses, son entrée dans la vie d’adulte et l’éveil de sa propre sexualité. «Là encore, une bonne communication est cruciale, dit Mme Saint-Pierre. Le dialogue avec les parents est possible uniquement lorsque ceux-ci reconnaissent à l’adolescent le droit à une vie amoureuse et sexuelle.»

L'éducation sexuelle... tout simplement!

Nathalie Côté

La sexualité est partout; elle englobe de multiples aspects: biologiques, psychologiques et affectifs tels la reproduction, l’identité sexuelle (le sentiment d’être un garçon ou une fille), les rôles sexuels, le sexisme, les orientations sexuelles, la sensualité, l’érotisme, la violence, la perversion, toutes les étapes du développement, de la naissance à la mort. On aurait tort de vouloir la restreindre aux relations sexuelles. En fait, la sexualité, c’est la vie!

L’enfant s’imprègne de nous
Tout au long du développement de l’enfant, nombreuses sont les occasions pour faire de l’éducation sexuelle. Mais la première éducation est non pas ce que je dis, mais ce que je fais et ce que je suis. Dès ses premiers jours de vie, l’enfant s’imprègne de ce que nous sommes: émotions, pensées, désirs, craintes et espoirs, relation, climat.

Mon histoire, mes valeurs, mes attitudes, mes préjugés seront lus et absorbés par l’enfant qui me côtoie. Aussi est-il fondamental de faire le bilan quant à sa propre relation avec la sexualité. Est-ce une belle relation? Positive? Suis-je épanouie? Est-ce que je traîne des blessures ou des malaises? Aie-je reçue une éducation sexuelle et quel genre? Je souhaite quoi pour mon enfant? L’idée n’est pas de vous envoyer en thérapie… mais avant tout, il faut être conscient de soi pour faire en sorte de ne pas mêler ses propres histoires au vécu de l’autre, afin de lui permettre d’écrire la sienne.

Lorsque nous abordons la question de la sexualité, les enfants retiendront, avant tout, comment nous nous sentons. Si mon ton change, si mon stress augmente, tout comme ma température, l’enfant sentira qu’il se passe quelque chose de particulier, peut-être même de grave. Pour nos petits, que l’on parle de nutrition, d’hygiène, de sécurité routière ou de sexualité, ça ne fait pas de différence. Son adulte, son parent, prend soin de lui, le guide, lui interdit, lui apprend des choses.

Les mots pour le dire
Puis après, viennent les mots. Des mots qui doivent être simples, honnêtes et porteurs d’une réponse. Car là est l’attente de l’enfant. Au même titre qu’il veut savoir comment on fait un gâteau, il se questionne sur comment on fait les bébés. Il ne veut pas un cours d’anatomie 101 avec une parenthèse prévention MTS! Il cherche une réponse claire et accessible selon son âge et sa capacité de comprendre. Quand ils nous questionnent sur les vitamines, la maladie, la mécanique automobile, l’alimentation, la température, les tsunamis, nous savons instinctivement jusqu’où nous devons aller dans nos explications. Et nous voyons bien dans leurs petits regards quand nous dépassons leur capacité de nous suivre.

«Moi je préfère utiliser les vrais mots parce qu‘ils sont plus jolis dans mon oreille.» Alexandra, 7 ans.

Pourquoi serait-ce plus difficile d’expliquer lorsqu’il est question de sexualité? Souvent ce ne sont que notre propre malaise et nos propres craintes qui viennent tout compliquer. Notre intention à la base de nos interventions doit être claire: dire simplement, nommer, expliquer ces «choses de la vie» invisibles, si naturelles et si humaines. Les relations entre les êtres, l’amour, la séduction, le désir, les changements et les transformations, les mystères, la beauté, le laid, la violence et le merveilleux, font partie d’une même histoire. Nos enfants s’attendent à ce que nous leur la racontions. Voilà la question fondamentale à se poser comme parent: quelle genre d’histoire aie-je envie de lui raconter? Une histoire qu’il devra découvrir tout seul? Une histoire qu’il devra deviner? Une histoire belle? Un documentaire sur la santé et la prévention? Un roman Harlequin? Une histoire vraie?

Laisserai-je quelqu’un d’autre lui raconter? Bien sûr, viendront l’école, différents organismes ou programmes spécialisés, les pairs, la cour de récréation et la rue... Mais en tout temps, ce dont ils se souviendront le plus, c’est ce que vous leur aurez transmis. Et c’est probablement ce qu’ils transmettront à leurs propres enfants…

On ne passe pas des fois sur la lumière rouge; on ne passe jamais! Voici quelques règles à se souvenir en matière d’éducation sexuelle qui sont des repères clairs qui guident les enfants.

·                                 Maman et papa sont des amoureux. Toi, plus tard, tu auras le tien ou la tienne.
Il est essentiel que l’enfant sente une limite, particulièrement autour de ce fameux complexe d’Œdipe. Même si l’on est séparée ou monoparentale, il est important que dans le discours tenu, il soit question d’un éventuel amoureux et de rappeler à l’enfant son rôle, sa place dans la dyade formée. Certains enfants ont tendance à jouer à l’adulte et tente de remplacer le parent absent.

·                                 Les enfants avec les enfants, les adultes avec des adultes.
Les jeux sexuels, l’exploration, la curiosité sont une chose normale entre enfants du même âge. «Certains adultes ont des problèmes et peuvent avoir envie de jouer avec toi ou peuvent vouloir faire des choses dont tu n’as pas envie. Si un adulte ou quelqu’un de plus vieux que toi te le demandes, c’est toujours non.»

Posté par Parichat à 07:56 - sujet d'actualité - Commentaires [0] - Permalien [#]
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