EDUCATION ET AIDE HUMANITAIRE

Education, Société et Expérience Humanitaire

vendredi 30 mars 2007

LE BICE - Bureau Int. Catholique de l'Enfance

Paris, 13 mars 2007 : une journée de rencontre et de réflexion
« Lutte contre l’exploitation sexuelle : Police, Justice et acteurs sociaux : quelle coopération ? »

Le Comité de Coopération contre l’Exploitation Sexuelle, créé en 2004 et animé par

la Fondation Scelles

, réunit des associations en vue de faire face à la complexité des problématiques liées à la traite humaine et l’exploitation sexuelle. Ce Comité regroupe l'ALC Nice, l'Amicale du Nid, l'Association Contre la prostitution des Enfants (ACPE), le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE),

la Fondation Scelles

et le Mouvement du Nid.


On ne peut pas accepter le fait que plus de 5000 personnes soient victimes d’exploitation sexuelle en France, et ce d’autant plus que ce phénomène n’a pas diminué depuis 30 ans.

Pour la première fois en France, une centaine de professionnels de terrain se réunissent mardi 13 mars 2007 afin de développer de nouvelles perspectives de coopération :

Pour

la Police

: l’Office Central pour

la Répression

de

la Traite

des Etres Humains,

la Brigade

de Répression du Proxénétisme, des services régionaux de Police Judiciaire, des Directions Départementales de

la Sécurité Publique

et la Gendarmerie Nationale,
Pour

la Justice

: des magistrats instructeurs et procureurs généraux, des avocats,
Pour le secteur social : des responsables d’associations, des travailleurs sociaux, des Dass, du personnel sanitaire,
Pour les collectivités locales : des représentants des mairies.

Ils débattront en ateliers mixtes sur les thèmes de la prévention, de l’assistance aux victimes, de l’action policière et judiciaire. Des propositions concrètes seront présentées en séance plénière.

La lutte contre la grande criminalité et les violences faites aux femmes sont de véritables enjeux de société sur lesquels les candidats à l’élection présidentielle doivent se prononcer.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan d’action de l’Union Européenne contre la traite des êtres humains. La journée est organisée en partenariat avec l'Office Central de Répression de

la Traite

humaine du Ministère de l'Intérieur et l'Organisation Internationale des Migrations, et soutenue par le Ministère de

la Justice

et de

la Cohésion

sociale ainsi que par

la Direction Justice

, Liberté et Sécurité de

la Commission Européenne.

Liste de communiqués

  3 janvier 2007 : le rapport de la Cour des Comptes « L'aide française aux victimes du tsunami

du 26 décembre 2004 » analyse l’action de 32 organisations, dont le BICE 

  « NOVEMBRE EN ENFANCE 2006 » En novembre, mon cœur bat pour l’enfance ! 

  10 juillet 2006 Le Bureau International Catholique de l'Enfance (BICE) a participé à la 5ème rencontre

mondiale des Familles à Valence (Espagne) 

  15 juin 2006 Abidjan, Côte d'Ivoire : après son échec à reprendre l’Institut Marie-Thérèse, le GPP

s’installe de force dans un centre pour enfants du BICE 

  Mai 2005 Bienvenue au Pape Benoit XVI ! Benoit, un nom riche de promesses... 

  Genève, 7 avril 2005 Hommage au Pape Jean-Paul II 

  Grand Concours pour les 8-12 ans : "Jeunes reporters pour les droits de l’enfant" 

  8 Juin 2004, entretien avec R. Badinter A la veille des élections européennes et dans le cadre de l’inauguration d’une exposition de photographies sur les enfants en prison à Bruxelles

  30 mars 2004 Expositions de photographies de Jérômine Derigny et Lizzie Sadin, dans le cadre de la campagne « HORIZON – Enfants privés de liberté » 

  9 décembre 2003 Deux parrains de renom pour soutenir la campagne du BICE "HORIZON - Enfants privés de liberté" 

  20 novembre 2003 A travers le monde, au moins 100 000 enfants sont détenus en prison 

  Le 13 mars 2003, à Paris, le BICE, Bureau International Catholique de l’Enfance a présenté à la presse Enfants dits « sorciers » 

  Le BICE - Bureau International Catholique de l’Enfance publie : « RÉSILIENCE ET SPIRITUALITÉ : le réalisme de la foi » dans sa collection « Cahiers du BICE »

Un livre pour les enfants

Nous vous proposons un album sur les droits de l'enfant adapté aux petits - de 4 à 7 ans, édité par "Libra Jeunesse" et le BICE.
Ce joli livre, au texte simple, permet aux plus jeunes de découvrir ce que vivent d'autres enfants des 5 continents et de s'initier à la différence et au respect de l'autre, avec les 10 droits fondamentaux de tous les enfants du monde...

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"Les droits de l'enfant racontés aux enfants"
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"Avoir droit au repos et au jeu.... c'est le 6ème droit de l'enfant"
Personnages en pâte à modeler et dessins au pastel
d'Agnès de Palmaert, textes de Marie-Sophie Boulanger

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la prévention et la sensibilisation

Écrit par Fondation Scelles    

12-01-2004

préparé par Carole Wahnoun

La prévention et la sensibilisation de la prostitution constituent deux actions essentielles si l’on veut combattre aussi bien l’exploitation de la prostitution que la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle.

Par prévention, on entend l’action de devancer, ainsi que l’« ensemble des mesures prises pour prévenir un danger, un risque, un mal, pour l’empêcher de survenir. »1

La sensibilisation concerne le fait de rendre une personne ou un groupe sensible à quelqu’un ou quelque chose : « Appliquer au concret (...) le fait de susciter de l’intérêt (d’une personne, d’un groupe) »2

Les modalités de prévention sont visibles dans la mesure où il s’agit de combattre les mobiles amenant à la prostitution. Toutefois, les causes sont plus diversifiées bien qu’elles rejoignent souvent la marginalisation sociale liée à la pauvreté ou encore à la consommation de stupéfiants.

Par la sensibilisation et la prévention, il s’agit de supprimer le silence et les tabous. Objectiver et améliorer la connaissance de la prostitution permet de mieux envisager le problème et de le replacer dans la réalité à laquelle il appartient.

La sensibilisation comme la prévention est aussi nécessaire que la réinsertion. Si la sensibilisation se situe en deçà de la prévention en ce qui concerne la prostitution, il n’en reste pas moins qu’elles s’effectuent le plus souvent de manière conjointe : en effet, il est difficile de sensibiliser sans prévenir ensuite, de même qu’une bonne prévention ne peut avoir lieu sans une sensibilisation préalable. Aussi, prévention et sensibilisation vont-elles de pair : avant de prévenir, il faut faire connaître. Nous les traiterons donc ici de manière conjointe.

1. Publics concernés

Si l’on considère que la prostitution est « un miroir grossissant de la domination des hommes sur les femmes »1, la sensibilisation comme la prévention suppose de s’attaquer à l’ensemble des causes qui font que des personnes puissent devenir prostituées, clients de personnes prostituées ou proxénètes.

Souvent, devenir une personne prostituée, voire un client de personne prostituée ou un proxénète relève de facteurs aussi bien psychologiques que sociaux (cf. les fiches, Les personnes prostituées, sur Les clients et Les proxénètes).

Des enfants aux adultes, tous les publics sont concernés par la sensibilisation et la prévention et particulièrement les milieux considérés à risque (jeunes, délinquants...). Les types de sensibilisation seront différents selon qu’il s’agisse d’hommes et de femmes, d’enfants ou d’adultes, du milieu social de la personne en difficulté... Mais il s’agit de changer les modes de pensée et les mentalités concernant la prostitution.

« Il faudrait inviter les gouvernements et l’UNESCO à élaborer à l’intention des écoles et des médias, des programmes visant à corriger l’image de la femme dans la société, à mettre fin aux préjugés à son égard et à promouvoir, à travers les mesures concrètes, la pleine égalité entre les hommes et les femmes. »2

On comprend ainsi la nécessité de mettre en place des « campagnes d’informations régulières »3 

2. Moyens mis en œuvre

Les types de sensibilisation et de prévention de la prostitution correspondent à tout ce qui se donne pour objectif de faire évoluer favorablement la situation des femmes ainsi que l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Nous en donnons ici quelques exemples.

2.1 Actions pédagogiques

Ces actions sont destinées à des enfants, des adolescents ou des adultes. Ainsi le Mouvement du Nid a édité plusieurs outils de sensibilisation et de prévention. En 1996, il publie une bande dessinée, Pour toi Sandra, de Derib présentant une adolescente sur le point d’entrer dans un réseau de prostitution. Cette bande dessinée constitue aussi un outil de prévention efficace auprès des adolescents. En 1996 également, est lancé un hors-série de la revue Prostitution et Société, Prostitution : cent questions pour comprendre, réactualisé en 2003, Prostitution : cent mots pour comprendre, montre en dix chapitres et cent mots-clefs, la prostitution comme problème de société et atteinte aux droits de la personne. Le Mouvement du Nid fait paraître en 1999 une plaquette sur le fait prostitutionnel spécialement destinée aux jeunes, Prostitution, c’est pas ça l’amour !, comme supplément du Prostitution et Société n°126. Cette plaquette aborde autour d’une vingtaine de mots-clefs (corps, métier, client, pornographie, argent...) la réalité de la prostitution en termes simples et clairs et montre ainsi à partir de la revalorisation de la personne humaine, une redéfinition du rapport sexuel ainsi que du rapport entre les femmes et les hommes. En 2001 est édité un kit pédagogique Bascule constitué d’un film et d’un livret adressé aux éducateurs afin qu’une opération de sensibilisation et de prévention de la prostitution soit menée avec des adolescents ou des adultes en relation avec des adolescents4. En 2002, le Mouvement du Nid avec l’Association pour

la Vie

lance un CD C’est ta vie comprenant trois chansons sensibilisant les jeunes à la notion du respect de l’autre, au refus de la violence et de la prostitution... Ce CD souvent utilisé par les travailleurs sociaux peut être écouté en groupe et faire l’objet de débats.

Les opérations de sensibilisation et de prévention peuvent s’effectuer dans les écoles, à différents niveaux scolaires. Il s’agit de travailler à établir une éducation égalitaire et non sexiste. L’enfant doit apprendre à respecter aussi bien son propre corps que celui des autres afin qu’adulte, il ne soit pas attiré par la relation sexuelle tarifée. Plus tard, au collège et au lycée, le problème de la prostitution devrait être abordé au moins autant que celui de la drogue et du sida car certains jeunes fragiles psychologiquement peuvent être tout autant touchés par la prostitution que par la drogue et le sida.

Ainsi,

la Semaine

de prévention de toutes les formes de violence mise en place par la délégation du Mouvement du Nid du Morbihan du 15 au 19 janvier 2001 à Lorient a permis de montrer la prostitution comme une forme de violence aux 250 élèves de troisième qui ont participé à différentes discussions émanant de l’exposition, Quitte ta violence pour te battre, présentée durant cette Semaine.5.

De même, le Mouvement du Nid a conduit des actions de prévention dans les collèges de Tours à la demande d’infirmières qui se sont retrouvées face à des enfants victimes d’agressions sexuelles de la part d’autres élèves.6 

En outre, lors de la manifestation itinérante Giga

la Vie

, sont menées des actions de sensibilisation et de prévention dans un gymnase mis à disposition par les communes d’accueil et dont le public est majoritairement constitué d’élèves de collèges publics et privés. Dans les Hauts-de-Seine, le résultat est tout à fait positif : « Le dispositif "Giga

la Vie

" est, pour la délégation des Hauts-de-Seine, un efficace lieu de paroles pour prévenir les adolescents sur certains comportements à risques, pour répondre aux questions sur ce qu’est réellement la prostitution. Parler sans détour, parler vrai de la prostitution. Les adolescents ont le droit de comprendre pour mieux réagir. "Giga la vie" est une chance pour eux. »
7

L’ACPE et l’association « je, tu, il... » a réalisé en 2000 un film de sensibilisation-prévention, Clients de la prostitution, accompagné d’un livret d’accompagnement. Ce film, qui s’adresse aux jeunes, aux clients éventuels de la prostitution et à toute personne s’intéressant à la lutte contre l’exploitation de la prostitution, reprend une réflexion générale sur la sexualité. A travers ses différents reportages, témoignages et réflexions, ce film a pour but de remettre en question la relation entre le client et la personne prostituée.

Enfin, pour prévenir la violence entre les jeunes et notamment dans les relations filles-garçons, l’association « je, tu, il... », habilitée à intervenir dans les structures scolaires, a réalisé en 2003 un outil audiovisuel, Cet autre que moi, destiné aux collégiens de 13-14 ans, élèves en classe de 4è.

Cet outil se présente sous la forme de trois films de 10 minutes chacun abordant successivement :

- le sentiment amoureux

- la violence verbale

- l’abus sexuel

Des discussions entre chaque film ont lieu. L’objectif est que le spectateur, par l’identification aux protagonistes, puisse dépasser l’opposition féminin/masculin afin de pouvoir discuter des notions de sujets et d’objet dans le domaine de la violence et de la sexualité.

Le projet de l’association « je, tu, il... » s’articule en plusieurs étapes :

- Une réunion préparatoire avant l’intervention avec les personnels enseignant et médico-scolaire durant laquelle le programme audiovisuel est présenté ainsi que ses enjeux et limites ;

- L’intervention elle-même en présence des jeunes avec la projection des films suivis chacun de discussions autour de la violence, des notions de victime et d’agresseur ;

- un suivi effectué à partir d’une fiche d’évoluation dans les deux semaines suivant la réunion ;

- Une autre évaluation fondée sur un questionnaire spécifique est effectuée avec les adultes-relais de l’établissement ;

- « je, tu, il... » revient ensuite un mois plus tard afin d’évaluer les réactions des élèves sur la base de l’analyse qualitative des questionnaires lors d’une réunion réunissant l’ensemble des classes rencontrées afin de prolonger les liens crées entre l’adulte et les jeunes ainsi que parmi les jeunes entre eux ;

- Une évaluation globale de l’action menée dans les établissements sera faite en fin d’année scolaire.

Suite à un accord entre l’observatoire de l’égalité Femmes/Hommes de

la Mairie

de Paris et le Rectorat de Paris durant le dernier trimestre 2003 l’association « je, tu, il... » a démarré dans différents établissements depuis décembre 2003. Il sera mis en place début janvier avec la collaboration de

la Direction

de l’Enfance et de

la Famille

du Conseil Général du Val de Marne ainsi qu’avec celle du Rectorat de Créteil.
8

La sensibilisation comme prévention suppose également une formation adaptée pour les travailleurs sociaux en contact avec des jeunes en risque prostitutionnel ou qui ont déjà des liens avec le milieu de la prostitution. Ceci afin de travailler sur les facteurs de risque et l’accompagnement des jeunes dans l’insertion sociale. Trois jours de formation ont eu lieu dans ce but à Mulhouse en 20019. L’assocation ARCADES avait en 1998 également réalisé, Si loin si proche, un film de présentation de la population accueillie à ARCADES : « Ce film servira d’outil pédagogique afin de nous permettre de sensibiliser les professionnels de l’action sociale, et plus largement toutes les personnes pouvant être confrontées dans le cadre de leurs activités professionnelles aux phénomènes prostitutionnels : professeurs, médecins, assistants sociaux, éducateurs, formateurs de la formation professionnels. »10 Pour la prévention d’urgence lors des contacts sur les lieux de prostitution, un kit de prévention, ARCADES a élaboré « comprenant un préservatif, du gel et une plaquette sur laquelle sont écrits l’adresse du service, ses coordonnées et les prénoms des éducatrices. »11

Quatre associations du Sud-Est, L’Appart’, ALC Nice, L’Embellie d’Avignon et l’ARS12 de Marseille ont mis en place un module de formations pour les travailleurs sociaux et ont réalisé une cassette vidéo « recueillant les témoignages de personnes prostituées ou ayant connu la prostitution (...). Intitulée Prises de Vies, cette cassette est un support aux journées de sensibilisation organisées par le groupe. »13Des initiatives ont également été lancées en Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre par le Mouvement du Nid en juin 2002 : une formation de cinq jours a été faite à l’attention des acteurs sociaux.14

Si certaines associations agissent dans les établissements scolaires, il n’en reste pas moins que leurs actions sont peu nombreuses au regard de ce qui devrait être fait et que leur portée ne peut donc être forte. Le ministère de l’Education nationale devrait participer à cette campagne de sensibilisation-prévention afin que sa portée soit réelle. Les Assises nationales de lutte contre la violence faites aux femmes qui ont eu lieu le 25 janvier 2001 à

la Sorbonne

en présence de Nicole Péry, alors secrétaire d’Etat aux droits des femmes et à la formation professionnelle, intégraient la prostitution et demeurent un exemple de partenariat entre les associations et les institutions.15

2.2 Actions de recherches

Les rencontres, débats et colloques et diverses autres réunions, par les partenariats et échanges auxquels ils donnent lieu, demeurent des occasions fructueuses de mener des actions de prévention et de sensibilisation de la prostitution.

L’association le MAPP (Mouvement pour l’Abolition de

la Prostitution

et de

la Pornographie

) conçoit et publie des outils de sensibilisation. Nous citerons ici : la plaquette, Marché du corps humain côté en bourse ? Le silence tue, disponible en français et en anglais et le Guide de Bonne Conduite à l‘intention des Journalistes en partenariat avec l’Association Européenne des Femmes Journalistes (janvier 2001, disponible en anglais, français, espagnol).16

Deux journées européennes de prévention de la prostitution ont eu lieu les 22 et 23 novembre 1996. Chacune de ces journées aborde un thème spécifique ; la première est consacrée aux acteurs sociaux, la seconde aux jeunes.17

Le mardi 16 mai 2000, s’est tenu à l’Unesco un colloque organisé par

la Fondation Scelles

et une dizaine d’associations luttant contre la prostitution qui visait à dénoncer aussi bien les lieux communs que la complaisance qui encadrent la prostitution.18

En 2001, à la suite d’une enquête sur la prostitution dans le Morbihan, 250 professionnels du secteur socio-éducatif se sont retrouvés à Vannes pour réfléchir ensemble sur la prévention de la prostitution.19

Autre exemple d’action : en septembre 2001, l’université Paris X-Nanterre a accueilli le congrès Actuel Marx dont l’un des ateliers s’intitulait « Pornographie, viol, prostitution, représentations de la violence de genre et de la sexualité. »20

2.3 Internet

Le web s’étant depuis ces dix dernières années de plus en plus développé, les sites à vocation pornographique et de prostitution ont évolué conjointement à ce développement et fonctionnent comme un canal important de recrutement. Aussi est-il nécessaire de prendre en charge ce volet de prévention et de réaliser des sites de sensibilisation et de prévention à la prostitution. C’est ce qui est proposé par le Conseil Economique et Social des Nations Unies : « Il conviendrait de promulguer des lois propres à empêcher que les nouvelles formes de technologie, en particulier les techniques électroniques modernes de communication, ne soient utilisées pour faciliter et encourager la prostitution, l’exploitation sexuelle des enfants et la pornographie. »21

2.4. Lutte contre le proxénétisme

En 1999, une lettre ouverte du Comité Permanent de Liaison, au président de

la Commission

européenne, Romano Prodi, et à la présidente du Parlement européen, de l’époque, Nicole Fontaine, dénonce les pays légalisant le proxénétisme et la prostitution.22 Il s’agit d’informer le public afin de dénoncer l’action des proxénètes tout en faisant savoir aux personnes prostituées les droits et les dangers qu’elles peuvent courir. Le développement de la traite des femmes entraîne le développement d’une information concernant les étrangers entrant sur le territoire national, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de personnes présentant des visas d’artistes de cabaret, situation dont se servent couramment les trafiquants de femmes. Si la lutte contre le proxénétisme peut relever de la prévention dans la mesure où les possibilités de recrutement utilisées par les proxénètes sont limitées, cette prévention spécialisée manque de moyens et ne peut être réellement efficace.

2.5. Actions sociales

Placées au cœur de la ville, les affiches présentent l’avantage d’être vues de tous. Elles peuvent donc favoriser une prise de conscience de la violence que constitue la prostitution. Ainsi, de nombreuses affiches ont été posées dans le métro de Bruxelles durant deux mois, en 200123.

Le théâtre peut agir comme reflet des problèmes sociaux contemporains ; un spectacle de rue a été donné à Aurillac, puis à Charleroi en Belgique, durant le second semestre 2002 prenant en compte aussi bien la violence que les questionnements qui émergent de la prostitution.24 

Mais plus largement, il s’agit de sensibiliser les hommes mais aussi les femmes à la banalisation croissante du corps, notamment celui de la femme, considérée comme marchandise dans une société qui se construit autour de la consommation. Ainsi, le Mouvement du Nid a-t-il lancé un appel auprès du Président de L’union Européenne : Déclaration : le corps est inaliénable.25 Des mesures sociales et économiques peuvent « éviter que des individus ne tombent dans des situations à
risque prostitutionnel – mineurs en rupture familiale, femmes marginalisées pour diverses raisons (surtout la drogue et la misère et étrangers arrivant avec un statut précaire – ou qu’ils y restent au risque de tomber dans l’engrenage de la prostitution.

L’action préventive se fait au travers du suivi social de ces personnes, lorsqu’il est possible. »26

3. Enjeux

La sensibilisation, comme la prévention a pour objectif de protéger les victimes potentielles de la prostitution et de la traite des êtres humains et de faire comprendre au potentiel client qu’il est acteur de cette violence. Il s’agit de faire en sorte de garantir que la traite des êtres humains particulièrement celle des femmes et des enfants, n’ait pas lieu par le biais de mariages blancs, d’offres d’emploi et de filière d’immigration clandestine, du travail domestique ou d’adoptions fictives.

Selon le rapport Les politiques publiques et la prostitution : « La prévention relève d’abord, globalement, de l’ensemble des politiques publiques : politiques sociales bien sûr, mais aussi politique économique afin d’améliorer la condition générale des femmes, politique de l’éducation, voire de l’information et de la culture, politique étrangère et de coopération car la prévention doit prendre en compte la mondialisation du phénomène de la prostitution et l’impact des différences économiques et culturelles entre Etats. »27

Une volonté de combattre ces formes de prostitution est donc indispensable afin d’enrayer les choses. Tous les secteurs de la société et des pouvoirs publics doivent être sensibilisés aux dangers que présentent la prostitution et la traite des êtres humains.

Les instruments juridiques existant doivent être harmonisés et mis en application. Les ordonnances et la circulaire du 25 novembre 1960 prévoient des mesures spécifiques pour les personnes en danger de prostitution. Cependant, leurs effets sont encore faiblement ressentis.

« Pour empêcher la traite des êtres humains et l’exploitation de la prostitution d’autrui, il est nécessaire de renforcer la coopération internationale et de prendre des mesures concertées en matière d’information et d’assistance économique et technique pour favoriser la mise en œuvre de programmes de développement et de réinsertion aux niveaux national, régional et international. De même, il faut que des mesures législatives soient adoptées et que l’application de la législation en vigueur soit renforcée. Il conviendrait d’établir des agences de coordination. »28

La sensibilisation, comme la prévention ne peut avoir une efficacité réelle que dans la mesure où une politique de partenariat existe entre les différents services sanitaires, sociaux, du logement, de l’emploi, les services policiers et judiciaires, et les associations. Cependant, du fait du manque de moyens financiers et matériels, cette politique reste peu active bien que l’urgence de la mettre en place se fasse ressentir.

Souvent disparates, les manières de sensibiliser et de prévenir le public à la prostitution sont nombreuses ; celles que nous avons présentées ici montrent différents champs d’action vers lesquels il est possible de s’orienter pour lutter contre l’exploitation de la prostitution29. Si l’ensemble de la population devrait être concerné par les problèmes de sensibilisation et de prévention de la prostitution, les Etats, à l’exception de quelques actions limitées dans le temps s’y impliquent peu et les associations de lutte contre l’exploitation sexuelle commerciale organisent, souvent seules et avec des possibilités financières limitées, des campagnes de sensibilisation et de prévention du public.

Il s’agit de responsabiliser en rendant chacun plus attentif au risque prostitutionnel existant pour lui-même ou pour ses proches. Il faut pour cela privilégier une éducation qui prenne en compte les différences entre les sexes et le rapport à l’autre afin d’une part, que les rapports hommes-femmes soient modifiés et d’autre part, que les mentalités véhiculées par la pornographie qui considèrent la femme comme un objet sexuel disparaissent. Mais prévenir et sensibiliser exigent d’abord une remise en question réelle de chaque membre de la population.

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